7 2011 N / ° 7 2011 N / N ° 7 / 2 1 01

of 99 /99

Embed Size (px)

Transcript of 7 2011 N / ° 7 2011 N / N ° 7 / 2 1 01

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    ONT CONTRIBU LA RDACTION DE CE NUMRO

    Numro 7 / 2011

    Ines BAKLOUTI

    Doctorante, Universit de Sfax,

    (TUNISIE)

    Anis Ben Hmida

    Matre Assistant, Universit de Sfax,

    (TUNISIE)

    Sami BOUDABBOUS

    Matre de confrences, Universit de Sfax,

    (TUNISIE)

    Abdelfettah Bouri

    Professeur, Universit de Sfax, (TUNISIE)

    Rahma DRISS

    Doctorante, Assistante contractuelle, Universit

    de Sfax, (TUNISIE)

    Slim GHORBEL

    Assistant, Universit de Sfax, (TUNISIE)

    Walid KHOUFI

    Matre de confrences, Universit de Sfax,

    (TUNISIE)

    Raffaelli RAYMOND

    Expert-comptable, commissaire aux comptes,

    Marseille, (FRANCE).

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    3HISTOIRE DE LA COMPTABILIT

    HISTOIRE DE LA COMPTABILIT

    PAR RAFFAELLI RAYMOND

    La comptabilit et le bon sens arabe

    1. Introduction

    Selon LABECEDAIRE DES ECRITURES (2000), quel que

    soit le systme envisag, crire, cest toujours aller dun

    point un autre .

    Lcrit a su conqurir les diffrents supports qui lui ont

    t proposs (argile, papyrus, bambou, pierre, parchemin

    fabriqu avec des peaux de mouton ou de chvre, vlin,

    papier).

    Leurs surfaces ont t couvertes en tous sens, de gauche

    droite (dextroverse), de droite gauche (sinistroverse),

    en spirale, horizontal et vertical (stochidon), alternativement

    de droite gauche et de gauche droite (boustrophdon)

    et la verticale.

    Il demeure aujourdhui trois grandes critures rparties

    schmatiquement ainsi : lcriture smite (arabe et

    hbreu) sinistroverse ; les critures chinoises, corennes

    et japonaises, verticales et enfin les critures dextroverses

    dont fait partie litalien.

    La comptabilit se nourrit dcritures. Les comptables,

    rdacteurs de journaux, semploient dans leur langue

    donner sens aux phnomnes qui parcourent lentreprise.

    Astronomie, chimie, mathmatiques,

    mcanique, mdecine, opt ique,

    physique, ont t quelques uns des

    apports de la science arabe aux

    europens de la Renaissance.

    Les arabes furent galement de grands

    commerants.

    Quid dune transmission ventuelle de

    la technique comptable en partie double

    en Europe ?

    Nulle trace en ce domaine.

    Tentons partir dun indice : la similitude

    dorientation des critures comptables

    et smites (de droite gauche) ; de

    poser une hypothse sur lorigine de la

    partie double.

    Ainsi que lcrivait le fondateur de la

    palontologie M. G. CUVIER Donnez-

    moi un seul os, voire un seul fragment

    et je reconstituerai lanimal tout

    entier !

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    4 Recherches en comptabilit et finance

    2. La technique comptable

    La comptabilit en partie double est rpute

    tre ne en Italie, probablement vers le dbut

    du XIVme sicle et se trouve donc insre dans

    une culture de lcrit qui sexprime de gauche

    droite.

    Le fait enregistr est dcrit selon deux critres

    corrls : un dbut et une fin, un avant et un

    aprs, une ressource et un emploi, un crdit

    et un dbit.

    La doctrine comptable de la partie double,

    historiquement fixe par le matre vulgarisateur

    LUCA PACIOLI (1445-1517) prescrit de

    positionner le dbit gauche et le crdit

    droite.

    Ainsi, sa somme de mathmatiques, rdige en

    italien, SUMMA DE ARITHMETICA, GEOMETRIA,

    PROPORTIONI ET PROPORTIONALITA,

    acheve en 1494, nous enseigne, dans le

    TRACTATUS XI (trait) de la Distinction IX,

    intitul Trait des comptes et des critures au

    chapitre XIV : De toutes les parties inscrites

    au journal, il faut en faire deux au grand livre,

    mettre celle du dbiteur main gauche et

    celle du crditeur main droite ; ne jamais

    rien crire au dbit ou au crdit sans inscrire la

    contrepartie. Cest l que nait la balance.

    3. L'criture comptable

    Prenons lexemple de la souscription dun

    emprunt de 100 vir sur le compte bancaire de

    la socit M.

    Suivant la technique comptable de la partie

    double, cette opration engendrera lcriture

    moderne suivante :

    Dbit Crdit

    Banque 100

    Emprunt 100

    Nous voyons que la ressource reprsente par

    lemprunt (situe droite au crdit) est prcde

    par son emploi quest le compte bancaire (

    gauche au dbit).

    Il serait plus cohrent pour les occidentaux

    crivant de gauche droite, de situer gauche,

    une ressource, identifie par le crdit comme

    lment damont, et corrlativement lemploi

    correspondant en dbit, en aval, droite.

    Selon cette logique, lcriture attendue aurait

    t :

    Crdit Dbit

    Emprunt 100

    Banque 100

    De la sorte, le pass est antrieur au prsent,

    la ressource prcde lemploi

    Ce que souligne Ren DELAPORTE (1926) :

    Tout fait comptable engendre immdiatement

    une sortie-entre simultane dans deux comptes,

    sortie dans lun et entre dans lautre ; donc,

    il eut t logique de suivre cet ordre naturel

    et dinscrire la sortie (crdit) dabord et

    lentre (dbit) ensuite Lusage est contraire

    cette logique .

    Cette ordonnance (dbit//crdit) qui, de nos

    jours, semble aller de soi, conserverait toute sa

    cohrence, si elle devait tre inverse.

    Les comptables criraient-ils donc lenvers,

    adoptant ainsi lorientation dune criture

    smitique ?

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    5HISTOIRE DE LA COMPTABILIT

    Pour Ren Thom (1983) : Comprendre signifie

    avant tout gomtriser.

    Illustrons, par le dessin, ce conflit dorientation

    entre l criture l i t traire occidentale de

    nature dextroverse et les crits comptables

    sinistroverses.

    Reprsentation de lcriture comptable

    Le point de dpart de lcriture demprunt est

    la dette envers lorganisme prteur, exprime

    par le crdit du compte Emprunt qui engendre

    la trsorerie du compte bancaire, dfinie par le

    dbit du compte Banque pour une valeur de 100,

    figurant le point darrive.

    Dire cela, cest dfinir les caractristiques dun

    vecteur : longueur, direction, sens.

    La longueur est exprime par limpact de

    lengagement montaire, ici pour une valeur

    de 100.

    La direction est supporte par la droite

    patrimoniale du bilan, borne par les comptes

    Emprunt et Banque.

    Le sens est donn par son origine, le compte

    Emprunt au crdit et son extrmit le compte

    Banque au dbit.

    Cette criture peut tre illustre ainsi :

    (diagramme 1).

    Diagramme 1 : Ecriture - Vecteur sinistroverse

    Il est alors naturel de retrouver dans les ouvrages

    modernes arabes de mathmatiques une notation

    vectorielle respectant ce sens sinistroverse :

    De plus, la lecture oriente droite-gauche du

    vecteur - criture rappelle que les quations, au

    Maghreb, ds le XIVme et XVme sicles, comme

    de nos jours, sont galement dune lecture de

    conception sinistroverse.

    Ainsi , l quat ion 3x2 + 5x = 7 ou plus

    prcisment, pour une lecture droite-gauche

    7 = 5x + 3x2 .snonait, avec le signe de lgalit

    exprim par le symbole et le signe + sous entendu, de la sorte :

    AVAL GALIT AMONT

    4. Reprsentation du bilan

    Lcriture demprunt gnre le bilan simplifi

    correspondant :

    ACTIF-EMPLOI PASSIF-RESSOURCE

    BANQUE dbiteur 100 EMPRUNT crditeur 100

    Reprsentons, tout dabord, le bilan de lentreprise

    M par une droite, supportant les lments dactif

    et de passif (diagramme 1).

    Diagramme 1. Reprsentation traditionnelle

    (sinistroverse) du bilan de M

    ACTIF

    AVAL

    PASSIF

    AMONT

    DBIT

    Banque

    +100

    CRDIT

    Emprunt

    -100

    :

    = =

    7 = 5x + 3x2

    7 3 5

    ACTIF PASSIF

    BILAN

    0

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    6 Recherches en comptabilit et finance

    Nous avons schmatis une reprsentation

    classique du bilan avec lactif gauche et le

    passif droite.

    Or, comme le relve Eugne DE FAGES (1924) :

    Remarquons, ce propos que le Passif qui est

    gnralement droite dans les bilans devrait

    tre gauche, puisque nous avons lhabitude

    dcrire de gauche droite et que le Passif

    prcde lActif. LActif qui est gauche devrait

    tre droite.

    Lactif qui est gauche devrait tre droite.

    Reconstruisons ce bilan selon cette dernire

    logique plus conforme :

    Diagramme 1 bis. Reprsentation inverse

    (dextroverse) du bilan de M

    Maintenant, affectons le passif du signe moins et

    lactif du signe plus, et largissons les concepts

    de passif et dactif :

    Diagramme 1 ter. Bilan dextroverse et

    dvelopp de M

    Incohrence de sens sur la droite du bilan

    traditionnel sinistroverse

    Barbara TVERSKY (1995) a montr que les

    enfants anglophones faisaient crotre les

    nombres ou lcoulement du temps de la gauche

    vers la droite. Ce systme de pense est adapt

    la lecture du bilan inverse dextroverse alors

    que les enfants arabophones procdaient de

    faon inverse de la droite vers la gauche, en

    harmonie avec la reprsentation traditionnelle

    (sinistroverse) du bilan.

    Lorientation de lcriture influe donc sur la

    reprsentation mentale de lordonnance des

    nombres et du temps.

