Apocalypse Histoire intime

Click here to load reader

  • date post

    26-Jan-2022
  • Category

    Documents

  • view

    1
  • download

    0

Embed Size (px)

Transcript of Apocalypse Histoire intime

Histoire intime Apocalypse
ApocAlypse, histoire intime d’un chef-d’œuvre château d’angers. 15 novembre 2017 — 11 février 2018
Du fait de leur extrême fragilité, bien peu de tapisseries monumentales sont parvenues jusqu’à nous.
La tenture de l’Apocalypse, la plus grande tapisserie médiévale conservée dans le monde, n’en est que plus précieuse.
Prince puissant et grand amateur d’art, le duc d’Anjou Louis Ier, frère du roi Charles V, passe commande dans les années 1370 d’une remarquable tenture illustrant l’Apocalypse de saint Jean. Mesurant près de 140 mètres de long, chef-d’œuvre artistique et technique, elle frappe les esprits, se révèle une source d’inspiration pour les artistes et de rivalité pour les princes, entraînant une politique de commandes de plus en plus ambitieuses.
Objet d’un luxe ostentatoire, elle devient, à la fin du xve siècle, le fleuron du trésor de la cathédrale d’Angers, magnifiant l’édifice lors des plus importantes fêtes religieuses. Pourtant, trois siècles plus tard, elle tombe dans l’oubli et manque de disparaître. Sauvée au xixe siècle, elle est dès lors à nouveau l’objet
de toutes les attentions : campagnes de restauration, présentation dans les plus grandes expositions et création d’un espace pour l’exposer en permanence.
C’est cette histoire mouvementée et longue de près de sept siècles que cette exposition dévoile. S’appuyant sur des documents d’archive, photographies, œuvres d’art mais aussi sur des fragments de l’Apocalypse rarement montrés au public, elle propose une plongée dans l’intimité de cette œuvre, sa vie matérielle et pratique, ses moments de splendeur et de disgrâce.
Elle renouvelle le regard sur cette tapisserie dont la connaissance a été enrichie en 2016 par un examen minutieux, conduit, au plus près du tissage, par des restauratrices spécialisées.
Cette exposition a été organisée par le Centre des monuments nationaux et la Direction régionale des affaires culturelles des Pays de la Loire, deux institutions relevant du Ministère de la Culture qui veillent à la conservation et à la valorisation de ce chef-d’œuvre.
3 Vue générale de la galerie de la tenture de l’Apocalypse, 1997
sommaire
i un chef d’œuvre au temps des ducs d’anjou (xive-xve siècle) 4
ii
du trésor princier à celui de la cathédrale d’angers
(fin du xve – xviiie siècle) 18
iii retrouver, recomposer, restaurer l’apocalypse (milieu du xixe – première moitié du xxe siècle) 20
iv
(de 1950 à nos jours) 30
chronologie générale 38
54
Œuvre de grand prestige, la tenture de l’Apocalypse a été commandée vers 1375 par le duc Louis Ier d’Anjou. Tissée en laine, elle est composée de six pièces et mesurait à l’origine cent quarante mètres de long sur six mètres de haut environ.
L’extraordinaire qualité technique de cette tapisserie sans envers atteste l’implication d’un atelier hautement qualifié et de moyens financiers considérables.
Cette tapisserie illustre l’Apocalypse, dernier chapitre du Nouveau Testament, rédigé par saint Jean à la fin du Ier siècle de notre ère. Il y décrit la lutte entre le Bien et le Mal ainsi que la série de catastrophes qui s’abattent sur l’humanité avant l’arrivée de la Jérusalem céleste. C’est un message d’espoir que saint Jean adresse à ses contemporains victimes des persécutions romaines.
Au xive siècle, il reste d’actualité face aux malheurs des temps : famine, grande peste, guerre de Cent Ans… Il n’est donc pas étonnant que le texte de l’Apocalypse ait inspiré le duc d’Anjou.
Cette gigantesque tapisserie est une œuvre de propagande : elle est marquée des armes de son illustre commanditaire, dont elle expose l’idéologie et les ambitions territoriales, tournées vers l’Italie et la Terre sainte. Sa commande est probablement liée, dans la décennie de 1370, à la présence dans la forteresse d’une relique réputée provenir de la Croix du Christ que Louis Ier fait monter en orfèvrerie et qui l’incite à la création de l’ordre de chevalerie de la Croix.
