161654 Sequence7 Corrige

of 24 /24
97 SÉQUENCE 7 La mise en scène de la parole (pp. 152-177) Les mots suffisent-ils à se faire entendre ? 0 0 La mise en œuvre de la séquence Cette séquence s’inscrit dans l’objet d’étude La parole en spectacle. Dans la perspective des pro- grammes, elle apprend aux élèves à « comprendre comment la mise en scène de la parole contri- bue à son efficacité » par un repérage et une interprétation « des codes culturels et des usages sociaux du langage » selon la visée du discours : émouvoir, informer, convaincre… Pour cela, les études concrètes de situations proposées s’articulent en trois orientations : la communication gestuelle, l’apparence vestimentaire et la mise en scène de l’espace du discours. Les documents (décors politiques, scène de théâtre, planches de bande dessinée, plateaux de télévision), tous issus du XXI e siècle, permettent aux élèves de penser autrement les situations qu’ils rencontrent au quotidien. Les progressions possibles Séquence sur trois semaines Semaine 1 Séance 1 Lecture Ouverture (pp. 152-153) Le rire en spectacle (pp. 154-155) Séance 2 Lecture L’autorité de la parole institutionnelle (pp. 158-159) Semaine 2 Séance 3 Langue L’énonciation (pp. 168-169) Séance 4 Lecture La mise en scène de la parole (pp. 162-163) Semaine 3 Séance 5 Épreuves du BAC Exercices (pp. 172-173) Séance 6 Épreuves du BAC Méthode : Critiquer et réfuter un point de vue (pp. 170-171) Sujet du bac (pp. 174-175) Séquence sur quatre semaines Semaine 1 Séance 1 Lecture Ouverture (pp. 152-153) L’importance des gestes (pp. 156-157) Séance 2 Lecture Le vêtement et la parole professionnelle (pp. 160-161) Semaine 2 Séance 3 Lecture Le vêtement et la parole institutionnelle (pp. 158-159) Séance 4 Langue L’énonciation (pp. 168-169) Semaine 3 Séance 5 Période littéraire La télévision et la mise en scène de la parole (p. 176) Histoire des arts La télévision au centre du monde, Nam June Paik (p. 177) Oral Analyser une émission de télévision (pp. 166-167) Séance 6 Lecture Les lieux de la parole politique (pp. 164-165) Semaine 4 Séance 7 Épreuves du BAC Exercices (pp. 172-173) Séance 8 Épreuves du BAC Méthode : Critiquer et réfuter un point de vue (pp. 170-171) Sujet du bac (pp. 174-175) OUVERTURE La mise en scène de la parole (pp. 152-153) Les mots suffisent-ils à se faire entendre ? 0 0 Objectifs Identifier différentes prises de parole. Associer les intentions du locuteur à sa prise de parole. Situer la visée d’une parole dans son contexte. OBJET D’ÉTUDE 0 La parole en spectacle (pp. 148-217)

Embed Size (px)

Transcript of 161654 Sequence7 Corrige

Objet dtude

La parole en spectacle (pp. 148-217)

Squence 7

La mise en scne de la parole (pp. 152-177)00

Les mots suffisent-ils se faire entendre?La mise en uvre de la squenceCette squence sinscrit dans lobjet dtude La parole en spectacle. Dans la perspective des programmes, elle apprend aux lves comprendre comment la mise en scne de la parole contribue son efficacit par un reprage et une interprtation des codes culturels et des usages sociaux du langage selon la vise du discours: mouvoir, informer, convaincre Pour cela, les tudes concrtes de situations proposes sarticulent en trois orientations : la communication gestuelle, lapparence vestimentaire et la mise en scne de lespace du discours. Les documents (dcors politiques, scne de thtre, planches de bande dessine, plateaux de tlvision), tous issus du xxie sicle, permettent aux lves de penser autrement les situations quils rencontrent au quotidien.