    Cette dichotomie de sens pose difficult dans

    lenseignement mathmatique de pays culture

    mixte comme lAlgrie. Voici ce que dcrit en

    la matire Abdelkader KHELLADI (2000) : La

    droite est oriente de gauche droite alors

    que les intervalles sont reprsents avec une

    orientation implicite de droite gauche, car les

    lettres utilises pour en dfinir les extrmits sont

    des lettres de lalphabet arabe ; les initiateurs ont

    considr, naturellement, que lextrmit de la

    plus petite valeur doit tre droite et lextrmit

    de la plus grande valeur gauche Il faut soit

    rorienter la droite numrique de la droite

    vers la gauche, soit rorienter les intervalles

    de la gauche vers la droite.

    5. Conclusion

    En suivant Charles ALUNNI (2010) pour qui :

    Non seulement le diagramme pouse une

    ralit dj l, dj donne, mais il est en outre

    capable de sadapter une ralit encore

    PASSIF ACTIF

    BILAN

    0

    PASSIF ACTIF

    BILAN

    0(-)

    CRDIT

    PASS

    RESSOURCE

    FOURNIT

    SORTIE

    AMONT

    (+)

    DBIT

    PRSENT

    EMPLOI

    REOIT

    ENTRE

    AVAL

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    7HISTOIRE DE LA COMPTABILIT

    venir qui sera celle dun savoir ou dun problme

    indits, nous avons essay dillustrer la fois

    lincohrence de lordonnance sinistroverse

    de la tradition comptable dans notre culture

    dextroverse et corrlativement son adquation

    avec la culture smite.

    Comment alors ignorer lhypothse dAlbert

    DUPONT (1925) ? : On sait quel remarquable

    apport les relations qui stablirent au moyen ge

    entre les pays europens et le monde musulman

    fournirent aux sciences occidentales encore

    dans leur enfance. Cest elles que les sciences

    mathmatiques doivent les chiffres arabes et la

    numration de position. Pourquoi ne serait ce

    pas aussi de ce ct que vint la tradition de la

    partie double, en cet tat embryonnaire o nous

    la supposons parvenue ds lantiquit. Ce qui

    parat bien certain, cest que lItalie fut le pays

    qui recueillit cette tradition.

    Lhistoire de la comptabilit islamique est tout

    juste en train de devenir un sujet dtudes.

    Ainsi, Mahmoud LASHEEN (1973) a relev

    des consignes denregistrement ds le 8me

    sicle aprs JC applicables aux administrations

    et entreprises prives islamiques, comme la

    ncessit denregistrer les recettes sur le ct

    droit de la page et les paiements sur le ct

    gauche.

    Un formidable champ dtudes souvre alors,

    ainsi que lcrit Ahmed DJEBBAR (2005) :

    Lhistoire de la circulation de lalgbre de

    lespace arabo-musulmam vers lespace europen

    na pas t encore crite, mme dans ses grandes

    lignes, fortiori celle de la comptabilit.

    Bibliographie :

    Abdeljaouad M. (2004), La bipolarit dans le discours

    mathmatique : Une contrainte institutionnelle en Tunisie.

    Revue franaise Petit x n 64, Irem de Grenoble.

    Andr-Salvini B, Berthier A, (2000), Geoffroy-Shneiter

    B. LABCdaire des critures, Paris. Flammarion

    Cauty A. (1992), Regards croiss sur la droite

    relle : Quelle concrtisation des ensembles de nombres

    pour lducation bilingue amrindienne ? Paris,

    Amerindia, n 17, pp 173-180.

    Delaporte R. (1926), La comptabilit daprs des

    principes rationnels bass sur les mouvements des

    valeurs et les grandeurs arithmtiques, Paris.

    Djebbar A. (2005), Lalgbre arabe. Gense dun

    art, Paris. Vuibert.

    Dupont A. (1925), La partie double avant Paciolo,

    Socit comptabilit de France.

    De Fages E. (1924), Les concepts fondamentaux

    de la comptabilit, Paris. Eyrolles.

    Frutiger A. (2000), LHomme et ses signes.

    Signes, symboles, signaux, Reillanne, Editeur Atelier

    Perrouseaux.

    Haulotte R. et Stevelinck E. (1975), Luca Pacioli.

    Sa vie - Son uvre, Bruxelles. Editions Comptabilit

    et Productivit.

    Heefer A. (2009), On the curious historical

    coincidence of algebra and double-entry bookkeeping

    in Franois K, Muller T, Van Kerkhove, Foundations of

    the Formal Sciences. Bringing together Philosophy and

    Sociology of Science, College Publications, London.

    Khelladi A. (2000), Symbolisme mathmatique

    dans un environnement linguistique ni latinographique

    ni crit de gauche droite, EM 2000. Grenoble.

    Lasheen M.A.M.(1973), At-Tandheem Al-Muhasaby

    Lil-Ar Thesis, Faculty of Commerce, Al-Azhar

    University.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    8 Recherches en comptabilit et finance

    Nas E.Boutammina (2006), LIslam fondateur

    de la science, la "Renaissance" et les "Lumires, les

    sicles de plagiat, Beyrouth Liban. Atelier graphique

    Albouraq.

    Tversky B. (1995), Cognitive Origins of Graphic

    Productions, dans Understanding Images, chapitre 4,

    p. 29-53, dit par F.T Marchese. New York.

    Venant F. (2004), Gomtriser le sens, Rcital

    2004, Fs.

    Zaid O.A (2001), Were Islamic Records Precursors

    to Accounting Books Based on the Italian Method ? A

    Response. Accounting Historians Journal, Vol.28, n 2

    (Dcember). pp 215-218.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    9PERFORMANCE ORGANISATIONNELLE

    PERFORMANCE ORGANISATIONNELLE

    PAR SAMI BOUDABBOUS

    Pratiques de gestion des ressources humaines et performance organisationnelle : Le cas des banques en Tunisie

    Introduction

    Le concept de la performance reste encore mal

    dfini ; le vocabulaire des spcialistes nest

    nullement unanime. En effet, les chercheurs

    trouvent beaucoup de difficults saccorder

    sur sa signification. Il sapparente, dailleurs,

    avec plusieurs notions voisines comme celles

    de lefficience et de lefficacit. Il nen demeure

    pas moins que la performance reste un construit

    support qui est souvent dfini par des critres

    tels que reprsents par les thoriciens et les

    praticiens de la performance et de sa mesure

    (Igalens et al, 2003 ; Wu, 2006 ). Il sagit donc

    de donner un jugement sur les activits, les

    rsultats et les produits et de valoriser les effets

    de lorganisation sur son environnement. Le

    concept de performance est donc un construit

    social qui admet autant de significations quil

    existe dindividus ou de groupes qui lutilisent.

    En effet, la performance, pour un dirigeant, peut

    tre assimile la rentabilit ou la comptitivit

    de lentreprise ; alors que pour lemploy, cest

    le climat de travail qui dtermine la performance

    (Allouche et al, 2005) ; le client, quant lui,

    considre que la performance est la qualit des

    services rendus. Il sagit donc dune affaire de

    perception, qui devient une notion dautant plus

    complexe apprhender quil semble difficile

    aujourdhui dtre en bonne position sur tous les

    critres la fois.

    Nous avons cherch, tout au long de cet

    article, savoir si le concept de performance

    prend la mme signification quel que soit le

    secteur dactivit cibl, et si la modlisation

    de la performance organisationnelle, telle que

    propose par Morin et al (1994), a une vocation

    universelle. Ainsi, nous avons cherch, dans

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    10 Recherches en comptabilit et finance

    cette dmarche, de confronter le modle de

    performance, tel que propos par ces auteurs,

    au contexte trs particulier des tablissements

    bancaires en Tunisie. Nous avons, ainsi, t

    ports nous interroger sur les dimensions de la

    performance qui priment pour ce secteur, telles

    que perues par les directeurs dtablissements

    que nous avons cibls. Par ailleurs, nous

    avons cherch montrer la relation entre la

    performance et lapplication des principes de la

    gestion des ressources humaines (GRH).

    Aprs une incursion dans la littrature sur la

    performance organisationnelle en rapport avec

    la GRH, nous mettons en revue notre dmarche

    mthodologique pour voquer, ensuite, les

    rsultats auxquels nous avons abouti.

    1- Revue de la littrature

    1-1 La performance organisationnelle

    La performance est un concept volutif, tout

    comme ses composantes qui voluent dans

    le temps. Ses critres dvaluation, aussi bien

    internes que ceux dfinis par lenvironnement,

    se modifient sans cesse, en ce sens que les

    facteurs qui peuvent causer le succs dune

    organisation, pendant une phase dinnovation,

    peuvent tre incompatibles avec les facteurs

    exigs au cours dune phase de dveloppement.

    Carrire et Barrette (2005) considrent quil

    existe des combinaisons de facteurs humains,

    techniques, financiers, organisationnels qui

    sont efficaces dans un contexte donn et qui ne

    le sont plus dans dautres. Ces combinaisons

    sont multiples, et changent au cours du temps.

    Igalens (1999), prconisant une approche

    globale de la performance, propose une grille de

    lecture de lentreprise contenant des indicateurs

    relis des objectifs multiples, qui se compltent

    et sclairent mutuellement. Pour Allouche et al

    (2005), les seuls critres financiers ne suffisent

    plus et, trs souvent, les indicateurs non

    financiers les compltent et forment le moteur de

    la russite future. Ils fournissent aux pilotes une

    indispensable vision globale de la performance

    dans plusieurs domaines simultanment.

    La performance se pilote. Par suite, Faut-il

    relever aussi que la performance a un effet

    sur le comportement des dirigeants qui vont

    reconsidrer leurs choix stratgiques chaque fois

    que les rsultats sont en de de leurs objectifs

    (Le Boulaire, 2008) ; il sagit dun effet rtroactif

    sur lorganisation. Par ailleurs, la performance

    est riche de composantes antinomiques puisque,

    selon Guy et al (2005), elle se prsente comme

    un ensemble de paramtres complmentaires et

    parfois contradictoires, comme lorsquun dirigeant

    cherche minimiser les cots, tout en amliorant

    la qualit des produits et en veillant la bonne

    ambiance pour les salaris. Bien videmment,

    toutes les composantes nont pas la mme

    importance mme si la dimension conomique

    reste dominante. En effet, une entreprise peut,

    en fonction de la personnalit de son dirigeant,

    donner la priorit dautres dimensions comme

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    11PERFORMANCE ORGANISATIONNELLE

    les ressources humaines, ou la satisfaction des

    groupes externe, etc. Il sagit donc dun statut

    multidimensionnel pour la performance, et pour

    les managers, il est ncessaire quils aient une

    reprsentation multi-critres de cette notion

    (Surroca et al , 2008).

