Année 2014 dix-neuvième SECTION SeSSiOn de PSYCHAnALYSe ...· PSYCHAnALYSe APPLiQuÉe N°...

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  • INSTITUT DU CHAMP FREUDIENsous les auspices du DPARTEMENT DE PSYCHANALYSE

    Universit Paris VIII

    Anne 2014dix-neuvime SeSSiOn dePSYCHAnALYSeAPPLiQue

    N Agrment 93130657813

    SECTIONCLINIQUEDAIX-MARSEILLE

    L'dipe n'puise pas le dsir Lecture croise des Sminaires VI, Le dsir et son interprtation, et XX, Encore, de Jacques Lacan

    ASSOCIATION UFORCAAIX-MARSEILLE POUR LA

    FORMATION PERMANENTE

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    Prologuede Guitrancourt

    IN

    TR

    OD

    UC

    TI

    ON

    Le diplme de psychanalyste nexiste dans aucun pays au monde. Il ne sagit pas dun hasard ou dune inadvertance. La raison en est lie lessence mme de la psychana-lyse. On ne voit pas bien en quoi peut consister lexamen de la capacit tre analyste, puisque lexercice de la psychanalyse est dordinaire priv, rserv la confiance la plus intime accorde par le patient lanalyste.Admettons que la rponse de lanalyste soit une opration, cest--dire une interprtation, qui porte sur ce que nous appelons linconscient.

    Cette opration ne pourrait-elle pas constituer un matriel dexamen ? Dautant plus que lin-terprtation nest pas lapanage de la psychanalyse et est mme utilise par des critiques de manuels, documents et inscriptions.

    Linconscient freudien se constitue seulement dans la relation de parole que jai dcrite : il ne peut tre valid en dehors de celle-ci et linterprtation analytique est convaincante non en soi mais par les effets imprvisibles quelle suscite chez celui qui la reoit, et dans le contexte mme de cette relation. Il ny a pas de porte de sortie.

    Seul lanalysant pourrait attester alors la capacit de lanalyste, si son tmoignage ntait altr, souvent ds le dbut, par leffet du transfert. Comme nous le voyons, le seul tmoignage va-lable, le seul susceptible de donner une certaine garantie concernant le travail, serait celui de lanalysant post-transfert encore dispos dfendre la cause de la psychanalyse.

    Ce que nous appelons ainsi tmoignage de lanalysant est le noyau de lenseignement de la psychanalyse, en tant que ce qui a pu se clarifier, dans une exprience essentiellement prive, est susceptible dtre transmis au public.

    par Jacques-Alain Miller

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    Lacan a institu ce tmoignage sous le nom de passe (1967) et a dfini lenseignement dans sa formulation idale, le mathme * (1974). Entre les deux, une diffrence : le tmoignage de la passe, encore charg de la particularit du sujet, est limit un cercle restreint, interne un groupe analytique, pendant que lenseignement du mathme, qui doit tre dmonstratif, est pour tous et, dans ce cas, la psychanalyse entre en contact avec luniversit.

    Lexprience est conduite en France depuis quatorze ans Paris.

    Elle fut lorigine de la cration de la Section clinique de Bruxelles et de Barcelone, de Londres, Madrid et Rome, mais aussi en France, pour la premire fois, Bordeaux.

    Il faut dterminer clairement ce quest et ce que nest pas cet enseignement.

    Il est universitaire, il est systmatique et gradu, il est dispens par des responsables qualifis et conduit lobtention de diplmes.

    Il nest pas une habilitation lacanienne, que cela se situe Paris, Rome, ou Bordeaux, que cela soit pro-pos par des organismes publics ou privs. Ceux qui y assistent sont appels participants, terme prfr celui dtudiants, pour souligner limportante initiative quils devront prendre le travail fourni ne sera pas extorqu : cela dpend deux, il sera guid et valu.

    Il nest pas paradoxal daffirmer que les exigences les plus svres concernent ceux qui se mesureront avec la fonction denseignants du Champ freudien, fonction sans prcdent dans son genre : puisque le savoir se fonde dans la cohrence, trouve sa vrit seulement dans linconscient, en dautres termes, dans un savoir dont personne ne peut dire je sais . Cela signifie que cet enseignement ne peut tre expos que sil est labor sur un mode indit, mme sil est modeste.

    Il commence avec la partie clinique de cet enseignement.

    La clinique nest pas une science, elle nest pas un savoir qui se dmontre ; cest un savoir empirique, insparable de lhistoire des ides. En lenseignant, on ne fait pas que suppler aux carences dune psychiatrie qui laisse de ct sa riche tradition classique pour suivre les progrs de la chimie, nous y introduisons aussi un l-ment de certitude (le mathme de lhystrie).

    Dans un mme temps, les prsentations de malades complteront lenseignement.

    En conformit avec ce qui, autrefois, a t fait sous la direction de Lacan, nous avanons petit petit.

    15 aot 1988

    *Du grec mathema : ce qui sapprend.

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    D u sminaire de Jacques Lacan (1953-1980, en cours de publication), on peut dire quil a assur lui seul la formation permanente de plusieurs gnrations de psychanalystes. Cet enseignement, qui restitua et renou-vela le sens de luvre de Freud, inspire de nombreux groupes psychanalytiques. lorigine de la cration du Dpartement de psychanalyse, il continue dorienter son travail. LInstitut du Champ freudien se consacre son dveloppement.Le Dpartement de psychanalyse existe depuis 1968. Il fut rnov en 1974 par Jacques Lacan, qui resta son directeur scienti-fique jusqu sa mort en septembre 1981. Il fait aujourdhui partie de lUniversit de Paris VIII.

