A31 N°21 (7-8.86)

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  • 8/11/2019 A31 N21 (7-8.86)

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    B USINESS A PA RTHEID ET ORDRE NO UVEA U

    LE LOB BY SUDA FRICA IN EN B EL GIQUE

    Les sancti ons de la CEE l gard de l Afrique du Sud sont plus que symboliques ... Rien

    dtonnant lorsquon examine de plus prs le co lossal appareil de sou ti en la polit ique

    d .apar theid implant en Belgique (lun des dix pays les plus riches du monde) et les

    fr uctueux changes commerciaux entre ces deux pays. A titre indicatif, 90 des diamants

    sud-afri cains son t ngoc is en Belgique.

    n fait, il faut souligner demble,

    dans le chef des divers mouvements

    de soutien au rgime de Pretoria -

    Protea,

    Eurosa, Les amis de lAfrique du

    Sud, l association Belge-Sud-africaine,

    l Association interparlementaire Belgique-

    Afrique du Sud -la parfaite convergence

    d intrts financiers considrables et dob-

    jectifs culturels et idologiques.

    Qui ne sait, en effet, que la Rpubli-

    qu e Sud -afri cain e es t de l oi n l a pl us g rand e

    puissance conomique, industrielle et

    agricole d Afrique?

    Premier exportateur mondial d or,

    deuxime de diamants, quatrime d ura-

    nium, cinquime de charbon, neuvime

    de fer, dixime d argent, onzime de cui-

    vre. Sans parler de sa prsence massive

    dans les secteurs

    haute technologie telle

    l a co ns tru ct io n d e cen tral es nu cl aires ) et

    de ses ressources agricoles considrables.

    Militairement non plus, elle n est pas en

    reste: elle est la premire puissance mili-

    taire de l Afrique australe et possde

    larme atomique. Ce qui lui permet dta-

    blir un autre record: prs d un quart de

    son budget est consacr l achat d armes

    et d e mu ni ti on s.

    De quoi, videmment, laisser rveurs plus

    d un businessman avis et peu soucieux

    de questions humanitaires ... Mais il y a

    plus que des questions humanitaires ...

    Depuis 1969, l opinion internationale, par

    les voix de l Assemble gnrale et du

    Conseil de Scurit des Nations-Unies,

    condamne rgulirement le rgime sud-

    africain pour son occupation illgale du

    t errit oi re na mib ien , s a p ol it iq ue d es Ban -

    toustans, ses diffrentes violations des

    obligations internationales, ses multiples

    raids en Angola. Le tout aboutissant un

    em barg o mi lit aire d cid par le Con seil d e

    Scurit en 1977, un embargo ptrolier

    dcid par l Assemble gnrale en 1979

    et des sanctions plutt symboliques pri-

    s es t ou t rcemment po ur i so ler ce pay s qu i

    pers is te app li qu er un e po li ti que dl ib -

    rment raciste dont la duret a russi

    arracher quelques larmes - trs symbo-

    liques, elles au ss i . .. - quelques-uns de

    n os go uvernements dEurope occidentale.

    Comment, prcisment, expliquer

    cette

    trs nette distorsion entre les condamna-

    tions fermes des instances internationales

    et la quasi-passivit de nos gouvernants?

    Remarquons que si de telles condamna-

    tions ont vu le jour, elles ne sont que

    l aboutissement dintenses pressions du

    bl oc d es pays du tiers-monde sur une ins-

    t it ut io n -l ONU - qui agit le plus sou-

    vent au gr des pays occidentaux dont trois

    dentre eux dtiennent le droit de veto au

    Conseil de scurit. Si ceux-ci ont fini par

    accepter de trs lgres concessions, il n en

    demeure pas moins que leurs conomies

    sont fortement dtermines par un com-

    merce florissant avec le pays de l apartheid

    o le prix de la main d uvre est p arti -

    culirement bon march. On ne sen t on -

    nera pas vu les conditions de serni-

    esclavage auxquelles sont soumis les

    ouvners

    nom.

    Ensuite, et cest le principal objet de

    no tre p rop os, dimportants groupes de

    pres si on se so nt co ns ti tu s en Eu rop e d ans

    le courant des annes soixan te-d ix , pre-

    mires annes o l on a commenc

    ent revo ir d v ent uel les san cti on s co nt re

    Pretoria.