    Cest la richesse de ces acceptions qui accentue

    cette difficult cerner le concept de performance.

    Toutefois, nous ne pouvons nous passer de cette

    notion qui permet aux managers dvaluer la

    pertinence de leurs dcisions et de tester, dans

    le temps, la viabilit de leurs choix stratgiques.

    Pour ce qui nous concerne, nous avons choisi le

    modle de Morin et al (1994) pour apprhender

    toute la complexit et toute la richesse du concept

    de performance organisationnelle, parce quil

    repose sur une rflexion thorique solide et parce

    que sa porte oprationnelle a t, maintes

    reprises, valide par lOrdre des comptables.

    Ce modle comporte trois niveaux :

    - En premier lieu, les dimensions de la

    performance, savoir la prennit de

    lorganisation, lefficience conomique, ou encore

    les valeurs des ressources humaines, etc,

    - Ensuite, les critres qui dfinissent les

    dimensions,

    - Enfin, les indicateurs qui servent mesurer

    les critres.

    Tableau 1 : Jugement gnral sur la

    performance organisationnelle :

    Prennit de lorganisation

    Jugement global :

    Qualit du produit

    Rentabilit financire

    Comptitivit

    Efficience conomique

    Jugement global :

    Economie des ressources

    Productivit

    Valeur des ressources humaines

    Jugement global :

    Mobilisation des employs

    Climat de travail

    Rendement des employs

    Dveloppement des employs

    Lgitimit de lorganisation auprs des

    groupes externes

    Jugement global :

    Satisfaction des actionnaires

    Satisfaction de la clientle

    Satisfaction des organismes rgulateurs

    Satisfaction des vis--vis

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    12 Recherches en comptabilit et finance

    Pour Morin et al. (1994), on peut appliquer ce

    modle toutes les organisations, quelles soient

    publiques ou prives, vocation industrielle,

    commerciale ou de services, petites, moyennes

    ou grandes.

    Pour ce qui nous concerne dans cette

    dmarche, nous avons voulu savoir combien

    cette reprsentation tait transposable des

    organisations hautement complexes.

    1-2 La GRH comme moteur de

    performance

    Ces dernires annes ont vu la gestion de lemploi

    subir de profonds changements qui peuvent

    trouver explication dans le dveloppement

    des pratiques de GRH, dans lintroduction des

    mthodes issues des entreprises japonaises,

    et dans la recherche de pratiques sociales

    performantes (Peretti, 2002 ; Mercier et Schmidt,

    2004 ; Plane, 2004). En tout tat de cause,

    trois grands courants de pense se distinguent

    dans les travaux sur la recherche des systmes

    de GRH performants. Dabord, un premier

    courant qui considre que, dans la performance

    organisationnelle, le rsultat, en matire de GRH,

    est gnralisable quelle que soit lorganisation

    (Belanger et al, 1988). Le second courant

    considre que le rsultat des pratiques de GRH

    est un facteur essentiel du succs de lentreprise.

    Ainsi, la performance des salaris est largement

    fonction de leur amplitude et de leur motivation ;

    aussi, est-il ncessaire dutiliser des pratiques

    susceptibles de favoriser ces qualits. Il sagit

    alors daligner la stratgie au management social

    (Sukanya, 2008).

    Le troisime courant parle dune combinaison

    de pratiques qui serait plus efficace que des

    pratiques prises individuellement (Denis, 2004).

    Ceci est dautant vrai que certaines combinaisons

    produiront plus deffets positifs que dautres, eu

    gard au facteur technologique, linnovation ou

    la concurrence.

    Cependan t , ce r t a i nes configu ra t i ons

    environnementales ncessiteraient davantage

    de pratiques adaptes pour faciliter la fois

    lajustement interne et lajustement par rapport

    au march. Ainsi, un systme de pratiques

    internes cohrent et appropri une stratgie

    de prospection de marchs ne ncessiterait pas

    de grandes opportunits de carrire en interne,

    et saligne avec une absence de politique de

    formation, une valuation base sur les rsultats,

    une participation aux bnfices, une faible

    scurit de lemploi.

    Le foisonnement des tudes ralises dans ces

    trois directions ne permet cependant pas de bien

    comprendre les mcanismes grce auxquels

    les dcisions, en matire de GRH, crent la

    performance (Becker et Gerhart, 1996).

    Pour Becker et al. (1997), les rsultats obtenus

    permettent seulement davancer que la

    performance est de plus en plus considre

    comme dpendante de limplication des salaris,

    que la cohrence interne des pratiques est

    perue comme un facteur essentiel de succs,

    que la congruence entre pratiques et stratgie

    est juge cruciale.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    13PERFORMANCE ORGANISATIONNELLE

    Bien que les thoriciens et les praticiens admettent

    quil existe une relation entre management social

    et performance organisationnelle, et que les

    ressources humaines sont de plus en plus

    considres comme la plus importante source

    davantages comptitifs pour lentreprise, il faut

    bien reconnatre que la plupart des dirigeants

    orientent leurs actions vers la recherche du

    profit, et considrent que les pratiques sociales

    reprsentent des cots supplmentaires

    (Alouane, 1997 ; Zghal, 2000 ).

    Les pratiques de GRH innovantes se sont

    beaucoup multiplies (Galambaud, 2003 ;

    Laval et Kalika, 2005, 2006). Ainsi, des notions

    comme la flexibilit des postes, la rmunration

    variable, limplication des salaris, le travail

    en quipe ont t introduites. Ces volutions

    traduisent la conviction que le travail est un

    facteur de production spcifique, difficile

    copier et susceptible damliorer la position

    concurrentielle.

    Delery et Dory (1996) ont test et vrifi la

    relation positive de ces variables la performance

    dans les trois modles dominants (le modle

    universel, le modle de la contingence, le modle

    combinatoire) pour montrer que sept principes

    de GRH, pris individuellement ou assembls,

    ont des effets positifs sur la performance

    organisationnelle. Les systmes performants

    sont ainsi caractriss par :

    L ex is tence de p lans de car r i re

    intressants ;

    La politique de formation mise en place dans

    lorganisation ;

    La prise en compte des performances

    individuelles ;

    La scurit de lemploi ;

    Le souci de faciliter la participation des

    salaris (initiatives, dcisions) ;

    L a g e s t i o n d e s e m p l o i s e t d e s

    qualifications ;

    La participation financire aux rsultats.

    Pour ce qui nous concerne, nous avons interrog

    notre population cible sur lapplication de ces sept

    principes dans leurs organisations.

    2- Mthodologie

    La problmatique de cette recherche cadre

    avec lhypothse selon laquelle les managers

    peuvent adapter le modle de la performance

    organisationnelle propos par Morin et al (1994)

    au contexte des banques en Tunisie.

    Cette recherche a t effectue par ladministration

    dun questionnaire auprs dun chantillon de

    dirigeants dagences bancaires (un questionnaire

    par agence).

    Des 80 agences qui ont t contactes, seuls

    47 questionnaires nous ont t retourns, dont

    41 se sont rvls effectivement exploitables (soit

    un taux de rponse de 51%). Notre chantillon

    final est donc de 41 agences bancaires.

    Ces tablissements relvent du secteur

    public et sont fortement dirigs. Ils sont, par

    consquent, contingents ; ce qui pousse des

    proccupations gestionnaires de plus en plus

    fortes qui donnent au directeur un rle essentiel

    dans le management de la banque. Cest dans

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    14 Recherches en comptabilit et finance

    ce sens que le personnage questionner est le

    directeur, puisque cest lui le personnage central

    de ltablissement et quil est important dtudier

    son rle et de nous interroger sur la porte de la

    gestion des ressources humaines au regard de

    lobjectif de performance organisationnelle.

    En effet, lvaluation de la performance dans le

    secteur bancaire reste un exercice difficile tant il

    est pauvre en indicateurs spcifiques. La mesure

    est complexe, et la valeur rside principalement

    dans la qualit du service rendu. En tout tat de

    cause, et en labsence dindicateurs spcifiques,

    nous avons travaill sur les deux premiers

    niveaux dabstraction du modle de Morin et

    al (1994).

    Dans notre dmarche, et chaque fois que cest

    possible, chaque critre fait lobjet dune mesure

    partir dun nombre significatif. Nous avons suivi

    le manuel de procdure de Morin et al (1994) qui

    dcrit les indicateurs souhaitables. Par exemple,

    les auteurs suggrent dans ce manuel de

    mesurer le climat de travail par six indicateurs : le

    taux de participation aux activits sociales, le taux

    de maladie, le taux daccidents, le ratio dactes

    dviants, le nombre de jours perdus pour arrt de

    travail, la qualit des relations de travail.

    Ces critres ont t oprationnaliss sous la

    forme de groupes dlments valus sur des

    chelles de Likert en cinq points (allant de trs

    bon trs mauvais).

    Par ailleurs, chaque dimension sapprcie

    elle-mme sur cette chelle en cinq points

    en fonction des rsultats sur les critres. On

    peut ainsi porter un jugement gnral sur

    lorganisation partir dune modlisation de la

    performance o lments quantitatifs et qualitatifs

    se compltent.

    Pour ce faire, nous avons ralis le traitement

    des donnes avec le logiciel SPSS.

    3- Rsultats et interprtation

    3.1 Modlisation de la performance

    organisationnelle

    Pour vrifier lhypothse selon laquelle ladaptation

    au contexte des tablissements bancaires ne

    remet pas en cause la pertinence du modle de

    la performance organisationnelle propos par

    Morin et al. (1994), nous avons observ comment

    les critres, selon ces auteurs, taient combins

    entre eux pour constituer des dimensions

    indpendantes dans la reprsentation de la

    performance organisationnelle. Dans ce sens,

    nous avons effectu une analyse en composantes

    principales qui nous a permis davoir une vision

    structure et immdiatement accessible de la

    manire dont les critres covarient, sopposent ou

    sont indpendants entre eux. En appliquant cette

    dmarche, nous avons retenu trois axes dont la

    valeur propre est suprieure 1 ; ils expliquent

    73,66% de la variance.

