3 vendredis 13 en 2012 vivement la semaine des 4 · PDF file JAA CH–1006 Lausanne...

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  • Vendredi 13 janvier 2012 > No 88

    JAA CH–1006 Lausanne PP/Journal

    3 vendredis 13 en 2012 vivement la semaine des 4 jeudis !

    VALAIS Prof condamné en vin Page 2

    GENÈVE Attention au Rochat noir Page 4 VAUD Une taxe boulimique Page 5 SSR ô RH, ô désespoir Page 14 SOLDES Nos meilleurs articles Page 17

    www.vigousse.ch CHF. 3.– / Abonnement annuel CHF. 140.–

    La superstition est l’art de se mettre

    en règle avec les coïncidences.

    Jean Cocteau

  • Vigousse vendredi 13 janvier 2012

    3

    Vigousse vendredi 13 janvier 2012

    2 RubriqueC’est pas pour dire ! 3Meurtres de chrétiens au Moyen-Orient. Les coupables ne sont pas ceux qu’on croix.

    Jugement dénié Selon le Tribunal cantonal du Valais, un prof n’a pas droit à trois semaines de congé.

    Fin du round Beau cadeau de Nouvel-An pour François Légeret* : le 30 décembre, le Tribunal fédéral a rejeté son recours. Le voici donc condamné à vie pour des crimes qu’il n’a peut-être pas commis. Raison de plus pour insister dans la quête de la vérité vraie.

    En ce 26 août 2006, cet en-seignant valaisan n’a pas bu qu’aux sources du savoir. A 17 h 55, avec 1,93 pour mille d’al- cool dans les veines, il se paie les glissières de sécurité d’un pont aux alentours d’Eu- seigne. Il laisse sur place son pare-chocs avant, plaque minéra- logique en prime : pas de chance. S’étant em- pressé de planquer sa voiture dans le garage de ses pa- rents, il emprunte le véhicule de son père et revient sur les lieux de l’accident pour enlever les preuves matérielles. Pas de bol derechef : les flics sont déjà là. Notre prof

    Avec une désinvolture qui fait plaisir à voir, le Tribu-nal fédéral a décidé que la justice vaudoise avait bien tra- vaillé. Pour les juges suprêmes, François Légeret a donc tué tout seul sa mère, l’amie de celle-ci et sa sœur Marie-José, disparue par enchantement. Les questions légi- times que tout le monde se pose ? Il n’y a pas de questions ! La pré- somption d’innocence ? Pas dans ce cas-là ! Le manque de preuves formelles ? Ça n’enlève rien à la culpabilité de l’accusé ! Les pistes non explorées ? On ne peut pas tout faire ! Un corps non retrouvé après sept ans ? Ma foi, il a dû le planquer soigneusement !

    de toutes ces lacunes et de tous ces mystères, le Tribunal fédéral, dans son jargon juridique, se lave les mains. Ce vénérable cénacle est pourtant tenu à un peu de curiosité et de courage. Dans son article 105 alinéa 2, la LTF stipule en effet que « le  Tribunal  fédéral  peut rectifier ou compléter d’office  les constatations de  l’autorité pré- cédente  (en l’occurrence la Cour de cassation du canton de Vaud) si les faits ont été établis de façon  manifestement inexacte ou en vio- lation du droit au sens de l’art. 95 ». Et si, dans l’affaire Légeret, il n’y a pas de « faits manifestement

    inexacts », on se demande bien où il peut y en avoir ! Notre Haute Justice n’a donc pas fait son travail jusqu’au bout. On ne peut que s’en désoler et craindre le pire pour les droits des citoyens de ce pays. Mais il faut aussi revenir à l’origine de cet incroyable gâchis hu- main : ce sont la police et la justice du canton de Vaud qui sont les premiers acteurs de la farce légale. Et notam- ment le procureur général du canton, le désormais célèbre Eric Cottier, Monsieur « je  suis  sûr à 100% de  la  culpabilité de F.L. ». On peut tourner et retourner en tous sens les éléments divers de cette histoire, on en revient toujours à lui et à son acharnement. Lequel, sur la longueur du temps, pourrait même paraître suspect.

    Circonstances exténuantes

    Légeret reste dedans, Cottier aussi !

    Vigousse Sàrl, rue du Simplon 34, CP 1499, CH-1001 Lausanne > www.vigousse.ch > [email protected], Tél. +41 21 612 02 50 > Directeur rédacteur en chef : Barrigue > Rédacteurs en chef adjoints : Laurent Flutsch & Patrick Nordmann > Chef d’édition : Roger Jaunin > Secrétaire de rédaction : Monique Reboh > Abonnements : [email protected] > Tél. +41 21 612 02 56 > Publicité : REGIPUB SA, av. de Longemalle 9, CP 137, 1020 Renens 1, Tél. 021 317 51 51, [email protected] – MEDIALIVE SA, 101 Ruchligweg, CP 52 4125, Riehen-Bâle, Tél. 061 561 52 80, [email protected] > Layout et production : www.unigraf.com > Impression : CIR, Sierre > Tirage : 15 000 ex.