Les progressions possiblesSquence sur trois semainesSemaine 1 Sance 1 Lecture Semaine 2 Semaine 3 Sance 2 Sance 3 Sance 4 Sance 5 Lecture Langue Lecture preuves du BAC Ouverture (pp. 152-153) Le rire en spectacle (pp. 154-155) Lautorit de la parole institutionnelle (pp. 158-159) Lnonciation (pp. 168-169) La mise en scne de la parole (pp. 162-163) Exercices (pp. 172-173) Mthode: Critiquer et rfuter un point de vue (pp. 170-171) Sujet du bac (pp. 174-175)

Sance 6 preuves du BAC

Squence sur quatre semainesSemaine 1 Sance 1 Lecture Semaine 2 Sance 2 Sance 3 Sance 4 Lecture Lecture Langue Priode littraire Histoire des arts Oral Lecture preuves du BAC Ouverture (pp. 152-153) Limportance des gestes (pp. 156-157) Le vtement et la parole professionnelle (pp. 160-161) Le vtement et la parole institutionnelle (pp. 158-159) Lnonciation (pp. 168-169) La tlvision et la mise en scne de la parole (p. 176) La tlvision au centre du monde, Nam June Paik (p. 177) Analyser une mission de tlvision (pp. 166-167) Les lieux de la parole politique (pp. 164-165) Exercices (pp. 172-173) Mthode: Critiquer et rfuter un point de vue (pp. 170-171) Sujet du bac (pp. 174-175)

Semaine 3 Sance 5 Semaine 4 Sance 6 Sance 7

Sance 8 preuves du BAC

OUVERTURE

La mise en scne de la parole (pp. 152-153)Les mots suffisent-ils se faire entendre?00

Objectifs

Identifier diffrentes prises de parole. Associer les intentions du locuteur sa prise de parole. Situer la vise dune parole dans son contexte.

97

00

Droulement de la sance

Cette double page douverture est une entre en matire dans la squence La mise en scne de la parole et ne doit pas forcment durer longtemps. Lancement (5 min). Le professeur crit la problmatique au tableau et recueille les hypothses des lves au tableau. Un lve lit le paragraphe sous le titre de squence ce qui confirme ou infirme les hypothses des lves. Premire tape (10 min). Les lves dcouvrent les iconographies et rpondent aux quatre questions. Deuxime tape (5 min). Une mise en commun permet deffectuer la correction loral ou par crit. Dernire tape (5 min). Le professeur prsente au tableau les trois principaux axes dtude (les gestes, lapparence vestimentaire et les lieux) quil organise dans un schma.00

Pistes de rflexion

Question 1. Lorateur Hyde Park cherche retenir un public de passage, tandis que la plaidoirie de lavocat veut convaincre lauditoire pour dfendre son client. Lors dune soire tlvise lectorale, les prises de parole des intervenants visent informer le spectateur des rsultats et les analyser. Question 2. dire lindignation: image 1, susciter lmotion: images 1 et 2, rechercher la clart: images 2 et 3, faire rire: image 1, faire comprendre: images 2 et 3, convaincre lauditoire: image 2, divertir: image 1 et distribuer la parole: image 3. Question 3. Lavocat porte une robe noire laudience pour attester de ses comptences (la robe nest dlivre quune fois le diplme obtenu) et le rendre visible par tous. Son argumentaire en devient plus impressionnant, plus convaincant. COMMENTAIRE La noblesse et le prestige du costume judiciaire ont pour origine leur filiation avec la royaut. En effet, les avocats, qui taient aussi des clercs, recevaient leur habit dhomme de loi directement du roi puisque la justice tait lattribut essentiel des souverains. Question 4. La parole dun avocat et celle dun journaliste de tlvision ont en commun la matrise de lloquence, le souci de clart et dexhaustivit. De plus, tous deux sappuient sur des faits, des preuves pour faire merger la vrit dun vnement.

LECTURE

Le rire en spectacle (pp. 154-155)Comment, avec des mots et des gestes, crer une complicit avec le public?00

Objectifs

Saisir la vise dune parole dans son contexte (les comiques). Comprendre comment la mise en scne de la parole contribue son efficacit. Interprter les procds de soulignement dans le discours. Analyser lutilisation de limplicite, du sous-entendu, du lieu commun.00