    Huit critres contribuent linertie de laxe 1 :

    la qualit du service (coordonne sur laxe =

    0,850), le climat de travail (0,734), le rendement

    des employs (0,852), le dveloppement des

    employs (0,868), lconomie des ressources

    (0,851), la productivit (0,709), la satisfaction

    de la clientle (0,808) et la satisfaction de

    la communaut (0,631). Ce premier axe

    exprime, selon nous, la mission de services des

    tablissements.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    15PERFORMANCE ORGANISATIONNELLE

    Le deuxime axe, en combinant la rentabilit

    financire (0,841), la comptitivit (0,759) et la

    satisfaction des organismes rgulateurs (-0,646),

    semble traduire la gestion des fonds.

    Le troisime axe traite de la mobilisation des

    employs (-0,656), compte tenu de limportance

    de ce critre, tant il exprime le degr dintrt

    manifest par les employs pour leur travail

    ainsi que les efforts accomplis pour atteindre

    les objectifs.

    Lexamen de la matrice des corrlations fait

    apparatre des liens forts entre la qualit du

    service et les critres qui reprsentent la

    valeur des ressources humaines que sont :

    le dveloppement des employs (0,768), le

    rendement des employs (0,703) et le climat de

    travail (0,745). Ceci rvle que dans la perception

    du directeur, il y a un lien troit entre la valeur des

    individus et la qualit des services rendus.

    Par ailleurs, il y a parfaite corrlation entre la

    productivit, le rendement des employs, la

    satisfaction de la clientle et la satisfaction de

    la communaut. La combinaison de ces critres

    se retrouve sur le premier axe qui reprsente,

    lui seul, 45,49% de linertie du nuage. Ces

    corrlations corroborent avec les modles

    thoriques qui soutiennent que la qualit des

    services est fortement associe aux interactions

    entre le personnel en contact et la clientle (Alis,

    Hourquet, 1994).

    Il nen demeure pas moins que nous navons

    pas retrouv les dimensions dfinies par les

    concepteurs du modle. Nous dduisons que

    les directeurs interrogs contextualisent le

    modle ; aussi nous appartient-il de dterminer

    les critres qui priment pour les directeurs

    cibls ?

    Du point de vue des directeurs, les critres

    proposs par Morin et al (1994) semblent

    difficilement transposables dans le contexte des

    succursales bancaires. Ceci ne diminue en rien

    lintrt du modle et la pertinence des critres

    slectionns.

    Dans notre questionnaire, nous avons demand

    aux directeurs de reconstituer les dimensions

    originelles du modle. La construction laquelle

    ils sont parvenus sen loigne. Des observateurs

    extrieurs au secteur auraient peut-tre abouti

    une autre reprsentation. Ainsi, il y a lieu de se

    poser la question de savoir si les reprsentations,

    construites par nos directeurs cibls, auraient t

    identiques sils avaient t interrogs au moment

    de la ngociation des budgets par exemple. Une

    question qui mrite dtre pose et approfondie

    par des travaux futurs, dautant que notre

    chantillon est constitu dtablissements de

    petite taille, pilots par des quipes rduites qui

    ont, par consquent, une vision plus synthtique

    de la performance, rduisant ainsi le nombre

    de dimensions proposes par les concepteurs

    du modle.

    Ainsi, il semble intressant de nous interroger

    sur ce qui est important pour atteindre lobjectif

    de performance dans les banques.

    3-2 Performance et gestion des moyens

    humains et financiers

    En prenant en ligne de compte les seuls critres

    dont le coefficient de corrlation est suprieur

    0,50, nous observons que les critres qui sont

    associs la performance organisationnelle

    sont la qualit du service, le dveloppement

    des employs, le climat de travail, le rendement

    des employs, lconomie des ressources et la

    productivit.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    16 Recherches en comptabilit et finance

    Tous ces critres, exception faite de celui de

    la qualit du service, expriment la valeur des

    ressources humaines et lefficience conomique.

    De ceci, il dcoule que ces deux dimensions

    sont plus fortement lies la performance

    organisationnelle dans les tablissements

    bancaires, et que laction du directeur est

    principalement oriente vers la gestion efficace

    des moyens humains et financiers.

    Ainsi, laisance financire, la comptitivit et la

    satisfaction des organismes rgulateurs sont des

    critres qui sont indpendants de la performance

    organisationnelle.

    Le lien semble solide entre la performance et

    la gestion des moyens et, particulirement,

    la gestion des ressources humaines mme si

    lefficience conomique et la qualit du service

    restent des critres essentiels pour la survie des

    banques.

    Tableau 2 : Matrice des corrlations entre

    la performance organisationnelle et les

    critres de performance

    Prennit de

    lorganisationQualit du service Rentabilit financire Comptitivit

    Performance organ. 0,850 0,239 0,462

    Valeurs des RHMobilisation des

    employsClimat de travail

    Rendement des

    employs

    Dveloppement des

    employs

    Performance organ. 0,467 0,734 0,852 0,868

    Efficience

    conomique

    Economie des

    ressourcesProductivit

    Performance organ. 0,851 0,709

    Lgitimit de

    lorganisation

    Satisfaction des

    actionnaires

    Satisfaction de la

    clientle

    Satisfaction des

    rgulateurs

    Satisfaction de la

    communaut

    Performance organ. 0,462 0,808 0,437 0,631

    lexamen de ce tableau, on constate que la

    vision positive que peuvent avoir des directeurs

    de la performance dans ce secteur est cohrente

    avec lobjectif dun haut rendement des employs

    et lassurance dune grande qualit de service,

    qui doivent tre combins avec un climat de

    travail satisfaisant. Reste relever que si les

    quatre dimensions du modle taient difficilement

    perceptibles aux directeurs dans labsolu, les

    critres, dans leur relation la performance,

    restituent mieux larchitecture du modle de

    Morin et al (1994).

    Conclusion

    Notre dmarche ambitionne de participer un

    vaste mouvement dinterrogation sur le lien

    entre les pratiques de GRH et la performance

    organisationnelle dans un contexte bien

    particulier, celui des banques. Les conclusions

    auxquelles nous sommes parvenus viennent

    appuyer les analyses thoriques et conforter les

    tudes exploratoires qui font du management

    social un facteur de succs.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    17PERFORMANCE ORGANISATIONNELLE

    Les rponses obtenues attestent dune

    conscience aigue de limpact de la GRH. Au-

    del de la mission dadministration, il apparat

    que le management des ressources humaines

    rentre dans les missions prioritaires dun directeur

    et que de son point de vue, la performance est

    peu dpendante de la mobilisation des employs

    et fortement corrle avec les autres valeurs

    des ressources humaines (climat de travail,

    rendement et dveloppement des employs).

    Quant la performance, elle signifie avant tout,

    pour lui, la qualit du service rendu ; elle est

    aussi le rsultat visible de laction (par la qualit

    des services rendus aux tiers notamment), et de

    lengagement dans laction. Toutefois, force est

    de constater que les critres privilgis (qualit

    du service, rentabilit financire et comptitivit)

    tmoignent dun management qui vise garantir

    la prennit de lorganisation, dautant que

    la concurrence sattise dans ce secteur, et

    il est instructif de constater que le critre de

    comptitivit peut tre, dornavant, mis en avant

    par certains directeurs.

    Ds lors, peut-on expliquer plus de performance

    organisationnelle par plus dimplication en

    matire de GRH, et quelles sont les variables

    qui expliquent, plus que dautres, la performance

    organisationnelle ?

    Nanmoins, cette tude ne prtend pas avoir

    apport des rponses dfinitives et exhaustives

    la problmatique souleve. En effet, plusieurs

    lments limitent sa porte. Tout dabord, les

    critres retenus ne sont de toute vidence pas

    les seuls contribuer au renforcement de la

    performance. Nos rsultats ne font donc pas le

    tour de tous les moyens dactions du dirigeant

    dans ce cadre. Il conviendrait ainsi didentifier

    des critres complmentaires, notamment dans

    les champs de la justice organisationnelle et de

    la dlgation de pouvoir.

    Par ailleurs, la taille rduite de notre chantillon

    ne permet pas de gnraliser nos rsultats de

    manire affirme.

    Enfin, nous devons noter le caractre statique de

    notre approche de la performance.

    Notre choix dune perspective transversale

    ne permet pas de rendre compte de toute la

    dynamique du processus de dveloppement de

    la performance dans le temps. Le dpassement

    de cette approche statique et unilatrale de la

    performance pourrait notamment soprer en

    recourant une mthodologie qualitative, et

    en incluant la vision du dirigeant lui-mme des

    phnomnes en jeu. Dans cette optique, nous

    pensons que lutilisation de cartes cognitives

    serait susceptible de procurer des enseignements

    complmentaires.

    Ces prolongements envisags permettraient

    sans doute denrichir notre premire approche

    de ce thme.

    Bibliographie :

    Alouane Y (1997), Gestion des ressources

    humaines, Stiftung, Tunis.

    Allouche, J. et Laroche, P. (2005), A meta-analytical

    investigation of the relationship between corporate social

    and financial performance, revue de Gestion des

    Ressources Humaines, vol. 57, pp. 18-40.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    18 Recherches en comptabilit et finance

    Becker. B., Huselid, M., Pickus, P. et Spratt, M.

    (1997), Human resource as a source of shareholder

    value research and recommendation, Human Resource

    Management, vol 36, n1. pp.39-47.

    Belanger L., Benabou C., Bergeron J-L., Foucher R

    et Petit A. (1988), Gestion stratgique des ressources

    humaines, Bourcherville, Gaetan Morin.

    Carrire, J. et Barrette, J. (2005) Gestion des

    ressources humaines et performance de la firme capital

    intellectuel lev : une application des perspectives de

    contingence et de configuration, Canadian Journal of

    Administrative Sciences 22, 4, ABI/INFORM Global.

    Denis, J.G. (2004), Pratiques de gestion des

    ressources humaines applicables au personnel

    hautement qualifi, rapport final Attraction Mobilisation

    et Rtention du Personnel Qualifi, universit Laval,

    pp.100-132.

    Fabi, B., Martin, Y et Valois, P. (1999), Favoriser

    lengagement organisationnel des personnes uvrant

    dans les organisations en transformation, Revue

    Franaise de Gestion, n 3, vol 24, automne, pp.102-

    113.