Elle initie une série de monumentales tapisseries « manifeste » qui participent de la représentation politique et culturelle du pouvoir.
I. Un CHeF-D’ŒUVre aU temPs Des DUCs D’anJoU xive-xve siècle
Portrait de Louis Ier de France, duc d’Anjou, huile sur toile, Baron Charles de Steuben, 1836, Château de Versailles
76
Né en 1339, Louis est le second fils du roi de France Jean le Bon. Il est le frère cadet de Charles, futur Charles V, et le frère aîné de Jean et de Philippe, respectivement ducs de Berry et de Bourgogne.
Ses années de jeunesse sont marquées par la guerre de Cent Ans qui oppose la France à l’Angleterre. En 1360, il épouse Marie de Blois, fille du duc de Bretagne, devient duc d’Anjou et est livré en otage aux Anglais, en échange de son père. Il s’enfuit en 1362, obligeant Jean II à retourner en captivité.
Chargé de la lieutenance du Languedoc, Louis y bataille durant une décennie. En 1380, il devient régent du royaume de France à la mort de Charles V.
Parallèlement, désigné comme son héritier par la reine Jeanne de Naples, il développe des ambitions méditerranéennes. Il devient roi de Sicile et de Jérusalem mais meurt en 1384 à Bari (Italie du sud).
Louis Ier est un grand amateur de tapisseries. En 1364, son inventaire en compte déjà soixante-seize, avec des sujets religieux ou profanes. Son trésor d’orfèvrerie, connu par un inventaire de 1378-1379, dépecé pour les besoins de la guerre italienne, comportait près de quatre mille luxueux objets.
Malgré la dureté des temps, le goût de ces princes pour les collections a favorisé un exceptionnel épanouissement artistique.
Louis ier d’anjou : un prince amateur d’art
Deux valves de miroir en or et émaux translucides, xive siècle, uniques vestiges du trésor d’orfèvrerie de Louis Ier, Musée du LouvreCroix d’Anjou dite de Baugé,
bois, or, pierres et perles. Cette croix à double traverse est apportée de Terre sainte en Anjou au xiiie siècle. Mise à l’abri des troubles de la guerre de Cent Ans au château d’Angers, elle est particulièrement vénérée par Louis Ier qui la fait monter en orfèvrerie. Elle est conservée à la Communauté de la Girouardière à Baugé-en-Anjou.
98
On sait peu de choses sur Jean ou Hennequin de Bruges (†1380), artiste qui a été payé pour les maquettes de la tenture. Peintre et « valet de chambre » du roi Charles V, c’est un artiste de grand talent, capable de travailler aussi bien sur des œuvres monumentales comme l’Apocalypse que sur des miniatures. Sa seule autre œuvre documentée est une enluminure de la Bible de Jean de Vaudetar.
Une mention sur un inventaire de la bibliothèque de Charles V atteste que Louis Ier a emprunté un manuscrit illustrant l’Apocalypse pour faire sa tapisserie, mais Jean de Bruges ne l’a pas recopié servilement. Si certains points communs (nombre d’illustrations, séquençage, composition des scènes) peuvent être trouvés entre la tenture et des manuscrits des xiiie et xive siècles, l’art de Jean de Bruges est novateur, alliant sens de la synthèse, de la composition et détails réalistes.
Jean de Bruges, peintre du roi
Fait exceptionnel, les comptes de Louis Ier, bien que lacunaires, nous permettent de connaître les noms de tous les professionnels associés à la confection de la tenture de l’Apocalypse : Jean de Bruges, peintre du roi, a été payé pour les maquettes (documents préparatoires), Nicolas Bataille, marchand et promoteur financier, a servi d’intermédiaire pour la commande de la tapisserie et enfin Robert Poisson est le propriétaire des ateliers de tissage où elle a été réalisée. On sait que ce dernier acquitte ses impôts à Paris.
Avril 1377 : À Nicolas Bataille sur la façon de deux draps de tapisserie à l’istoire de l’Apocalice qu’il a faiz pour mons. le duc (…) 1000 franz.
Janvier 1378 : À Hennequin de Bruges paintre du roi notre seigneur, sur ce qu’il lui puet ou pourra estredeua cause des pourtraitures et patrons par lui faiz pour les diz tapiz à l’istoire de l’Appocalice par mandement (…) 50 franz.