    La phi losophie de

    lapartheid a pour base le

    droit des peuples

    leur

    libre dveloppement

    1

    T el le es t, en tout cas, lopinion d An-

    dr

    Vlrick

    anci en mi ni st re d es fin ances

    et personnage-cl du lobby pro-apartheid

    en Europe. Il prside,

    la fois, le mouve-

    men t b el ge Prot ea, son grand frre euro-

    pen Eurosa et le conseil d administration

    de la Kredietbank, la banque qui joue le

    rle le plus important dans loctroi de

    prts l Afrique du Sud quelques 870

    mi ll io ns de do llars acco rds ent re 1972 et

    1978 2)) et dans le dveloppement de

    rel ati on s co no miq ues et co mmercial es

    entre les deux pays.

    Mais Andr Vlrick est aussi un mem-

    bre influent dun parti qui ne l est pas

    moins tant dans le monde politique belge

    que dans le big business , particulire-

    ment pour ce qui est du commerce avec

    Pretoria. Nous avons nomm le C.V.P.

    Parti chrtien flamand). Il est de loin le

    part i l e pl us rep rsen t au Parl emen t b elg e

    et il a particip

    t ut s

    les coalitions gou-

    vernementales depuis la fin de la guerre.

    Ces t d ire q u i l es t p arfait ement i mpl ant

    dan s to us l es sect eurs d e la v ie p ol it iq ue,

    conomique et sociale. Ce qui a fait dire

    plus dun observateur politique que la

    Belgique tait avant tout l Etat-C.V.P.

    Parti conservateur, il est fort imprgn,

    surtout sur son aile droite, de profonds

    sentiments nationalistes -flamands et il

    nest pas rare d entendre lune de ses frac-

    tions prner le rattachement de la Flan-

    d re au x Pays-Bas p ou r la co ns ti tu ti on d un

    E tat fl amand un it aire. Co mme l e so uh ait e

    par ailleurs la plupart des dirigeants de la

    V.u. Volks Unie), parti ultranationaliste

    flamand truff d anciens collaborateurs,

    et du Vlaams Blok, minuscule parti

    caractre

    no-nazi, tous deux contribuant

    galement aux mouvements de soutien

    l apartheid.

    Or, n est-ce-pas prcisment le caractre

    n erlan dai s des Blan cs dAfrique du Sud,

    les Afrikaners, qui a sduit les membres

    fondateurs de Protea, mouvement dont le

    nom est inspir d une fleur typique de

    lAfrique australe ? Il est curieux, cet

    gard, de constater que parmi ses mem-

    bres fondateurs, lon ne retrouve pas

    moins de 38 membres de l Ordre du

    Prince. Cet Ordre est compos de nom-

    breux managers et administrateurs d en - ;:

    t repri ses et d in st it ut ion s fi nanci res fla-

    g

    mandes ainsi que de politiciens comme ~

    Gaston Eyskens, ancien premier ministre

    C.V.P., Jos Chabert, snateur et ancien

    ministre C.V.P., Hugo Schiltz, dput et ~

    ancien prsident de la Volks Unie. On ~

    trouve aussi une autre personnalit de ;;

    taille : Lon Rochtus - surnomm Zwarte ~

    Lon - trsorier de Protea, consul hono- ~

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    financier. ..

    On ne s'tonnera donc pas de voir des

    entreprises belges assurer les transferts de

    technologie et de personnel qualifi vers

    les industries d'armement et les industries

    lies l'appareil militaire sud-africain ni

    mme de voir des entreprises belges,

    comme Space International Research Cor-

    poration fonctionnant notamment avec

    ... A

    des capitaux sud-africains, impliques de

    /~~ ~ manire directe dans la livraison d'armes

    ~~I //

    P

    1 ~ / / . a retona.

    ;~~~1ft If I~:~~:/'-::::::::--.' Pouryvoirpl~s,clair,pe~t-~trefaudrait-

    r~ Il: \~.~.~.-.:~~.,

    I~cherch:r.du cote du mlllI:tere.des Rela-

    \ ~;/ j~ ?;;.' .... :~~. nons exteneures (le CVP Leo Tindemans

    // / ;it l~ ~l-~~::st dtenteur de ce portefeuille depuis

    if(/~/ / . I lIa dfinissait comme une

    philosophie ... [ayant] pour base le droit des peu-

    ples

    leur libre dveloppement selon leurs aspirations

    culturelles et aspirations propres

    (2)

    La trs remarquable tude d Paulette Pierson-

    Mathy,

    La lutt e anti-apartheid en Belgique >, di-

    te par le Comit contre le colon ia lisme et l'apartheid

    (Bruxelles, 1980, remise

    jour en 1983), est une mine

    de renseignements qui ont t d'un prcieux secours

    pour la rdact ion de cet article.

    (3) Le trs rcent scandale Kirschen qui secoue le

    monde diamantaire a mis en vidence l'existence

    d'une fraude considrable et gnrale dans l'ensem-

    ble du secteur diamantaire.

    l-