Repres

Le stand-up (expression qui signifie se tenir debout) est une forme particulire de one-manshow (ou one-woman-show) apparue la fin du xixe sicle aux tats-Unis. Il sagit dun monologue comique au cours duquel lhumoriste sadresse au public en donnant limpression dimproviser. Sans accessoire, sans dguisement, lhumoriste raconte des histoires drles souvent inspires du quotidien. Le but du stand-up est dvoquer la vie de tous les jours de manire dcale, avec un sens de lobservation qui permette au spectateur de sidentifier lartiste. La complicit avec le public est essentielle: lhumoriste linterpelle frquemment ou prend en compte les ractions de lauditoire pour modifier son propos. Les premiers grands artistes du stand-up sont amricains: Lenny Bruce, Jerry Seinfeld, Woody Allen, Eddy Murphy Lorigine ethnique ou confessionnelle de lhumoriste est souvent une base qui lui permet de dtourner les strotypes que ses origines supposent. Jamel Debbouze est lun des premiers en France se rclamer du stand-up amricain. Il a cr le Jamel Comedy Club qui permet de faire merger de nouveaux artistes tels 98

que Thomas Ngijol. De nombreux humoristes franais pratiquent le stand-up avec grand succs: Gad Elmaleh, Florence Foresti, Jean-Marie Bigard, Albert Dupontel, Valrie Lemercier, Anne Roumanoff00

Droulement de la sance

Lancement (10 minutes). Le professeur fait visionner le sketch de Florence Foresti (Florence Foresti fait des sketches la Cigale TF1 vido 2006) et fait merger par un change dialogu la problmatique de la lecture: Comment, avec des mots et des gestes, crer une complicit avec un public? Premire tape (20 minutes). Les lves rpondent aux cinq premires questions en autonomie. Le professeur dsigne cinq volontaires qui rpondent sur un transparent. Les transparents, rtro projets, servent llaboration de la trace crite. Deuxime tape (15 minutes). Les lves sont rpartis en quatre groupes; chacun travaille sur une des quatre dernires questions. Un lve volontaire rassemble les ides de son groupe dans un paragraphe quil crit au tableau. Quatrime tape (10 minutes). Le professeur prsente la question bac et inscrit les ides de la classe au tableau. Le texte est rdiger la maison pour la sance suivante.00

Rponses aux questions

Le regard complice Question 1. Florence Foresti cre une complicit avec son public en partageant avec lui ses rflexions sur les raisons pour lesquelles loreille humaine a cette forme. Chacun peut se poser cette question et donc sidentifier lhumoriste. Elle emploie dautre part un langage familier (Il y a quand mme deux ou trois trucs bien faits (lignes 1-2), Il y a des trucs super bien (ligne 6) et donne limpression dimproviser ses propos comme sil sagissait dune conversation futile entre amis. Question 2. Le sketch aborde plusieurs proccupations quotidiennes: pourquoi loreille humaine a-t-elle cette forme? (lignes 1 15) Comment les autres nous peroivent-ils physiquement? (lignes 22 24) quoi servent les poils disgracieux? (lignes 38-39). Elle voque galement la fabrication du corps humain comme un travail la chane que chacun connat. Le spectateur peut se reconnatre dans ces proccupations qui concernent la vie de tous les jours. Question 3. Florence Foresti incarne la caricature de la jeune femme proccupe par son apparence: Si la nature tait bien faite [] on nen peut plus (lignes 22-25), Nous les filles, on sen fout des poils (ligne 39). Elle se pose des questions de manire nave (pourquoi loreille humaine a-t-elle cette forme) en formulant des hypothses pleines de bon sens et dhumour. Elle brocarde les hommes avec humour: Tu nas qu leur rajouter un truc qui ne sert pas. Cest quoi a, l? Des neurones? Vas-y, mets-leur, je men fous, je nen veux pas moi (lignes 51-53). Lutilisation de nous, les filles deux reprises (ligne 23 puis ligne 38) souligne la volont de voir les spectatrices se reconnatre dans lhumoriste. Elle suscite donc la sympathie du public en se prsentant comme une jeune femme ordinaire pleine de gouaille. Le corps en spectacle comdienne se prsente sur scne vtue dun tee shirt et dun pantalon noirs banals afin que chaque spectateur puisse se reconnatre en elle. Il sagit dune stratgie pour crer une complicit avec le public qui sidentifie lhumoriste. Question 5. Florence Foresti sappuie sur le comique de gestes pour souligner ses rpliques. Les photogrammes du spectacle montrent quelle recourt aux grimaces expressives et la caricature (geste de lembarras sur la photographie du haut de la page 155). Elle mime ses propos autour de loreille en donnant voir quoi ressemblerait un tre humain avec une oreille sur le front par exemple. Le comique de gestes appuie le comique de mots pour une plus grande efficacit.Question 4. La