Juin 1379 : À Nicolas Bataille tapissier de Paris, sur la somme de 3000 franz qu’il doit avoir de mond. seigneur par marchié fait pour lui faire trois tapis à l’histoire de l’Apocalice, renduzprests dedans Noel 1379, par mandement dud. Monseigneur le duc (…) 300 fr.
Juin 1379 : Mandement à Nicolas Bataille pour payer 20 fr. que ledmons. le duc ordonna lui estre bailliez pour distribuer aux varlets de Robin Poisson qui ont ouvré en la tapicerie de mond. seigneur, (…).
Archives nationales, KK 242
Une commande bien documentée
La grande prostituée sur les eaux, folio 33 du Manuscrit Français 403, datant du xiiie siècle, Bibliothèque nationale de France. Il s’agit du manuscrit emprunté par Louis Ier.
La même scène dans la tenture de l’Apocalypse (n° 65 de la cinquième pièce).
1110
Le premier usage connu de la tenture est attesté en Arles, en décembre 1400, pour le mariage de Louis II, fils de Louis Ier, avec Yolande d’Aragon. L’événement est relaté par Bertrand Boysset, un bourgeois de la ville, émerveillé par la beauté des tapisseries tendues dans la cour de l’archevêché, dont l’Apocalypse.
On n’hésite donc pas à la faire voyager et à l’utiliser à l’extérieur comme décor d’une cérémonie, telle une architecture mobile. L’Apocalypse ne connaît pas
les usages quotidiens de la plupart des tapisseries (cloisonner et réchauffer les pièces), c’est surtout une œuvre de prestige, civile, destinée à valoriser celui qui la déploie.
Son succès est tel que les deux frères de Louis Ier veulent également « leur » Apocalypse. On peut supposer que les cartons de la tapisserie d’Angers, simplifiés pour ne faire qu’une seule pièce, sont réutilisés pour celle de Jean de Berry.
Le duc de Bourgogne quant à lui, veut une tapisserie encore plus prestigieuse que celle de son frère. En 1386, Robert Poisson lui fournit 50 kilos de fils d’or, utilisés pour la confection de six pièces de tapisserie de plus de 100 m² chacune*.
Cette tenture a entièrement brûlé dans l’incendie du palais ducal de Bruxelles en 1731.
Un succès immédiat et des copies
*Katherine Wilson, « Paris, Arras et la cour : les tapissiers de Philippe le Hardi et Jean sans Peur, ducs de Bourgogne », La Revue du Nord, 2011/1, n° 389.
« (…) Tout autour, elle fut ornée et parée de riches et beaux tissus sur lesquels était représentée toute l’Apocalypse. Personne ne peut décrire ni raconter la valeur, la beauté, la richesse de ces tissus dont était parée la demeure de l’archevêché de toutes parts (…) ».
Extrait du Journal de Bertrand Boysset, bourgeois d’Arles (1365-1415), Ms. Fr. 5728, Bibliothèque nationale de France
Le quatrième flacon versé sur le soleil, fragment d’une scène provenant de la cinquième pièce. Ce fragment a été retrouvé en 1849 dans les doublures de la tenture. Il manque les personnages principaux : saint Jean et l’Ange, qui répand son flacon sur le soleil et « qui tourmente les hommes par l’ardeur du feu ». Une seule partie du cadre, sous le personnage en jaune, est d’origine.
Fragment montrant Saint Jean devant l’ange. Ce fragment a été retrouvé en 1868 par le chanoine Joubert. Une description de 1870 indique « qu’il n’en reste que saint Jean à genoux, les ailes d’un ange et les pieds du Christ (…) ». Ces derniers ont depuis disparu. Saint Jean, agenouillé, est relevé par l’Ange (manquant). Ce fragment est remarquable par la qualité du tissage de l’arbre, des ailes de l’ange et du visage du saint.
la réserve des tapisseries au château d’angers abrite six fragments de l’apocalypse rarement exposés
1312
Deux fragments d’une même scène intitulée Saint Jean devant le Christ : on aperçoit, d’un côté, un personnage dans des nuées surmontant un tombeau dont le couvercle a été soulevé et, de l’autre, un ange debout sur fond bleu et vert. Ensemble, ils forment les seuls témoins conservés de la toute dernière scène de la tenture.