    Igalens, J. (1999), Reingeenering des ressources

    humaines : la GRH et la performance globale,

    Personnel, n 397, Mars 1999.

    Igalens, J. et Gond, J.P. (2003), La mesure de

    la performance sociale de lentreprise : une analyse

    critique et empirique des donnes ARESE, Revue

    franaise de Gestion des Ressources Humaines,

    n 50, pp. 111-130.

    Galambaud B (2003), Lallocation des ressources

    au cur de la stratgie des ressources humaines,

    Vuibert.

    Guy, A., Thucker, Tellier, G. et Arcand, M. (2005),

    Impact des pratiques de GRH sur la performance

    organisationnelle des entreprises de gestion de projet

    Revue Internationale sur le travail et la Socit, fvrier,

    vol 3, n 1, pp. 107-128.

    Laval. F. et Kalika, M. (2005), Les technologies de

    linformation et de la comminication (TIC) et la fonction

    Ressources Humaines (RH), cahier franais, n 333.

    Laval, F. et Kalika, M. (2006), E-Management et

    Ressources Humaines, contribution la deuxime

    dition de lEncyclopdie des Ressources Humaines,

    coordonne par J. Allouche, Paris, Vuibert.

    Le Bouloire, M et Retour, D. (2008), Gestion des

    comptences, stratgie et performance de lentreprise :

    Quel est le rle de la fonction RH, Revue de Gestion

    des Ressources Humaines octobre-dcembre.

    Mercier, E. et Schmidt, G. (2004), Gestion des

    Ressources Humaines, Pearson ducation.

    Morin E M , Savoie A , Beaudin G (1994),

    Lefficacit de lorganisation : thorie, reprsentations

    et mesures, Montral, Gaetan Morin diteur.

    Peretti, J. M. (2002), Ressources Humaines et

    Gestion du personnel, 4me dition, Vuibert.

    Plane J. M. (2004), La gestion des ressources

    humaines, Economica.

    Peretti, J. M. (2002), Ressources Humaines et

    Gestion du personnel, 4me dition, Vuibert.

    Sukanya S. (2008), The Impact of employee-

    share-ownership schemes on performance in unionized

    and non-unionized workplaces, Industrial Relations

    Journal, 39:3, pp. 170-190.

    Surroca, J. et Tribo, J.A. (2008), Managerial

    entrenchment and corporate social performance,

    Journal of Business Finance and Accounting, vol. 35,

    n 5-6, pp. 748-789.

    Wu, M-L. (2006), Corporate social performance,

    corporate financial performance, and firm size : A meta-

    analysis, Journal of American Academy of business,

    Cambridge. Hollywood, Mars 2006, vol. 8, n 1.

    Zghal R (2000), Gestion des resources

    humaines : les bases de la gestion prvisionnelle et de

    la gestion stratgique, CPU.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    19DIVULGATION VOLONTAIRE

    DIVULGATION VOLONTAIRE

    PAR INES BAKLOUTI &WALID KHOUFI

    Analyse de l'effet de l'endettement sur le niveau de divulgation volontaire : Cas des entreprises tunisiennes

    1. Introduction

    Avec lapparition des scandales financiers et comptables,

    aux Etats-Unis (Enron en 2002, Tyco en 2002, Worldcom en

    2002), en Europe (Parmalat en Italie en 2003, Ahold aux Pays-

    Bas en 2002) et en Tunisie (Batam en 2003), linformation est

    devenue un ingrdient de base pour reprendre la confiance

    des investisseurs. La fiabilit et la pertinence de linformation

    divulgue par les entreprises constituent aujourdhui des

    critres dterminants la prise de dcision.

    De plus, les changements affectant lenvironnement, la

    complexit des affaires et le dveloppement des marchs

    financiers ont fait voluer la demande en information

    additionnelle des investisseurs. Face cette situation,

    les entreprises ont essay damliorer le niveau de leur

    divulgation et notamment celle de la divulgation volontaire.

    Lorsque la divulgation nest pas exige par une rgle

    lgale (divulgation volontaire), il y a une disparit dans les

    informations communiques. En effet, mme en oprant dans

    des contextes semblables, les entreprises nont pas la mme

    politique de divulgation.

    Depuis lapparition des scandales fi-

    nanciers et comptables, la politique de

    communication financire, notamment la

    divulgation volontaire de linformation, a

    acquis un rle important dans la restau-

    ration de la confiance des investisseurs.

    Cette tude examine la relation entre

    lendettement et le niveau de divulgation

    volontaire dans les rapports annuels, et

    tend vrifier si la stratgie de lentreprise

    en matire de loffre volontaire dinforma-

    tions dpend du type dendettement, priv

    ou public. Le recours des donnes de

    panel sur un chantillon de 120 observa-

    tions entreprise - anne durant la priode

    allant de 2003 2007, montre que len-

    dettement na pas deffet significatif sur

    le niveau de divulgation volontaire. Par

    contre, les entreprises ayant fait recours

    lendettement public, communiquent

    plus dinformations dans leurs rapports

    annuels que les entreprises ayant fait

    recours lendettement priv.

    Mots cls : Divulgation volontaire -

    Endettement - Endettent priv - Endettement

    public.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    20 Recherches en comptabilit et finance

    Cest pourquoi plusieurs courants de recherches

    ont t mens pour tenter dexpliquer le

    comportement des entreprises en matire

    de divulgation volontaire. Le premier courant

    renferme les tudes qui ont essay dexpliquer

    pourquoi certaines firmes divulguent plus

    dinformations que dautres. Ces recherches

    parviennent confirmer limpact significatif de

    la divulgation volontaire minimiser les cots

    dagence, les cots de proprit et les cots de

    litige (Jensen et Meckling, 1976). Un deuxime

    courant de recherche tablit un lien entre la

    divulgation volontaire et les mcanismes de

    gouvernance. Ces tudes ont essay dexaminer

    limpact des mcanismes de gouvernement

    dentreprise, comme moyen de contrle, sur

    le niveau de divulgation volontaire (Charreaux,

    2000 ; Haniffa et Cooke, 2002). Dautres

    recherches ont mis laccent sur les facteurs

    dterminants de la variation de la divulgation

    volontaire. Cette divergence est explique par

    un ensemble de facteurs tel que : la taille de la

    firme, lendettement, la performance financire, la

    structure de proprit, la taille du cabinet daudit,

    le secteur dactivit (Zghal et Ghorbel, 2006 ;

    Eng et Mak, 2003 ; Haniffa et Cooke, 2002 ;

    Depoers, 2000 ; Raffournier, 1995).

    Lenvironnement conomique des entreprises

    tunisiennes est influenc par la mondialisation

    qui impose en plus des conditions defficacit, de

    comptitivit et de qualit, une transparence de la

    situation financire et conomique ncessaire pour

    lestimation des risques en cours. Ainsi, un niveau

    important de la divulgation volontaire garantit la

    satisfaction et lattraction des investisseurs pour

    investir dans des projets rentables.

    Le contexte tunisien est caractris par une

    conomie dendettement. Il savre alors

    intressant de clarifier la relation existante entre

    le financement par endettement et la divulgation

    volontaire de linformation.

    Cette tude est motive dune part, par

    limportance que revt la divulgation volontaire

    dans le monde entier et surtout dans les pays

    mergeants et, dautre part, par le manque de

    travaux qui ont trait ce thme dans le cadre dun

    march tunisien en particulier.

    La suite de cette recherche sera organise

    comme suit : la deuxime section prsentera

    lobjectif et les hypothses de la recherche.

    La troisime section exposera la mthodologie

    adopte. La quatrime section synthtisera nos

    principaux constats empiriques. La cinquime

    section conclut.

    2. Objectif et hypothses de la

    recherche

    Notre recherche a pour objet danalyser leffet

    de lendettement sur le niveau de divulgation

    volontaire de linformation dans les rapports

    annuels des socits cotes la Bourse des

    Valeurs Mobilires de Tunis (BVMT).

    En dautres termes, nous visons examiner

    les consquences du financement par

    endettement sur les informations communiques

    volontairement dans les rapports annuels, et

    vrifier si la stratgie de lentreprise en matire

    de loffre volontaire dinformations dpend du type

    dendettement, priv ou public.

    Nous nous sommes bass sur les propositions de

    la thorie dagence, la thorie des cots politiques

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    21DIVULGATION VOLONTAIRE

    et la thorie du signal afin de dvelopper les

    hypothses de notre recherche.

    Les travaux de Jensen et Meckling (1976) et

    Smith et Warner (1979) dans le cadre de la

    thorie dagence, soulignent lexistence des

    cots dagence en cas daugmentation des

    dettes. En effet, le recours lendettement

    peut donner naissance des conflits dintrts

    entre actionnaires et cranciers, puisque durant

    la relation du crdit, les cranciers peuvent

    se trouver, par manque dinformation, dans

    lincapacit de vrifier exactement les efforts

    de lentreprise. Afin dviter ces risques, les

    cranciers engagent des cots, appels cots

    dagence des dettes, pour prvoir les cash flows

    de lentreprise et sa capacit de remboursement.

    Donc, lendettement entrane une augmentation

    des cots dagence des dettes.

    En diffusant des informations aux del des

    exigences rglementaires, divulgation volontaire,

    ncessaires lvaluation du respect des

    engagements contractuels entre actionnaires

    et cranciers et pour sassurer de la solvabilit

    de lentreprise, les dirigeants vont mettre en

    confiance les cranciers et montrent quils

    dcident au mieux de leurs intrts, ce qui permet

    de rduire les conflits dintrts et les cots

    dagence des dettes.

    En se rfrant la thorie dagence, Jensen

    et Meckling (1976), la divulgation volontaire

    constitue un moyen efficace pour rduire les

    conflits dintrts entre actionnaires et cranciers

    et les cots dagence des dettes.

    Dun autre volet, lendettement augmente le risque

    financier de lentreprise qui est positivement

    corrl avec le risque de faillite. Ainsi, lentreprise

    se trouve dans une situation de difficults

    financires qui, mme si elle ne constitue pas

    encore la faillite, risque fort dtre suivie par elle.

    Comme le risque constitue lun des indicateurs

    de la visibilit politique alors plus lendettement

    augmente plus la visibilit politique de lentreprise

    augmente aussi (Raffournier, 1990).

