Actes Forum Pauvreté 2008

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  • Actes du forum Quelles politiques pour les quartiers et les populations pauvres du 16 septembre 20061

    TABLE DES MATIERES

    Introduction 3

    Plnire n1Chmeurs, prcaires, travailleurs pauvres : quels revenuspour vivre Paris ? 4

    Plnire n2Logement Paris : comment stopper la sgrgation sociale ? 15

    Plnire n3La sant, rvlateur et facteur dingalits 24

    Conclusion 31

    AnnexesEnqute de lAPURParis, synthse des donnes sociales, juin 2006 32

  • Actes du forum Quelles politiques pour les quartiers et les populations pauvres du 16 septembre 20062

  • Actes du forum Quelles politiques pour les quartiers et les populations pauvres du 16 septembre 20063

    INTRODUCTION

    Corine Faugeron,Secrtaire des Verts Paris

    Bienvenue notre journe consacre au thme Quelle politique pour les quartiers et lespopulations pauvres ? . Cette rflexion entre dansle cadre de notre rflexion pour le programme desVerts Paris. Nous dbattrons de quartiers et depopulations pauvres, un sujet sur lequel noustravaillons depuis longtemps et qui estmalheureusement loin dtre nouveauOn saperoit que les modles chargs de rpondre ces questions ont plutt chou, il faut chercheraujourdhui dautres solutions pour arrter cettepauvret. Il y a un an, les Verts avaient vot auconseil de Paris un vu intitul 2005 plusdexcuses dont le postulat tait : nous navonsplus le droit daccepter quil y ait toujours plus depauvret. Ce vu tait un appel mobilisation

    pour trouver des solutions. Ce nest donc pas unenouvelle problmatique au sein des Verts, quiaurait surgi au moment des meutes de lannedernire.Lenjeu aujourdhui est darriver collaborer avecles personnes qui sont sur le terrain, pouvant trepauvres, et les associations qui sont aussi l pourendiguer la question. A Paris, la construction desquartiers de relgation doit absolument trearrte.Autour de ces questions, nous avons invit un desparticipants auxquels vous pourrez poser desquestions. Lchange qui dcoulera de cettejourne nous permettra denrichir notre rflexion.Je vous remercie dtre l et je passe la parole Dan Lert, lorganisateur de ce forum.

    Dan Lert,Secrtariat excutif, dlgu aux acteurs sociaux

    Je voudrais tout de suite remercier lensemble despersonnes qui vont intervenir tout au long de lajourne. Cest dj une russite importante davoirpu associer autant de comptences de personnesengages sur le terrain de la lutte contre lesingalits pour dbattre ensemble. Pour nous, ilest important que ce dialogue sengagemaintenant, alors que les Verts sont enresponsabilit la mairie de Paris et quils mnentdes politiques sociales. Les indicateurs sociaux nesont pas bons Paris et les carts de revenusprogressent. Il faut valuer ces politiquespubliques avec des acteurs de terrain. Noussouhaitons que cette confrontation soit durable,positive. Cest une relation o chacun garde saplace. En tant que parti politique participant lamajorit parisienne, nous assumons laresponsabilit des politiques publiques locales,mais nous souhaitons avoir en permanence ce liencritique avec les acteurs sociaux. Cest notremanire davancer et cest le choix aujourdhui quiest fait de rassembler la fois des chercheurs, desresponsables associatifs, des gens engags dans lalutte de terrain.

    Alors pourquoi le choix des questions sociales ? Onconstate tous les jours Paris dans la rue, dans lesvnements dramatiques, que la pauvret estprsente. Il y a eu la srie dincendies dramatiquesqui ont donn loccasion au Ministre de lIntrieurde procder des expulsions indignes, la

    polmique, cet t, sur lhbergement des SDF Paris qui devient un problme trs criant, etc.Nous souhaitons apporter des rponses cesproblmes de mal-logement en rvaluant noschoix politiques, avec lensemble des gens qui ontdes responsabilits sur ces questions.Il faut analyser aussi cette runion comme unchoix politique. Nous ne souhaitons pas que cesquestions des quartiers populaires soient rduites une dimension scuritaire, ce qui estactuellement le cas dans le dbat politique.Comme le rappelait Corine, nous navons pasdcouvert la pauvret au moment des meutes enbanlieue malgr lampleur des vnements qui onttouch la France, mais nous avons t rvolts parla raction politique, qui nest pas la hauteur desproblmes sociaux poss.

    Cette runion est une premire tentative dedialogue pour trouver rellement des rponsessociales ces questions. Car il sagit bien dans cesquartiers, de questions sociales, de chmage, dejeunes, de travailleurs pauvres, de prcairesDans cette perspective, je remercie les Verts et lesnon-Verts qui ont particip lorganisation de cettejourne. La qualit des dbats et desproblmatiques proposes leur est largement due.Je passe la parole Mylne Stambouli, Adjointeau maire de Paris, charge de lexclusion, qui vaanimer cette premire table ronde autour desquestions de lemploi et des revenus.

  • Actes du forum Quelles politiques pour les quartiers et les populations pauvres du 16 septembre 20064

    Plnire n1Chmeurs, prcaires, travailleurs pauvres : quels revenus pour vivre Paris ?