Fragment d’un Grand personnage, dont seule la partie basse est conservée mais que de nombreux éléments (disposition du lutrin, du livre ou du coussin…) permettent de le rapprocher de la tenture de l’Apocalypse d’Angers dont quatre Grands personnages sont présentés dans la galerie. Ce fragment a été retrouvé en très mauvais état par le chanoine Joubert.
Un Grand personnage, dit fragment Gould. On suppose qu’il ne provient pas de la tenture d’Angers mais d’une autre Apocalypse, peut être celle du duc de Berry ? L’observation de ce fragment, dont l’échelle est assez similaire à celle des grands personnages de l’Apocalypse d’Angers, révèle un tissage beaucoup moins fin.
1514
Un fragment au Museum of Fine Arts de San Francisco (USA) : seuls cinq petits morceaux proviennent de l’Apocalypse d’Angers. Ils ont été « fondus » dans un tissage illusionniste réalisé au xixe siècle*.
Deux fragments à la Burrell Collection de Glasgow (Écosse), dits Fragment à l’église et Fragment à l’Ange. L’identification de ces scènes et la confirmation de leur appartenance à l’une ou l’autre des Apocalypses (Anjou ou Berry) est difficile et nécessiterait une comparaison physique des pièces avec la tapisserie d’Angers.
hors du château d’angers sont conservés trois autres fragments
* Anna G. Bennett, « Recycling the Apocalypse: a reconstruction using fourteenth-century fragments », Bulletin de liaison du centre international d’étude du textile ancien, n° 59, 1984
1716
Portrait du roi René, huile sur toile, xixe siècle, Château de Versailles
René (1409-1480), le petit-fils de Louis Ier, hérite de la tenture. En 1471, un inventaire des pièces du château d’Angers fait mention d’une « chambre de la tappicerie ». Elle comporte entre autres « unes armoires à deux guischez fermans à clef » et « une grant table sur quoy on dresse la tappicière ».
Un siècle plus tôt, les comptes de Louis Ier évoquent déjà l’aménagement d’une pièce « à meutre la tapisserie » à la porte des Champs, l’ancienne entrée principale de la forteresse, située à l’angle sud- est. Cette mention ne concerne pas la tenture de l’Apocalypse, qui n’était pas encore réalisée, mais les tapisseries de la collection de Louis Ier. Il s’agit sans doute du même lieu et il est intéressant de constater qu’il a conservé son usage.
Les comptes du roi René attestent, à au moins cinq reprises entre 1454 et 1478, de paiements pour l’entretien ou la conservation de la tenture à laquelle il reste fortement attaché.
Les troupes de Louis XI occupant le château d’Angers, le roi René lui cède l’Anjou et part pour la Provence. En 1476, il fait transporter sa tapisserie au château de Baugé, à une quarantaine de kilomètres d’Angers.
Après la mort du roi René, l’exécution de son testament de 1474 nécessite le retour de la tenture à Angers, cette fois à la cathédrale. Elle y est installée à l’été 1480.
au temps du roi rené
18
Vue de la cathédrale d’Angers
« Item, il donne et laisse à [ladite églize d’Angiers] sa belle tapisserie en laquelle sont contenues toutes les figures et visions de l’Apocalice »
Extrait du testament du roi René, le 22 juillet 1474
À la cathédrale, la tenture devient un objet religieux. Elle est conservée dans un grand coffre dans la sacristie puis, après 1539, dans de grandes armoires dans le cloître. Toujours encensée pour sa beauté, elle est régulièrement tendue dans l’édifice.
À partir de 1699, la destruction du jubé et la modification du chœur permettent de l’accrocher sur la totalité des murs de l’édifice, quatre fois par an, à la saint Maurice, à Noël, Pâques et à la Pentecôte.
Vient ensuite une période de désaffection.
Les registres de la cathédrale indiquent en 1767 que « les tapisseries, causant aux voix un très grand préjudice, ne seront plus tendues » et, en avril 1782, « qu’elles seront toutes mises en vente à l’exception de celles qui seront nécessaires pour le reposoir du jeudi saint ».
Elles ne trouvent cependant pas d’acquéreur et sont par la suite utilisées comme de vulgaires tissus de protection : les pièces sont découpées et les morceaux servent à couvrir les chevaux, les orangers ou encore à protéger les planchers. Elle subit alors de graves mutilations.
II. DU trÉsor PrinCier à CeLUi De La CatHÉDraLe D’anGers