    Les dtenteurs du pouvoir politique ont pour

    rle essentiel la redistribution de la richesse

    entre les membres de la population. Donc, le

    souci des gouvernants consiste trouver les

    agents conomiques ayant les capacits de

    financement pour effectuer les prlvements.

    Pour que lentreprise ne fasse pas lobjet de

    ces prlvements supplmentaires, il est dans

    son intrt de rduire sa visibilit politique

    (Raffournier, 1990). Ainsi, les dirigeants sont

    incits publier volontairement de linformation

    pour amliorer limage de lentreprise, dissimuler

    une partie de sa richesse et pour viter les actions

    politiques qui seraient nfastes la firme.

    Selon la thorie des cots politiques, la divulgation

    volontaire constitue un moyen pour grer la

    visibilit politique de lentreprise.

    Dautre part, Watson et al. (2002) ont indiqu

    que les dirigeants possdent de linformation

    que les investisseurs n'ont pas. Cette asymtrie

    dinformation ne peut tre rduite que si la partie

    ayant linformation va la signaler aux autres.

    Donc la signalisation peut tre dfinie comme

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    22 Recherches en comptabilit et finance

    tant une raction lasymtrie dinformation

    dans les marchs.

    Levasseur et Quintart (2000) affirment que le

    principal message en finance, outre la distribution

    de dividende, concerne la structure du capital et

    le degr dendettement.

    La dette est donc considre comme un signal

    positif pour le march financier. En effet, plus

    lendettement augmente, plus les besoins de

    signalisation augmentent et par la suite les

    dirigeants vont procder la divulgation volontaire

    de linformation concernant lendettement pour

    mettre des signaux pertinents au march

    financier et rduire lasymtrie dinformation.

    Ds lors, nous formulons lhypothse suivante :

    H1 : Lendettement a un effet positif sur le

    niveau de divulgation volontaire dans les

    rapports annuels.

    Williamson (1988) a mis en vidence leffet

    des diffrentes formes de financement sur les

    stratgies de divulgation dinformation adoptes

    par les entreprises. La diffrence dans le niveau

    de diffusion dinformation a t explique par la

    diffrence entre les deux formes de financement :

    emprunt indivis et obligataire.

    Dans ce cadre, Shleifer et Vichny (1997) affirment

    que le niveau des informations diffuses par les

    entreprises dpend de lincertitude des contrats

    de gouvernance des diffrentes formes de

    financement.

    Ces auteurs ont montr que lorsquune grande

    proportion des dettes est indivis , endettement

    priv ou bancaire, les cranciers peuvent

    exercer un contrle direct de la gestion de

    lentreprise travers la participation dans le

    conseil dadministration et par laccs prioritaire

    linformation, ce qui entrane une rduction

    importante de lasymtrie informationnelle,

    ainsi le besoin dune information divulgue

    volontairement est faible.

    Par contre, lors du recours au march financier,

    endettement public, les dtenteurs dobligations

    sont tellement disperss, multiples et non

    coordonns quil serait difficile lentreprise

    de communiquer avec eux, et donc ils nauront

    accs qu linformation publique gnralement

    bruite et pas trs crdible. Donc, le rle de

    lemprunt obligataire dans la rduction de

    lasymtrie informationnelle est beaucoup plus

    faible que joue le financement par dette bancaire,

    ainsi, le besoin dune information divulgue

    volontairement est trs important.

    Il en vient les deux hypothses suivantes :

    H2a : Plus le niveau dendettement priv de

    lentreprise est lev, plus la divulgation

    volontaire de linformation sera faible.

    H2b : Plus le niveau dendettement public

    de lentreprise est lev, plus la divulgation

    volontaire de linformation sera importante.

    3. Mthodologie de recherche

    3.1. Echantillon et collecte des

    donnes

    Dans cet article, nous nous intressons aux

    socits cotes la bourse des valeurs mobilires

    de Tunis.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    23DIVULGATION VOLONTAIRE

    Les donnes relatives aux socits cotes sont

    collectes partir de leurs tats financiers publis

    aux bulletins officiels et/ou partir des prospectus

    dmission disponibles au conseil du march

    financier de Tunis, pour une priode allant de

    2003 2007.

    Notre chantillon de dpart se compose de

    49 entreprises cotes oprant dans plusieurs

    secteurs dactivits.

    Les entreprises appartenant au secteur

    financier comme les banques, les compagnies

    dassurances, les socits dinvestissement et de

    placement des valeurs mobilires ont t exclues

    compte tenu de la spcificit des rgles relatives

    la prparation et la prsentation de leurs tats

    financiers. Compte tenu de la non disponibilit

    des informations, nous avons exclu davantage

    3 autres entreprises.

    Ainsi, lchantillon final de notre tude est

    compos de 24 entreprises cotes la bourse

    des valeurs mobilires de Tunis.

    Le tableau suivant prsente la procdure de la

    slection de lchantillon final.

    Tableau 1 : Procdure de la slection

    de lchantillon final

    EchantillonEntreprises

    cotes

    Echantillon de dpart 49

    Les banques, les assurances, les socits de leasing et les OPCVM.

    22

    Les entreprises dont les informations ne sont pas disponibles.

    3

    Echantillon final 24

    Le tableau suivant expose une description de

    lchantillon par secteur dactivit.

    Tableau 2 : Rpartition par secteur dactivit de

    lchantillon final

    Secteur dactivitNombre den-

    treprises

    * Industrie 18

    * Commerce 2

    * Communication 1

    * Transport 1

    * Tourisme 1

    * Ptrolier 1

    * Total 24

    3.2. Mesure du niveau de la divulgation

    volontaire

    Pour la mesure de ltendue de la divulgation

    volontaire, nous avons employ lindice dvelopp

    par Eng et al. (2001). En effet, ces auteurs jugent

    que leur indice, bien que bas sur une approche

    semblable celle de Botosan (1997), est mieux

    adapt aux recherches menes dans les pays

    en dveloppement. En fin de compte, lindice est

    form de trois catgories dinformations :

    Les informations stratgiques ;

    Les informations non financires ;

    Les informations financires.

    La mthode de quantification de Eng et al. (2001)

    est la suivante :

    En gnral, un point est accord pour toute

    information gnrale.

    Deux points sont accords si des informations

    quantitatives sont aussi fournies.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    24 Recherches en comptabilit et finance

    Trois points sont allous si des donnes

    plus dtailles sont fournies, que ce soit des

    informations quantitatives ou qualitatives.

    Pour les informations sur les nouvelles

    ralisations, un point est accord pour les firmes

    qui fournissent simplement de telles informations.

    Trois points sont allous pour toute information

    quantitative. Cinq points sont attribus pour des

    informations plus dtailles.

    Dans notre tude, le niveau de divulgation

    volontaire est calcul comme suit :

    n

    DIVi = SCOREij j = 1

    O :

    DIVi : est le niveau de la divulgation volontaire

    pour la firme i,

    SCOREij : correspond au total des points

    accords la firme i pour les catgories

    dinformations j.

    3.3. Mesure des variables explicatives

    Variables indpendantes

    La variable indpendante est lendettement. Le

    niveau dendettement est mesur par le ratio total

    des dettes financires/actif total.

    Compte tenu de notre problmatique, nous

    avons besoin dautres mesures pour faire la

    distinction entre leffet de lendettement priv et

    lendettement public sur le niveau de divulgation

    volontaire.

    Le niveau dendettement priv est mesur par le

    ratio dettes bancaires/actif total.

    Concernant lendettement public, cest une

    variable dichotomique qui prend la valeur 1 si

    lentreprise met un emprunt obligataire et la

    valeur 0 sinon.

    Variables de contrle

    Deux variables de contrle sont introduites :

    - Taille de lentreprise : Elle est mesure par le

    logarithme naturel du total des actifs.

    - Secteur dactivit : Il sagit dune variable

    dichotomique qui prend la valeur 1 si lentreprise

    appartient au secteur industriel et 0 si lentreprise

    appartient un autre secteur.

    Le tableau suivant rsume les indicateurs utiliss

    pour les variables explicatives.

    Tableau 3 : Mesures utilises pour les variables

    explicatives et relations anticipes avec le niveau

    de divulgation volontaire

    Variable Construit Mesure utilise Signe attendu

    END Niveau dendettementRapport : dettes financires totales sur actif total

    (Raffournier, 1995).+

    EB Endettement bancaire Rapport : dettes bancaires sur actif total. -

    EOB Emprunt obligataireVariable binaire code 1 sil y a mission demprunt

    obligataire, 0 sinon.+

    T TailleLogarithme nprien du total actif.

    (Raffournier, 1995).+

    SA Secteur dactivitVariable binaire code 1 si lentreprise est industrielle,

    0 sinon. (Raffournier, 1995).+

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    25DIVULGATION VOLONTAIRE

    3.4. Dmarche statistique

    Lanalyse multivarie constitue ltape la plus

    intressante de ltude puisquelle permet de

    juger de leffet des diffrentes variables prises

    dans leur ensemble. Les donnes seront traites

    avec le logiciel statistique STATA.

    Avant daborder cette analyse, il faut vrifier la

    multicolinarit entre les variables explicatives.

    En cas dabsence de problme, nous pouvons

    introduire toutes les variables explicatives

    simultanment au modle. Par la suite, le test

    dhomognit des constantes est ncessaire

    pour savoir si lestimation sera faite par la mthode

    des moindres carrs ordinaires (MCO) ou bien en

    utilisant des donnes de panel. Ensuite, une tude

    des effets individuels est mene travers le test

    dHausman. Il nous permet de discriminer entre

    les effets fixes (estimation Within) et alatoires

    (estimation par la mthode des moindres carrs

    gnraliss, MCG). Finalement, prsenter les

    rsultats dgags la suite de lestimation de

    nos modles empiriques.

    Pour ce faire, et afin de vrifier les hypothses

    de notre recherche, nous utilisons en premier

    lieu un modle gnral qui tudie la relation

    entre le niveau de la divulgation volontaire

    (variable dpendante), lendettement mesur

    par le ratio : dettes financires/actif total (variable

    indpendante), et la taille et le secteur dactivit

    comme variables de contrle.

