203 Article 5

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  • 43CFC (N203 - Mars 2010)

    TERRITOIRES ET URBANISATION EN AFRIQUE DU SUD

    Atlas et base de donnes go-historiqueCdrom bilingue anglais/franais

    par Frdric GirautProfesseur, Universit de GenveChercheur associ UMR Pacte/Territoires & IRD UR Devloc

    [email protected]

    Cline Vacchiani-MarcuzzoMatre de confrencesUniversit de Reims Champagne-Ardenne (URCA) EA 2076 HabiterUMR Gographie-cits

    [email protected]

    Stphanie GuislainIRD Secteur [email protected]

    Ce cdrom est ldition commente dune base de donnes gorferences pour un sicle de suivi dmo-graphique et administratif de lensemble des localits, villes et territoires sud-africains. La base DYSTURBcompile, harmonise et met en relation dans le temps, dune part lensemble des cartes politiques, administra-tives et fonctionnelles des districts, provinces et aires urbaines, et dautre part les donnes dmographiqueset administratives concernant lensemble des localits sud-africaines depuis 1911. Au total, ce sont plus de20 000 localits gorfrences du recensement de 2001 qui sont ainsi mises en perspective spatio-tempo-relle travers les priodes post-coloniales, dapartheid et de post-apartheid. DYSTURB a une triple vocationdoutil et danalyse pour larchologie spatiale et territoriale, la dmographie historique, et les dynamiquesurbaines, ce dont tmoignent les sries de cartes commentes et ralises pour ce cdrom.

    1 IntroductionLAfrique du Sud, premire puissance cono-

    mique du continent, est peuple de prs de 50 mil-lions dhabitants urbaniss plus de 60% en 2008.Elle dispose dun rseau ancien de mtropoles, devilles et de localits. Celles-ci se sont dveloppeset hirarchises dans le cadre dune histoire dupeuplement et de sa distribution, marque par lacolonisation, la sgrgation, lindustrialisation et lamondialisation. Dans le contexte sud-africain, deremarquables sries statistiques concernant la distribution de la population sont disponibles depuisle dbut du XXe sicle. La compilation et la prsen-tation de ces donnes se sont donc effectues dansdes contextes postcoloniaux successifs trs particuliers : celui de lUnion encore trs colonia-

    le dans sa nature des ex-colonies britanniques etdes rpubliques boers dans un premier temps, puiscelui du rgime dapartheid dans un deuximetemps et enfin celui de la nouvelle Afrique du Sudpost-apartheid. Ces diffrentes priodes ont donnlieu la cration et au remaniement de catgoriessociales et de cadres spatiaux relevant dingnie-ries territoriales, sociales et politiques sgrgativesauxquelles les donnes statistiques et leur traitement taient subordonns jusqu la fin delapartheid et les rformes territoriales visant abo-lir les rgimes juridiques sgrgatifs et raffirmerlinscription du pays et de ses mtropoles dans lamondialisation.

    Cest donc un sicle dhistoire de la distributiondu peuplement, de lurbanisation et des ingnieries

  • territoriales sud-africaines que, depuis 1911, lacompilation et la mise en correspondance des locali-ts de recensement permettent de retracer. La basede donnes DYSTURB prsente sur le CD-Rom etles sries de cartes commentes qui en sont issuesralisent cette synthse go-historique. En effet, labase compile, harmonise, gorfrence et met enrelation dans le temps, dune part lensemble descartes politiques et administratives des districts, desaires urbaines et des localits, et dautre part leschiffres de population concernant lensemble deslocalits sud-africaines, urbaines ou rurales, depuis1911. De plus, elle dtermine les primtres et laconstitution des entits urbaines pour chaquerecensement, ceci sur des bases fonctionnelles au-del des divisions administratives et des dfinitionsofficielles.

    Les sries de donnes dmographiques et admi-nistratives par localit peuvent donc tre traites surla longue dure et ragrges dans les cadres spa-tiaux fonctionnels et administratifs constants, actuelsou anciens1. Cest lensemble de larchologie spa-tiale et territoriale de lAfrique du Sud dans la diver-sit de ses modalits que ce travail a permisdapprhender. La base de donnes go-historiquecommente DYSTURB est complmentaire et com-patible avec les systmes dinformations gogra-phiques proposs par Statistics South Africa(http://www.statssa.gov.za/) pour chacun des deuxderniers recensements (qui donnent accs lensemble des donnes du recensement par locali-ts subdivises en enumeration areas) ; ainsiquavec le SIG municipal SA Explorer (dvelopppar le South African Municipal Demarcation Board :www.saexplorer.org.za ) qui permet daccder des

    donnes socio-conomiques pour les nouvellesmunicipalits.