La parole comique Question 6. Florence Foresti donne limpression de rflchir en mme temps quelle sexprime. Les dix premires lignes du sketch semblent mimer lvolution de la pense: elle cherche le sujet dont elle va parler. Les hypothses successives des lignes 9 14 suivent une logique immdiate: elle sinterroge sur les raisons pour lesquelles nos oreilles ont cette forme et imagine quelle 99

aurait t la vie quotidienne avec dautres crations. Le laisse tomber (ligne 14) suggre quelle suit le fil de ses penses: elle se reprsente le designer ayant dessin les oreilles humaines puis la chane de fabrication de ltre humain par associations dides. Le registre courant, parfois familier, ainsi que les multiples formes de phrases (exclamatives, interrogatives) utiliss imitent la conversation ordinaire et font oublier que le sketch est crit et jou de multiples reprises. Question 7. Florence Foresti imite dabord la jeune femme proccupe par son apparence (le volume de ses fesses ligne 23, les poils piler ligne 39). Elle caricature galement le crateur inspir en imaginant que les oreilles humaines ont t cres par un designer italien branch Art Dco (ligne 18) quon a laiss faire parce quil tait le fils du patron (ligne 18). Elle parodie enfin des ouvriers la chane peu motivs par leur travail (Ben laisse Paulo, elles spileront (ligne 45)), excutant les tches de manire mcanique et grands consommateurs dalcool (il y en a mme un qui tait bourr: le prpos aux poils (lignes 40-41). Toutes ces imitations relvent du comique de caractre qui rside dans lexagration de traits de la personnalit, des manires, du phras, des dfauts et des manies de personnages strotyps. Question 8. Lhumoriste se moque des femmes obsdes par leur apparence: Si la nature tait bien faite, nous, les filles, aurions les fesses devant pour les regarder au moins une fois correctement dans notre vie dans la glace (lignes 22 24) ou Nous, les filles, on sen fout des poils. On passe notre vie les liminer (lignes 38-39). Les hommes sont prsents comme tant mysogines Cela leur laissera moins de temps pour nous faire chier (ligne 46) , peu motivs par le travail laisse Paulo (ligne 45), lches (si jamais cela tourne au vinaigre, on sera bien contents davoir le dessus, ligne 49) et peu intelligents (Tu nas qu leur rajouter un truc qui sert pas. [] Des neurones? Vas-y mets-leur, je men fous, je nen veux pas moi., lignes 52-53). Elle souligne enfin le manque dhumour suppos des hommes: tu mettras un peu de second degr pour nous les garons (ligne 54). Il sagit dun comique bas sur la caricature. Question 9. Les rires et applaudissements apparaissent la ligne 29. Ils marquent la satisfaction du public devant la performance de lartiste qui est partie dune interrogation banale (Pourquoi les oreilles ont-elles cette forme?) pour entrer dans un univers plein de fantaisie quelle brosse avec de multiples gestes et accents. Les rires de la ligne 36 correspondent la complicit ressentie par le public la dnonciation dun travers des hommes qui seraient trompeurs par nature et la mise en valeur de lintuition fminine (tu fais pareil sur les hommes sinon elles vont se douter de quelque chose (ligne 35). la ligne 45, les rires sont lis au comique dexagration: le public imagine la femme avec un torse poilu. Les applaudissements qui sont mentionns ligne 46 et grandissent ligne 53 marquent ladhsion du public fminin aux propos de lhumoriste qui se moque des hommes en suggrant quils sont muscls mais stupides. Les applaudissements sont donc les plus nombreux quand lidentification du public lhumoriste est la plus forte. Question Bac Lecture, analyse et interprtation. Selon Molire, la comdie se propose de corriger les vices des hommes en les divertissant. Le spectateur peut se reconnatre dans un personnage caricatur sur scne et, en prenant conscience quil est ridicule puisque le personnage suscite le rire du public, essayer par la suite de corriger ses dfauts. Florence Foresti sinscrit dans cette tradition comique. En recourant au raisonnement par labsurde il fallait mettre [les fesses] devant ou alors il fallait une tte qui pivote 360 (lignes 26-27) pour que les femmes puissent mieux juger de leur apparence , elle invite le public fminin prendre du recul par rapport son souci du physique. Les hommes sont dcrits comme misogynes, accordant plus dimportance aux muscles quaux neurones (Tu nas qu leur rajouter un truc qui sert pas. [] Des neurones? Vas-y mets-leur, je men fous, je nen veux pas moi. (lignes 52-53)). Ils sont par ailleurs prsents comme rgentant tout puisque la chane de fabrication de ltre humain imagine par Florence Foresti apparat comme pouvant ntre dirige que par des hommes. Enfin, lhumoriste suggre que les hommes manquent dhumour quand le public masculin manifeste sa rprobation par rapport aux propos quelle tient sur eux: et puis tiens, tu nous mettras un peu de second degr pour nous les garons, je crois quon en aura besoin (lignes 54-55). Elle expose ainsi explicitement son intention: par le 100