fin du xve – xviiie siècle
2120
Les deux bêtes, détail de la scène 62 (Les grenouilles), 5e pièce de la tenture de l’Apocalypse.
Après la Révolution, l’Apocalypse est utilisée au décor de la cathédrale avant d’être à nouveau mise de côté, sans soin. Inventoriée tous les ans dans le mobilier du palais épiscopal, elle est déclarée « à réformer » car « complètement usée » en 1843 et mise en vente par les Domaines, administration gérant les biens de l’État. Monseigneur Angebault, alors évêque d’Angers, la rachète, sans savoir qu’il s’agit d’un objet appartenant à la cathédrale ; l’Apocalypse était à nouveau tombée dans l’oubli. Il finit par se rendre compte de son erreur et la restitue à la Fabrique, organe gérant les biens de la cathédrale, sous réserve de pouvoir continuer à l’utiliser pour le décor de l’édifice.
En 1846, le chanoine Joubert est nommé custode de la cathédrale, et donc chargé de la bonne garde du trésor et des tapisseries qu’il abrite.
Comprenant l’immense valeur artistique de la tenture de l’Apocalypse, il rassemble les tapisseries qui sont alors trouées, coupées en morceaux, parfois partiellement tronquées. Dès 1849 et pendant plus de dix ans, le chanoine, accompagné de mesdames Logerais, Bazantay et Nau, licières, restaure la tenture grâce aux deniers de la Fabrique et de l’État. Parallèlement, il se lance dans une étude attentive des tapisseries, qu’il met en lien avec le texte de saint Jean, et, peu à peu, retrouve l’ordre des scènes qui avait été perdu. Cette restauration sauve l’Apocalypse qui retrouve ainsi son intégrité.
Louis de Farcy, historien de la cathédrale d’Angers, reprend les restaurations en 1870 et complète les scènes fragmentaires par des retissages.
III. retroUVer, reComPoser, restaUrer L’aPoCaLYPse milieu du xixe – première moitié du xxe siècle
Le sauvetage d’un chef-d’œuvre
2322
Restitution de la structure des pièces de l’Apocalypse par Louis de Farcy dans Histoire et description des tapisseries de la cathédrale d’Angers, sans date (c. 1900).
La disposition de certaines scènes diffère de la présentation dans la galerie car des recherches plus récentes ont conduit à repositionner certaines tapisseries.
2524 La tenture de l’Apocalypse suspendue dans la nef de la cathédrale d’Angers, photographie du début du xxe siècle.
Le musée des tapisseries d’Angers, photographie d’Emmanuel-Louis Mas, 1910-1920
Très vite, la tenture de l’Apocalypse émerveille et il s’impose à tous qu’elle doit être à nouveau exposée. Elle retrouve sa place dans la cathédrale où elle est tendue plusieurs fois par an.
Au début du xxe siècle, la prise de conscience de son importance artistique conduit à la création d’un musée des tapisseries qui s’installe dans le palais épiscopal d’Angers. L’Apocalypse en est la pièce maîtresse.
L’engouement du public français, mais aussi international, est presque immédiat. À partir des années 1860, et jusqu’au milieu du xxe siècle, elle fait le tour du monde, présentée dans les Expositions universelles et les plus grands musées.
L’apocalypse admirée
2726
1864 Exposition des Arts appliqués à l’industrie (Paris) et Exposition nationale (Angers)
1867 Exposition universelle (Paris)
1900 Rétrospective de l’Art français à l’Exposition universelle (Paris)
1904 Les primitifs français, la peinture en France sous les Valois, Musée du Louvre (Paris) et Bibliothèque nationale de France (Paris)
1913 Exposition universelle, Pavillon dit de la vieille Flandres (Gand)
1937 Chefs-d’œuvre de l’Art français, Palais de Tokyo (Paris)
1977 Angers, tapisserie vivante, Palais des Congrès (Paris)
1992 Exposition universelle, Pavillon Anjou (Séville)
2000 Vingt siècles en cathédrale, Palais du Tau (Reims)
2004 Paris 1400, Musée du Louvre (Paris)
1946 La tapisserie française du Moyen Âge à nos jours, musée d’Art moderne de la Ville de Paris (exposition itinérante présentée les années suivantes à Bruxelles, Londres, New York, Chicago, Madrid, Rome, Naples et Venise)
1951 L’Apocalypse, Tapisserien aus der Kathedrale von Angers, Kunsthalle Basel…