    1.1 Le dfi des catgories changeantesAux problmes classiques de changements de

    frontires et de dnominations se sont greffs, toutau long du XXe sicle, des changements de catgo-ries et des distinctions de statuts pour des entits demme nature. Paradoxalement, les distinctionsintroduites entre les individus sur des bases racialeset dorigine, sur lesquelles sest fond lordre poli-tique raciste jusqu la fin de lapartheid, posent peude problmes de suivi statistique. En effet, intro-duites sous la colonisation, ces distinctions se sontmaintenues et se sont mme perfectionnes et rigi-difies durant la priode dapartheid. Dans le cadredes recensements, ces distinctions ont ainsi t uti-lises de manire assez permanente avec, cepen-dant, des changements de dnominations. Notonsle problme de la sous-valuation de la populationnoire durant la politique de grand apartheid quiculmine au recensement de 1985, non retenu dansla base ici propose pour des questions de fiabilitdes donnes.

    Beaucoup plus inconstants sont les cadres spa-tiaux, dans lesquels ont t compils les recense-ments. En effet, lexercice de dnombrement sesteffectu dans des cadres htrognes avec desmodifications importantes introduites non seulementdans les dlimitations et le nombre des entitsjusque dans les annes 1970, mais aussi dans leurnature et leur statut. Une priodisation est ncessai-re pour rendre compte des changements majeurs :priodisation qui repose sur la triple csure de la

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    1 Elle sapparente diffrentes ralisations qui constituent des rfrences en matire de bases de donnes spatio-tem-porelles permettant le suivi des localits et territoires sur des sries de recensements :- la base Egipte dveloppe par le CEDEJ (H. Bayoumi, E. Denis et F. Moriconi-Ebrard) pour un sicle de recense-ments gyptiens (1882-1996) et disponible sur CD-Rom(http://www.cedej.org.eg/rubrique.php3?id_rubrique=61) ;- le Great Britain Historical Geographical Information System (GBHGIS) dvelopp par lUniversit de Portsmouth(http://www.port.ac.uk/research/gbhgis/) qui, comme DYSTURB, propose la compilation et la mise en relation des cartesadministratives et de recensement successives par localits et districts ;- le China Historical GIS sur le site de Harvard University, Faculty of Arts and Sciences :(http://www.fas.harvard.edu/~chgis/ ). Il sagit dun projet encore plus tendu car descendant une chelle plus fine etintgrant des donnes spatiales, environnementales et socio-conomiques hors de celles des recensements ;- LEurope des populations qui comprend 130 000 units spatiales (communes ou quivalents) pour l'ensemble del'Europe : Moriconi-Ebrard F., Hubert J.-P., Strauch G.-A., Cohen R., 2007, Europe des Populations Version 2, CdromArctique, Tours, 2007, (nouvelle dition mise jour et augmente) (www.arctique.com ) ;- la base Africapolis Formes et dynamiques de lurbanisation en Afrique de lOuest, 1950-2020 : approche go-statis-tique , ralise en 2008 pour lAFD par le laboratoire SEDET sous la direction scientifique dric Denis et de FranoisMoriconi-Ebrard ;- le NHGIS (National Historical Gographic Information System), mis en place par lUniversit du Minnesota : il sagit dunprojet de mise disposition de lensemble des donnes des recensements de la population amricaine de 1790 2000dans des cadres spatiaux du plus fin (census tract si disponible, sinon les comts (counties)) jusquaux tats mais ausside lensemble des fonds cartographiques associs. Ces donnes sont accessibles sous divers formats depuis mars 2007,aprs cinq ans de travail. http://www.nhgis.org/.

  • mise en place de lapartheid (fin des annes 1940,dbut des annes 1950), de celle du grand apar-theid (dbut des annes 1970) et de la fin delapartheid (milieu des annes 1990). En effet,lapartheid et, notamment, le Group Areas Act2,apparat fondamental pour la systmatisation de lasgrgation urbaine et la diffrenciation des quar-tiers et des localits sur des bases raciales. uneautre chelle, le grand apartheid a cr, parall-lement aux quatre provinces coloniales historiques,les homelands avec leurs propres districts consti-tus sur une base ethnique. En outre, cest la prio-de durant laquelle les localits urbaines prises encompte pour le dnombrement sont beaucoup plusnombreuses avec, notamment, lapparition destownships distincts des localits blanches. Enfin,depuis la fin de lapartheid, on a assist une refon-te complte des cadres spatiaux de rfrence et decompilation des donnes statistiques. Les provinces(depuis 1994), les districts et les municipalits debase (depuis 2000) constituent des maillagesexhaustifs du territoire, qui associent systmatique-ment des espaces relevant des anciens homelandset des espaces non municipaliss ceux desanciennes provinces et des anciennes municipali-ts. Par ailleurs, les localits rassemblent la totalitde la population indpendamment de la distinctionentre lurbain et le rural.

    En ce qui concerne lurbanisation et son suivi,lAfrique du Sud pose un vritable dfi assezunique. Ce dfi repose dune part sur la pratiquepuis lhritage de la sparation physique des quar-tiers avec des zones tampons qui introduisent desdiscontinuits morphologiques au sein des agglo-mrations, et dautre part sur la pratique dune urba-nisation dplace ou projete au-del des limitesdes anciens bantoustans, qui pose la ques