second degr, chacun est invit ne pas prendre au pied de la lettre les reproches comiquement noncs mais rflchir sur son comportement pour se montrer plus juste et raisonnable.LECTURE

Limportance des gestes (pp. 156-157)Comment le corps accompagne-t-il la parole?00

Objectifs

Comprendre que les gestes influencent la rception dun discours. Interprter plusieurs gestes dans une situation de communication. tre conscient des codes culturels et des usages sociaux du langage.00

Repres

Les tudes, de plus en plus nombreuses, sur la communication gestuelle sinscrivent dans une rhabilitation gnrale du corps comme objet dtude historique, sociologique et artistique depuis la 2e moiti du xxe sicle. On appelle communication gestuelle tout signe corporel accompagnant, compltant ou remplaant la parole avec pour effet de traduire, intentionnellement ou non, un tat affectif ou de transmettre une information. Cette gestualit (qui comprend les gestes, les postures et les mimiques) possde un impact suprieur au verbal dautant quelle est universelle (seul 5% de nos gestes sont culturels). On peut distinguer: les gestes conscients et matriss: ils clarifient le discours, appuient ou miment certains mots et traduisent les motivations du locuteur. Ex: serrer le poing pour montrer sa conviction ou bien balayer lespace avec ses mains de gauche droite pour mimer la structure de ses ides Matriser ses gestes permet aussi de donner du poids ses arguments pour mieux convaincre lauditoire. les gestes involontaires: ces gestes inconscients expriment des sentiments que lon prfrerait souvent cacher. Ainsi, rougir lors dune prise de parole publique rvle involontairement le mal-tre et les faiblesses du locuteur. les gestes douverture: ils facilitent le contact avec les autres et prouvent que lon tient compte de son interlocuteur, quon souvre ses ides. Il suffit par exemple de regarder son interlocuteur dans les yeux ou dacquiescer de la tte en coutant son discours les gestes de fermeture: souvent involontaires, ils consistent par exemple croiser les bras lorsque linterlocuteur soppose vos ides ou encore repousser ses remarques en plaant les paumes de la main vers lextrieur. Par ailleurs, certains gestes vont jusqu se substituer aux mots. Par exemple, tendre la main un collgue signifie quon le salue sans forcment redoubler lacte dun bonjour, lever le pouce suffit attester de la russite dune action tout comme pointer du doigt un enfant suffit poser un interdit.00

Droulement de la sance

Lancement (5 min). Le professeur peut faire semblant dinterroger un lve en le dsignant et du regard sans dire mot. En rvlant le tour, le professeur introduit limportance des gestes dans la communication. Premire tape (15 min). Deux lves prennent en charge la lecture de la bande dessine. Le professeur traite les questions 1 et 2 loral puis les lves rpondent aux questions 3 5 par crit. Une mise en commun a lieu pour corriger les rponses. Deuxime tape (15 min). Les lvent lisent la rubrique Connaissances BAC que le professeur commente puis ils rpondent aux questions 6 9. Une correction est propose. Dernire tape (20 min). Le professeur demande aux lves dcrire la trace crite partir du rsum de la rubrique Connaissances BAC et dexemples concrets tirs de la bande dessine. Pour la sance prochaine, les lves rendront la comptence dcriture (Question Bac) qui pourra tre value. 101