    Au non de la Loi Patrick Nordmann

    L a Justice suisse serait-elle à la Justice

    ce que la Musique militaire est à la

    Musique ? Poser la question, c’est y

    répondre. A plusieurs égards et à

    travers plusieurs affaires, le système

    judiciaire helvétique se retrouve au banc des

    accusés. Liste des charges à son encontre :

    incompétence, déni, collusions inavouables,

    juridisme abscons, mépris pour les justiciables.

    Des policiers aux experts et des procureurs aux

    juges, on a de plus en plus l’impression qu’il

    n’y en a pas un pour sauver l’autre. Et tous

    sont payés par le contribuable. On en arrive

    aujourd’hui à ce que des pays tiers, pourtant pas

    si connus pour leurs vertus juridiques, viennent

    nous faire la leçon ! L’Italie s’est émue des

    incohérences volontaires des juges valaisans dans

    l’affaire du petit Luca. Tout le monde à Veysonnaz

    savait très bien que ce sont des fils de notables

    sédunois qui ont battu le malheureux gamin.

    Et que son chien, coupable désigné d’emblée,

    n’y était pour rien. Il aura fallu que les médias,

    puis les autorités transalpines s’en mêlent pour

    inquiéter la souveraine immobilité de nos juges !

    Pour l’affaire Ségalat, c’est la justice française

    qui ne ménage pas ses critiques. Et pour

    l’affaire Légeret ? Et pour les petites jumelles de

    Saint-Sulpice ? Et pour tant d’autres histoires

    qui traînent dans les tréfonds de la veulerie

    judiciaire, que faudra-t-il ? Que l’Europe, l’Inde

    ou le Guatemala viennent demander des comptes

    à nos enquêteurs et à nos magistrats ?

    Décidément, il y a quelque chose de pourri à

    la Cour pénale d’Helvétie. Etre ou ne pas être

    juste, telle est la question. Et la réponse, pour les

    victimes, est loin d’être juste à tous les coups.

    Faits divers et variés

    fait demi-tour et part aussitôt se planquer chez son frère où la ma- réchaussée viendra le cueillir. En juin 2008, le juge des districts d’Hérens-Conthey lui colle pour 6750 balles d’amendes diverses et un délai d’épreuve de trois ans. Le condamné demande alors à ce que sa peine pécuniaire soit commuée en travail d’intérêt général, ce qui représenterait trois semaines au

    service d’œuvres d’utilité publique ou sociale. Mais, en janvier 2010, le Tribunal cantonal valaisan re- jette son appel. Argument cinglant du juge : « La mesure serait difficile  à aménager », car un travail d’inté-

    rêt général n’est « guère  envisageable » vu la profession du recou- rant. Un prof, voyez- vous, doit « se consacrer  à ses élèves même en de- hors des heures d’ensei-

    gnement  (corrections  des  devoirs,  préparation des cours, etc.) ».  Ce n’est pas tout : « La  construc- tion  de  sa  future  villa  allait  aussi  l’accaparer durant son temps libre. » Indignés par ce verdict, le prof et

    son avocat recourent jusqu’au Tribunal fé- déral. Lequel, en mai 2010, récuse verte- ment le jugement va- laisan en rappelant, ô surprise, un truc tout bête : « Un  professeur  du  cycle  d’orienta- tion (…) bénéficie en  principe aussi  de  va- cances scolaires d’une  durée certaine. » Sans compter, pourrait- on ajouter, qu’un enseignant doit par- fois s’absenter trois semaines pour de nobles motifs mi- litaires. On doute que la justice valai- sanne s’y oppose. Bref : le recours ad- mis, l’affaire est re- tournée au Tribunal cantonal. On attend

    une « nouvelle déci- sion » en 2012. D’ici là, grâce au Tribunal fédéral, notre prof aura au moins prouvé qu’il a droit à des congés. Une lapalissade qui lui a coûté la modique somme de 3000 balles en frais judiciaires !

    Pierre-Pascal Chanel

    Faut payer en liquide

    Lorsque François Légeret s’est rétracté et a nié avoir été présent sur le s lieux des crimes, avez-vous envisagé de

    reprendre l’affaire sous un autre œil et de diligenter de nouvelles enqu êtes ?

    Comme de nombreuses autres pistes n’ont pas été suivies sérieusemen t, pensez-vous que la faiblesse des preuves

    formelles contre François Légeret n’aurait pas dû vous conduire à reno ncer à vos réquisitions, au nom du doute

    légitime et de la présomption d’innocence ?

    Pensez-vous que si la nouvelle procédure pénale avait été en vigueur lors des faits, cette affaire aurait

    connu le même sort ?

    Le journal Vigousse traite de ce dossier dans son édition du vendredi 1 3 janvier 2012 en faisant mention de cette

    lettre ouverte et par la suite nous ne manquerons pas de publier vos ré ponses.