    Ainsi, le modle (1) est le suivant :

    DIVit = 0 + 1 ENDit + 2 log Tit + 3 SAit + it (1)

    Pour faire la distinction entre l effet de

    lendettement priv et leffet de lendettement

    public sur le niveau de la divulgation volontaire,

    nous utilisons un autre modle qui tudie la

    relation entre le niveau de la divulgation volontaire

    (variable dpendante), lendettement priv,

    lendettement public (variables indpendantes),

    et la taille et le secteur dactivit comme variables

    de contrle.

    Ainsi, le modle (2) est le suivant :

    DIVit = 0 + 1 EBit + 2 EOBit + 3 log Tit

    + 4 SAit + it (2)

    Avec :

    DIV : Le niveau de la divulgation volontaire.

    END : Le niveau dendettement, (modle 1).

    EB : Endettement bancaire, (modle 2).

    EOB : Emprunt obligataire, (modle 2).

    T : Taille de lentreprise.

    SA : Secteur dactivit de lentreprise.

    : Le terme derreur.

    0 : La constante.

    i : Les paramtres estimer.

    4. Rsultats empiriques

    4.1. Multicolinarit des variables

    indpendantes

    Afin de vrifier que les variables indpendantes

    ne sont pas ou peu corrles entre elles, nous

    examinons les coefficients de corrlation de

    Pearson. Une corrlation est considre comme

    importante si le coefficient de Pearson est

    suprieur 0,8.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    26 Recherches en comptabilit et finance

    Lannexe (1) montre que tous les coefficients

    de corrlation de Pearson, aussi bien pour le

    modle (1) que le modle (2), ne dpassent pas

    0,8 donc la corrlation entre les variables est

    acceptable.

    4.2. Test de spcification

    Afin de choisir la mthode destimation adapte,

    il est ncessaire de distinguer leffet spcifique

    de leffet commun. Le test dhomognit des

    constantes qui permet daccepter ou de rejeter

    lhypothse dgalit des i rpond parfaitement

    ce sujet. Ainsi, deux cas se prsentent :

    Lestimation se fait par MCO, lorsque la

    probabilit dacceptation de lhypothse nulle

    dgalit des constantes i est suprieure 5%

    et on parle dun effet commun.

    Lestimation se fait en utilisant des donnes

    de panel, lorsque la probabilit dacceptation

    de lhypothse nulle dgalit des constantes

    i est infrieure 5% et on parle dun effet

    spcifique.

    Lannexe (2) prsente les rsultats des tests de

    spcifications relatifs aux modles (1) et (2).

    Les tests dhomognit des constantes montrent

    que les P values (sig) des deux modles

    sont infrieurs au seuil de 5%, donc pour ce

    seuil on rejette lhypothse nulle dgalit des

    constantes. Cela indique quil existe un effet

    spcifique individuel mesur travers les i et

    que lestimation des modles (1) et (2) se fait en

    utilisant des donnes de panel.

    4.3. Etude des effets individuels

    Le test de spcification nous a permis de conclure

    quil existe un effet spcifique individuel pour le

    modle (1) et le modle (2). Ainsi, il est important

    de spcifier les effets individuels.

    Pour ce faire, Hausman (1978) propose un

    test qui permet de dcider quelle mthode

    destimation est prfrer. Il nous permet ainsi

    de discriminer entre les effets fixes (estimation

    Within) et alatoires (estimation MCG). Ainsi,

    deux cas se prsentent :

    Lestimation se fait par lestimateur MCG

    lorsque la probabilit dacceptation de lhypothse

    nulle, qui prvoit que lestimateur MCG est

    meilleure que lestimateur Within, est suprieure

    5%.

    Lestimation se fait par lestimateur Within

    lorsque la probabilit dacceptation de lhypothse

    nulle, qui prvoit que lestimateur MCG est

    meilleure que lestimateur Within, est infrieure

    5%.

    Lannexe (3) prsente les rsultats des tests

    des effets individuels relatifs aux modles (1) et

    (2) et montrent que les P values dpassent

    les 5%. Donc on opte pour les modles effets

    alatoires et lestimation par MCG, aussi bien

    pour le modle (1) que le modle (2).

    4.4. Rsultats de lestimation des

    modles

    Les rsultats destimation du modle (1) :

    DIVit = 0 + 1 ENDit + 2 log Tit + 3 SAit + it

    rcapituls dans le tableau (4), montrent que :

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    27DIVULGATION VOLONTAIRE

    La taille de lentreprise est positivement

    corrle avec le niveau de la divulgation volontaire

    de linformation. Le coefficient de la variable (T)

    est positif et significatif au seuil de 10%, ceci

    montre que laugmentation de la taille influence

    le niveau de divulgation volontaire la hausse.

    Notre rsultat vient confirmer les affirmations

    de Chow et Wong-Boren (1987), Houssain

    et al. (1995), Raffournier (1995) et Botosan

    (1997) qui stipulent une relation positive entre la

    taille de lentreprise et le niveau de divulgation

    volontaire. Cette conformit la thorie est

    attribue aux postulats avancs par Jensen et

    Meckling (1976) : les grandes entreprises sont

    plus complexes et subissent, par consquent, des

    cots dagence plus levs, ainsi les dirigeants

    divulguent plus de linformation volontaire pour

    rsoudre ces problmes dagence.

    Donc, nous pouvons affirmer que les dirigeants

    des entreprises tunisiennes de grande taille

    divulguent volontairement plus de linformation

    que celles de petite taille.

    Concernant le secteur dactivit, les rsultats

    taient conformes nos prdictions ; en effet,

    le secteur dactivit est positivement corrl

    avec le niveau de la divulgation volontaire de

    linformation. Le coefficient de la variable (SA) est

    positif et significatif au seuil de 1%, ceci montre

    que le secteur industriel favorise la divulgation

    volontaire de linformation.

    Notre rsultat vient confirmer les affirmations de

    Haniffa et Cooke (2002) et Raffournier (1995) qui

    stipulent que les entreprises industrielles affichent

    un niveau de divulgation plus important que celles

    oprant dans dautres secteurs.

    Ainsi, nous pouvons affirmer que les dirigeants

    des entreprises industriel les divulguent

    volontairement plus de linformation que les

    entreprises oprant dans dautres secteurs.

    Contrairement lhypothse H1, il nexiste

    pas de relation significative entre le niveau

    dendettement de lentreprise et la divulgation

    volontaire de linformation. Le coefficient de la

    variable (END) est positif mais non significatif,

    ceci montre que le niveau dendettement na

    pas dinfluence sur le niveau de la divulgation

    volontaire. Ainsi, lhypothse H1 est infirme. Ceci

    confirme les travaux de Chow et Wong-Boren

    (1987), Raffournier (1995) et Depoers (2000)

    qui stipulent labsence de relation significative

    entre lendettement et la divulgation volontaire.

    Ainsi, ce rsultat infirme les arguments avancs

    par la thorie dagence, la thorie des cots

    politiques et la thorie du signal qui affirment que

    laugmentation du niveau dendettement entrane

    laugmentation du niveau de la divulgation

    volontaire de linformation.

    Donc, nous pouvons affirmer que les dirigeants

    des entreprises tunisiennes naccordent pas

    dimportance au niveau dendettement pour

    divulguer volontairement de linformation.

    Tableau 4 : Rsultats de lestimation du modle (1)

    DIVit = 0 + 1 ENDit + 2 log Tit + 3 SAit + itVariables Coefficient Significativit

    END 8,246 0,295

    T 2,883* 0,096

    SA 27,613*** 0,000

    END (niveau dendettement), T (taille de lentreprise),

    SA (secteur dactivit)

    Avec :

    * Coefficient significatif 10%.

    *** Coefficient significatif 1%.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    28 Recherches en comptabilit et finance

    Les rsultats destimation du modle (2)

    DIVit = 0 + 1 EBit + 2 EOBit + 3 log Tit + 4 SAit + it

    rcapituls dans le tableau (5), montrent que :

    Contrairement nos prdictions, il nexiste

    pas de relation significative entre la taille

    de lentreprise et le niveau de la divulgation

    volontaire de linformation. Le coefficient de la

    variable (T) est positif mais non significatif. Notre

    rsultat vient infirmer les affirmations de Chow

    et Wong-Boren (1987), Houssain et al. (1995),

    Raffournier (1995) et Botosan (1997) qui stipulent

    une relation positive entre la taille de lentreprise

    et le niveau de divulgation volontaire.

    Concernant le secteur dactivit, les rsultats

    taient conformes nos prdictions ; en effet,

    le secteur dactivit est positivement corrl

    avec le niveau de la divulgation volontaire de

    linformation. Le coefficient de la variable (SA) est

    positif et significatif au seuil de 1%, ceci montre

    que le secteur industriel favorise la divulgation

    volontaire de linformation.

    Notre rsultat vient confirmer les affirmations de

    Haniffa et Cooke (2002) et Raffournier (1995) qui

    stipulent que les entreprises industrielles affichent

    un niveau de divulgation plus important que celles

    oprant dans dautres secteurs.

    Ainsi, nous pouvons affirmer que les dirigeants

    des entreprises industriel les divulguent

    volontairement plus de linformation que les

    entreprises oprant dans dautres secteurs.

    Contrairement lhypothse H2a, il nexiste

    pas de relation significative entre le niveau

    dendettement bancaire de lentreprise et

    la divulgation volontaire de linformation. Le

    coefficient de la variable (EB) est positif mais

    non significatif, ceci montre que le niveau

    dendettement bancaire na pas dinfluence

    significative sur le niveau de la divulgation

    volontaire.

    Donc, lhypothse H2a est infirme. Ce rsultat

    infirme les travaux de Shleifer et Vichny (1997)

    qui stipulent que lorsquune grande proportion

    des dettes est indivis , endettement priv

    ou bancaire, les cranciers peuvent exercer

    un contrle direct sur la gestion de lentreprise

    travers la participation dans le conseil

    dadministration et par laccs prioritaire

    linformation, ce qui entrane une rduction

    importante de lasymtrie informationnelle,

    ainsi le besoin dune information divulgue

    volontairement est faible.

    Donc, nous pouvons affirmer que lendettement

    bancaire na pas dinfluence significative sur le

    niveau de la divulgation volontaire de linformation

    pour les entreprises tunisiennes cotes.