00

Rponses aux questions

La situation de la communication Question 1. Cette planche de la bande dessine Quai dOrsay prsente la rencontre entre le ministre des Affaires trangres (lmetteur) et un tudiant en sciences politiques (le rcepteur). Le ministre lui demande dintgrer son cabinet pour viter une crise internationale au royaume imaginaire de Lousdem. Question 2. Le motif de lentretien devient explicite dans la vignette 3 lorsque le ministre annonce: Jai besoin dune quipe, Arthur un commando. La parole et largumentationQuestion 3. Le ministre fait lire une citation ltudiant quil imagine sensible la valeur des

livres et des ides. Ce moyen dtourn ajoute une lgitimit et une aura la parole du ministre qui devient lhritier dune tradition politique. COMMENTAIRE Comme le ministre avec ltudiant, nombreux sont les crivains et essayistes citer des auteurs reconnus en exergue de leurs livres. La citation sduit le lecteur et situe luvre dans un chemin de pense. Cette filiation renforce limpact des arguments venir. Question 4. Par le choix de son lexique, le ministre cherche susciter la crainte de ltudiant. Son discours mobilise en effet le champ lexical de laffrontement : dangereux (vignette8), menace (v. 7), frapper (v. 9), tensions (v. 11). Par son dbit nerveux et cadenc, le ministre fait sentir ltudiant lurgence dagir et ne lui laisse aucun temps de rflexion. Le mutisme du jeune homme et son expression stupfaite (dernire vignette) nous prouvent le succs de largumentaire. Question 5. Pour intgrer le cabinet, ltudiant doit attester dune disponibilit totale, possder un esprit dquipe, se montrer ractif dans lurgence et respecter la hirarchie. Les gestes et largumentationQuestion 6. Le corps trs mobile du personnage principal est agit par lurgence de la situation

et le dsir de convaincre. Son corps envahit lespace de ltudiant et tend le dominer, lcraser. Ses gestes structurent son discours au mme titre que ses arguments. COMMENTAIRE Limplication du corps dans la communication ne se rduit pas aux gestes, attitudes et postures mais concerne aussi la manire doccuper lespace. La proxmie, discipline dveloppe par Edward Hall dans les annes 1960, analyse ces distances physiques prsentes dans toute interaction. Elle dmontre que la nature de linteraction modifie la distance entre les deux interlocuteurs. Par exemple, la sphre intime suppose une distance moyenne de 45 cm entre les interlocuteurs contrairement la sphre socialesitue: entre 1 m et 3,5 m de distance. Dans la bande dessine, le ministre envahit lespace de ltudiant en transgressant la distance physique de lentretien professionnel (quon mesure entre 1.2 m et 1.8 m) pour simmiscer dans sa sphre intime. Question 7. Dans la vignette 4, lindex point sur le jeune homme lui rappelle avec menace les exigences de sa future fonction. Dans les vignettes 5 et 10, le poing fermement serr du ministre renforce sa volont dagir et de peser dans les relations internationales. Dans la vignette 9, le ministre accompagne le rythme binaire de son discours en balayant lespace de ses mains. On les imagine se dplacer gauche pour introduire la rplique Aujourdhui, cest lAmrique avant de se porter droite et dajouter: Demain, dautres puissances. Question 8. Dans la vignette 3, le ministre affiche une posture en retrait avec les mains jointes lorsquil demande ltudiant de rejoindre son quipe. Ce geste trahit sa crainte daccuser un refus et une certaine faiblesse. Question 9. Daprs sa gestuelle, le ministre possde un caractre dominant et autoritaire (lindex point, v.8). Ses gestes rvlent aussi sa volont dagir sur les vnements (la main serre, v.5), un esprit structur (les mains qui balayent lespace, v. 9) et une certaine faiblesse lorsquil demande de laide (les mains jointes, v. 3). COMMENTAIRE La synergologie est la discipline, encore peu institutionnalise, qui tudie les rapports entre la personnalit dun individu et les mouvements de son corps: gestes, attitudes, postures. Par exemple, une personne dite sanguine occupera lespace dune gestua102