    Mylne Stambouli,Adjointe au Maire de Paris charge de la lutte contre lexclusion

    Nous allons engager les interventions sur lapremire table ronde : Chmeurs, prcaires,travailleurs pauvres, quels revenus pour vivre Paris ? avec Michel Castellan, qui nous faitlamiti dtre prsent. Administrateur lINSEE,animateur la Mission dInformation sur laPauvret et lExclusion Sociale (MIPES) la RgionIle-de-France, et militant, nous avons travaillensemble ces dernires annes.

    Avant de te passer la parole, je veux juste poserdeux questions auxquelles tu rpondras traverston intervention :

    - Quelle est la place de Paris dans la rgionIle-de-France, les donnes statistiques aujourdhui,des chiffres 2005 sur la ralit sociale du chmage,de la prcarit aujourdhui ?

    - A quoi correspond ce fameux seuil depauvret ? Comment le calcule-t-on ? Est-ilpertinent ? Comment y rflchir ici sur despolitiques sociales ?

    Michel Castellan

    Je prcise que jinterviens l titre de militant,personnel, et que je nengage ni lINSEE ni lamission dinformation sur la pauvret et lexclusionsociale, tout en mappuyant sur leurs travaux etleurs rflexions. Je vais essayer dintervenir sur deux sujets :

    1- Quelques lments de cadrage sur lapauvret Paris en Ile-de-France ;

    2- Sur les travailleurs pauvres : quest-cequon peut en savoir aujourdhui ? Quest-ce quon appelle par l travailleurspauvres, comment peut-on les connatre ?

    Tout dabord, quand on approche la pauvret, on asouvent tendance parler des minima sociaux.

    Dans un document dit par la MIPES en 2005, onraisonne en allocataires, donc pas forcment enpopulation couverte : on a 130 000 bnficiairesde minima sociaux fin 2005, et la plus grandepartie au RMI, puisquil y en a 62 000. Quand onregarde lvolution 2004-2005, tout augmenterelativement faiblement, sauf lallocationdinsertion, dont les chiffres taient beaucoup plusforts en 2004. Sur les bnficiaires du RMI, il fautavoir en tte que la proportion de rentrants de

    moins dun an est de lordre de 29% et de 26%pour ceux de plus de 5 ans dans le dispositif. Seuls46% ont un logement autonome, cest--dire queles autres sont peut-tre propritaires, mais ilssont le plus souvent hbergs ou sans domicile oudans des situations de rupture de logement. Surles bnficiaires du RMI, presque 9% sont ensituation dintressement, cest--dire en situationde reprise demploi.Une autre approche de la pauvret est possibleavec les allocataires bas revenus . L, onutilise la source des Caisses dallocations familiales(CAF) pour regarder combien il y a de pauvres ausens CAF.

    Concernant le seuil de pauvret, jai beaucoup demal rpondre cette question, parce que le seuilde pauvret est dtermin partir dunerpartition statistique des revenus. On prend lamdiane, cest--dire le point au milieu de larpartition, puis on dit : le seuil de pauvret cestla moiti ou 60% de la mdiane. Cest tout faitconventionnel. Il donne une indication sur les gensqui ne peuvent pas prtendre au niveau de viemoyen de la population. Cependant, prendre unseuil national serait assez juste mais ne tiendraitpas compte du cot de la vie Paris. Un seuilnational ferait apparatre quil y a peu prs 5%de pauvres en Ile-de-France. On voit bien que lesgens Paris ou en Ile-de-France ont desproblmes de transport, de logement, et donc tenircompte de la situation locale ou rgionaleconduirait considrer un seuil plus fort.Faut-il prendre des seuils locaux ou rgionauxalors quon a une lgislation quon veut unique surle RMI ? Ceci pose de nombreuses questions qui

    ParisIle-de-France

    Allocation Adulte Handicap (AAH) 20 794 96 560

    Allocation Parent Isol (API) 4 745 30 244

    Allocation de Solidarit Spcifique (ASS)

    19 850 77 290

    Allocation d'Insertion (AI) 5 130 14 660

    Allocation Supplmentaire Vieillesse (ASV)

    15 155 47 358

    Revenu Minimum d'Insertion (RMI) 62 574 229 228

    Allocation Supplmentaire du Fonds Spcial d'Invalidit (ASI)

    1 948 6 785

    Allocation Equivalent Retraite (AER) 500 3 300

    Total 130 696 505 425

  • Actes du forum Quelles politiques pour les quartiers et les populations pauvres du 16 septembre 20065

    ne sont pas politiquement neutres sur ladtermination du seuil de pauvret. Je me limiterai situer le niveau du seuil chaque fois. L, pourla CAF, en 2005, le seuil de bas revenu est de 786euros par mois. Ceci permet de caractriser lapopulation pauvre.

    Source CAF 31/12/2005

    Je voudrais souligner deux points.Premirement, 62% disols dans les allocataires,a veut dire 75 000 personnes. Un tiers de lapopulation dans les foyers bas revenus (220 000personnes) sont des personnes seules, ce chiffreest plus fort Paris quen Ile-de-France. Cestimportant.Deuximement, un tiers sont des enfants de moinsde 20 ans (70 000 peu prs), cest--dire que16% de la population de moins de 20 ans vit dan