    Concernant lendettement public, les rsultats

    taient conformes nos prdictions. En effet,

    lendettement public est positivement corrl

    avec le niveau de la divulgation volontaire de

    linformation. Le coefficient de la variable (EOB)

    est positif et significatif au seuil de 1%, ceci montre

    que lmission demprunt obligataire favorise la

    divulgation volontaire de linformation.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    29DIVULGATION VOLONTAIRE

    Donc, lhypothse H2b est confirme. Ce rsultat

    confirme les travaux de Shleifer et Vichny (1997)

    qui stipulent que lors du recours au march

    financier, endettement public ou emprunt

    obligataire, lentreprise ne peut bnficier dun

    audit et contrle rgulier comme dans le cas

    dun financement par dette bancaire. En effet, les

    dtenteurs dobligations sont tellement disperss,

    multiples et non coordonns quil serait difficile

    lentreprise de communiquer avec eux et donc

    ils nauront accs qu linformation publique,

    gnralement bruite et pas trs crdible. Il

    en rsulte que la capacit des investisseurs

    obligataires faire la part entre les bons et

    les mauvais projets est faible. En plus, mme

    pendant la dure du prt, il leur est difficile de

    contrler lutilisation des fonds par lentreprise.

    Ceci est d au fait que les investisseurs

    obligataires sont nombreux et nont accs qu

    peu dinformations prives sur lentreprise. Par

    ailleurs, le financement par emprunt obligataire

    engendre des cots inhrents la divulgation

    dinformations spcifiques lentreprise. Donc,

    le rle de lemprunt obligataire dans la rduction

    de lasymtrie informationnelle est beaucoup plus

    faible que joue le financement par dette bancaire,

    ainsi le besoin dune information divulgue

    volontairement est trs important.

    De surcrot, nous pouvons affirmer que les

    entreprises tunisiennes ayant fait recours

    lmission demprunts obligataires possdent un

    niveau de divulgation volontaire de linformation

    plus important que les autres entreprises.

    Tableau 5 : Rsultats de lestimation

    du modle (2)

    DIVit = 0 + 1 EBit + 2 EOBit + 3 log Tit + 4 SAit + it

    Variables Coefficient Significativit

    EB 2,016 0,797

    EOB 8,088* 0,063

    T 2,199 0,204

    SA 27,296*** 0,000

    EB (endettement priv), EOB (emprunt obligataire),

    T (taille de lentreprise), SA (secteur dactivit)

    Avec :

    * Coefficient significatif 10%.

    *** Coefficient significatif 1%.

    Comme conclusion cette section, nous

    prsentons sous forme de tableau les rsultats

    de notre analyse empirique dgags en utilisant

    des donnes de panel.

    Tableau 6 : Rcapitulatif des hypothses de la

    recherche et des rsultats

    Hypothses Validations

    H1 : Le niveau dendettement a un effet positif sur le niveau de divul-gation volontaire dans les rapports annuels.

    Infirme

    H2a : Plus le niveau dendette-ment priv de lentreprise est lev, plus la divulgation volontaire de linformation sera faible.

    Infirme

    H2b : Plus le niveau dendette-ment public est lev, plus la divul-gation volontaire de linformation sera importante.

    Confirme

    5. Conclusion

    Notre tude constitue un apport enrichissant

    de la documentation actuelle sur la divulgation

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    30 Recherches en comptabilit et finance

    volontaire. En effet, elle traite de limpact dun

    mode de financement particulier, savoir

    lendettement. Il prsente la principale source

    du financement externe pour les entreprises

    tunisiennes. Cependant, en se basant sur la

    thorie dagence, la thorie des cots politiques

    et la thorie du signal, lendettement semble

    gnrer, dans lentreprise, des changements de

    nature influencer son niveau de divulgation

    volontaire.

    Lobjectif de notre recherche est danalyser

    leffet de lendettement sur le niveau de la

    divulgation volontaire de linformation dans les

    rapports annuels des entreprises tunisiennes

    cotes. En dautres termes, nous visons

    examiner les consquences du financement par

    endettement sur les informations communiques

    volontairement, et vrifier si la stratgie de

    lentreprise en matire de loffre volontaire

    dinformations dpend du type dendettement,

    priv ou public. cet effet, notre analyse a port

    sur un chantillon de 24 entreprises cotes la

    BVMT stalant sur la priode de 2003 2007.

    Le niveau de la divulgation volontaire est mesur

    par lindice de Eng et al. (2001). En effet, Eng

    et al. (2001) considrent que lindice quils ont

    dvelopp est mieux adapt aux tudes menes

    dans les pays en dveloppement. La vrification

    empirique des hypothses avances en faisant

    recours aux donnes de panel na pas permis de

    les confirmer en totalit.

    Ainsi, aux termes de notre recherche, les rsultats

    indiquent que le niveau dendettement na pas

    deffet significatif sur le niveau de divulgation

    volontaire de linformation dans les rapports

    annuels des entreprises cotes la BVMT. Aussi,

    lendettement priv na pas dinfluence significative

    sur le niveau de divulgation volontaire. Par contre,

    les entreprises ayant fait recours lendettement

    public, emprunt obligataire, possdent un niveau

    de divulgation volontaire de linformation plus

    important que les autres entreprises. De surcrot,

    lorsquil sagit dendettement public, les dirigeants

    des entreprises cotes la BVMT divulguent

    davantage de linformation volontaire pour attirer

    le maximum des investisseurs et les fidliser.

    Bibliographie :

    Botosan, C., 1997, Disclosure level and the cost

    of equity capital, The Accounting Review, Vol. n 72,

    pp. 323-349.

    Charreaux, G., 2000, Gouvernement dentreprise

    et comptabilit, Encyclopdie de Comptabilit, Contrle

    de Gestion et Audit : Economica, Paris, pp.7-45.

    Chow, C.W. et Wong-Boren, A., 1987, Voluntary

    financial disclosure by Mexican corporations, The

    Accounting Review, Vol. n XII, pp. 533-541.

    Depoers, F., 2000, A cost - benefit study of

    voluntary disclosure : Some empirical evidence from

    French listed companies, The European Accounting

    Review, pp. 245-263.

    Eng, L.L., Hong, K.F. et Ho, Y.K., 2001, The relation

    between financial statement disclosures and the cost of

    equity capital of Singapore firms, Accounting Research

    Journal, Vol. n 14, pp. 35-48.

    Eng, L.L. et Mark, Y.T., 2003, Corporate governance

    and voluntary disclosure, Journal of Accounting and

    Public Policy, Vol. n 22, pp. 325-345.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    31DIVULGATION VOLONTAIRE

    Haniffa, R. M. et Cooke, E., 2002, Culture,

    corporate governance and disclosure in Malaysian

    corporations, Abacus, Vol. n 38, pp. 317-349.

    Hossain, M., Perera, M. H. et Rakman, A.R.,

    1995, Voluntary disclosure in annual reports of New

    Zeland companies, Journal of International Financial

    Management, Vol. n 6, Issue n 6.

    Jensen, M. C. et Meckling, W.H., 1976, Theory

    of the firm : managerial behaviour, agency cost and

    ownership structure, Journal of Financial Economic,

    Vol. n 3, pp. 305-360.

    Levasseur, M. et Quintart, A., 2000, Capacit

    dendettement de lentreprise : Les apports partiels de

    la littrature financire, Sciences conomiques, Srie

    n 2, p. 670.

    Raffournier, B., 1990, La thorie positive de la

    comptabilit : une revue de la littrature, Economies et

    Socits, Srie de Gestion n 16, pp. 137-166.

    Raffournier, B., 1995, The determinants of voluntary

    financial disclosure by Swiss listed companies,

    European Accounting Review, pp. 260-271.

    Shleifer, A. et Vishny, R.W., 1997, A survey of

    corporate governance, Journal of Finance, Vol. n 52,

    pp. 737-783.

    Smith, C. et Warner, J., 1979, On financial

    contracting : An analysis of bonds covenants, Journal

    of Financial Economics, Vol. n 7.

    Watson, A., Shrives, P. et Marston, C., 2002,

    Voluntary disclosure of accounting ratios in the UK,

    Britsh Accounting Review, Vol. n 34, pp. 289-313.

    Williamson, O.E., 1988, Corporate finance and

    corporate governance, Journal of Finance, Vol. n 43,

    pp. 567-590.

    Zghal, D. et Ghorbel, H., 2006, Leffet de la

    concentration de lactionnariat sur loffre volontaire

    dinformations dans les rapports annuels des socits

    canadiennes, 27me Congrs de lAssociation

    Francophone de Comptabilit, Tunis.

    ANNEXES

    Annexe (1)

    Coefficients de corrlation de Pearson entre les

    variables indpendantes du modle (1)

    T END SA

    T 1 0,3531 - 0,3338

    END 0,3531 1 - 0,1863

    SA - 0,3338 - 0,1863 1

    Coefficients de corrlation de Pearson entre les

    variables indpendantes du modle (2)

    T EB EOB SA

    T 1 - 0,0146 0,2806 - 0,3338

    EB - 0,0146 1 - 0,0716 0,1527

    EOB 0,2806 - 0,0716 1 0,0184

    SA - 0,3338 0,1527 0,0184 1

    Annexe (2)

    Test de spcification du modle (1)

    Valeurs de la

    statistique de Fisher

    Sig* ConclusionType

    deffet

    Modle (1)

    24,14 0,000

    Rejeter lhypothse

    nulle dgalit

    des constantes

    Effet spcifique

    Test de spcification du modle (2)

    Valeurs de la

    statistique de Fisher

    Sig* ConclusionType

    deffet

    Modle (1)

    23,97 0,000

    Rejeter lhypothse

    nulle dgalit

    des constantes

    Effet spcifique

    Avec :

    * Sig : Probabilit de lhypothse nulle dgalit des

    constantes.

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    32 Recherches en comptabilit et finance

    Annexe (3)

    Test des effets individuels du modle (1)

    Modle (1)

    Test dHausman 3,55

    P-value 0,315

    Modle de spcification Modle effets alatoires

    Estimateur MCG

    Test des effets individuels du modle (2)

    Modle (2)

    Test dHausman 4,25

    P-value 0,3727

    Modle de spcification Modle effets alatoires

    Estimateur MCG

  • RECHERCHES EN COMPTABILIT ET FINANCE N 7 / 2011

    33DIVULGATION SOCITALE

    DIVULGATION SOCITALE

    PAR SLIM GHORBEL