    Jacques-Alain Miller en est le directeur (Secrtariat : 2, rue de la Libert, 93526 Saint-Denis Cedex 02).

    LInstitut du Champ freudien sinscrit dans le cadre associatif. Il a pris la suite, en 1987, du Cercle de clinique psychanalytique (1976) (Secrtariat : 31, rue de Navarin, 75009 Paris).

    Aprs Barcelone, Madrid, Bruxelles et Rome, aprs Bordeaux, Clermont-Ferrand, Lyon, Dijon, Rouen, Angers, Rennes et Lille, lAntenne clinique dAix-Marseille est cre en 1995 et devient Section clinique en 1996. Elle ne se situe pas dans le cadre dun groupe psychanalytique, mme si ses enseignants sont dorientation lacanienne. Cette exprience, nouvelle Marseille, et dans la rgion PACA, a pour but dassurer un enseignement fondamental de psychanalyse, tant thorique que clinique. Elle sadresse aussi bien aux travailleurs de la sant mentale , psychiatres, mdecins, psychologues, orthophonistes, ducateurs, infirmiers, etc., quaux psy-chanalystes eux-mmes, aux universitaires et aux tudiants intresss par ce savoir particulier.

    Participer la Section clinique nhabilite pas lexercice de la psychanalyse.

    Une attestation dtudes cliniques sera dlivre aux participants.

    Elle est constitue dun sminaire thorique, de sminaires pratiques, dune prsentation de malades, dun sminaire de recherche clinique, dateliers, dun aprs-midi clinique et dune journe dtude.

    Cette session a pour thme :

    L'dipe n'puise pas le dsir Lecture croise des Sminaires VI, Le dsir et son interprtation, et XX, Encore, de Jacques Lacan

    Dates : 17 et 31 janvier, 14 et 21 fvrier, 14 et 28 mars, 11 avril, 16 et 23 mai, 13 et 27 juin

    Sectionclinique dAix-Marseille

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    [] ldipe nest pas la solution unique du dsir, cest seulement sa forme normalise ; celle-ci est pathogne ; elle npuise pas le destin du dsir. J.-A. Miller, Quatrime de couverture de J. Lacan, Le Sminaire, livre VI, Le dsir et son interprtation, La Martinire, Paris, 2013.

    Le rel, dirai-je, cest le mystre du corps parlant, cest le mystre de linconscient. J. Lacan, Le Sminaire, livre XX, Encore, Seuil, Paris, 1975, p. 118.

    Cest savoir que la demande nest jamais purement et simplement demande de quelque chose, pour autant qu larrire-fond de toute demande possible, de toute demande de satisfaction, il y a, du fait du langage, la symbolisation de lAutre, lAutre comme prsence et comme absence, lAutre qui peut tre le sujet du don damour. Ce quil donne est au-del de tout ce quil peut donner. J. Lacan, Le Sminaire, livre VI, Le dsir et son interprtation, op. cit., p. 140-141.

    [] je te demande quoi ? de refuser quoi ? ce que je toffre pourquoi ? parce que ce nest pas a a, vous savez ce que cest, cest lobjet a. Lobjet a nest aucun tre.

    Lobjet a, cest ce que suppose de vide une demande [] Ce nest pas a veut dire que, dans le dsir de toute demande, il ny a que la requte

    de lobjet a, de lobjet qui viendrait satisfaire la jouissance [...] J. Lacan, Le Sminaire, livre XX, Encore, op. cit., p. 114.

    Dans lamour, lhomme est vritablement alin lobjet de son dsir, au phallus. Mais, dans lacte rotique, ce mme phallus rduit pourtant la femme tre un objet imaginaire. Cest pourquoi, au sein mme de la relation amoureuse la plus profonde, la plus intime, est maintenue chez lhomme la duplicit de lobjet. Jy ai bien souvent insist quand je critiquais la fameuse relation gnitale. J. Lacan, Le Sminaire, livre VI, Le dsir et son interprtation, op. cit., p. 159.

    Ce qui supple labsence de rapport sexuel, cest prcisment lamour . J. Lacan, Le Sminaire, livre XX, Encore, op. cit., p. 44.

    Coordination du sminaire thorique :

    Herv CASTANETNicole GUEYSylvette PERAZZI

    Ldipe npuise pas le dsir Lecture croise des Sminaires VI, Le dsir et son interprtation, et XX, Encore, de Jacques Lacan

    Sminaire thorique

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    Groupes dlucidation des pratiques cliniques (2 heures) GROUPES I ET II

    Chaque groupe dlucidation a une fonction clairement dfinie : permettre aux participants, en un dispositif au nombre limit de personnes, dinterroger leur pratique clinique, en institution gnralement, en cabinet parfois. Le travail qui sy fait ne relve pas pour autant du contrle qui, lui, lie tel clinicien et tel analyste. Le groupe dlucidation se donne pour tche de construire le cas dont on parle. La remarque a une implication clinique immdiate : elle pose quun cas clinique a sa logique. Cest une logique subjective o se nouent le symbolique (dont le sujet est leffet), le rel (qui, pour la psychanalyse, est toujours le rel du sexe