lit ample, affirme et abondante tandis que les gestes du lymphatique seront plus rares, lents et rguliers. Question BAC Comptences dcriture Corrigpossible: Si jai bien compris, Monsieur le Ministre, (il regarde le ministre dans les yeux) vous me demandez dintgrer votre quipe de (il tend la main vers le ministre pour lui rappeler que lexpression vient de lui) commando pour apaiser les tensions internationales au Royaume de Lousdem. Cette dcision suppose deux choses(il compte avec ses doigts): que je me reconnaisse dans vos conceptions de la politique mais aussi que jaccepte les contraintes de la fonction. Pour le premier aspect, je constate aussi, en lisant la presse, que les attentats du 11 septembre 2001 ont fragilis les tats-Unis au point de les mener vers une politique de (il tend la main vers le ministre) guerre prventive comme le disiez linstant. Et, je crois comme vous, quune telle attitude ne peut que conduire une crise diplomatique lourde de consquences. (le poing serr, il frappe lair) Il faut intervenir! (il place ses doigts en faisceaux) Et puis, si nous nintervenons pas, le Royaume de Lousdem ne pourra pas lutter seul: la France est son seul espoir! Enfin, en ce qui concerne les contraintes de la fonction, je les accepte toutes mais (son corps se tasse et il joint ses mains) serait-il possible de maccorder deux jours par semaine pour achever ma thse? Eh bien, puisque cela vous convient, (il se lve et se tient droit, face au ministre) je crois que vous avez compris que jacceptais votre proposition (il croise les bras). Enfin, il ne me reste quune seule crainte: mon inexprience sur le terrain!00

Critres dvaluation

Prsence claire dune dcision (1 point) Justification par des arguments pertinents (2 points) Prsence de gestes et postures qui renforcent le discours (3 points) Prise en compte du destinataire (1 point) Matrise de la langue (3 points)LECTURE

Lautorit de la parole institutionnelle (pp. 158-159)Le vtement sert-il renforcer le pouvoir des mots?00

Objectifs

Reprer et interprter les codes de la tenue institutionnelle. Comprendre comment le vtement rend la parole institutionnelle plus vraie. tre conscient des codes culturels et des usages sociaux du langage.00

Repres

Parvtement institutionnelnous entendons les uniformes rattachs des mtiers dtat comme la justice, la sant, larme, les forces de lordre Ce vtement, trs codifi, possde une double utilit : pour celui qui le porte, il prpare la prise de fonction en lui prodiguant lautorit ncessaire et pour le citoyen qui lobserve, il impressionne diffremment selon le mtier et sa perception (sentiment de protection, de respect, dadmiration, de crainte.). Ce double pouvoir provient de certaines particularits de luniforme qui exacerbent lautorit de son discours: la symbolique des couleurs: le vtement colore la parole dune force symbolique qui sensibilise, consciemment ou non, le citoyen. Par exemple, le rouge de la tenue de procureur symbolise la royaut. Antoine Garapon, spcialiste du rituel judiciaire, confirme qualors mme que la monarchie a disparu en France, la robe judiciaire marque la survivance symbolique, dans la Rpublique, de la personne mme du roi. Dune autre manire, la tenue de camouflage kaki du militaire rappelle au citoyen quil sadresse un homme daction, apte mener des oprations dangereusessur le terrain : le pouvoir de ses mots nen est que renforc; 103

la mise en forme du corps: selon lexercice de lautorit (par une action physique ou par un discours), on constate que lampleur de luniforme varie. En effet, lhabit davocat dissimule le corps du sujet qui doit seffacer pour mieux incarner linstitution tandis que la coupe ajuste de luniforme de feu des sapeurs-pompiers annonce la prdominance du physique. Dans ce dernier cas, cest le corps lui-mme qui, valoris par luniforme, instaure lautorit du discours; le pouvoir des accessoires: Il sagit par exemple des dcorations honorifiques du procureur ou du colonel qui donnent admirer la russite de leur parcours professionnel. Dautres accessoires reprsentent les valeurs attendues dans la parole de celui qui les porte. Par exemple, lcharpe tricolore et la cocarde des maires de France (cocarde orne dun coq et entoure de feuilles de laurier et de chne) attestent de la prsence des valeurs rpublicaines dans le discours des lus.00

Droulement de la sance

Pour mener ce droulement de sance dans les meilleures conditions, il est conseill de le mettre en uvre avec un effectif rduit. Lancement (5 min). Le professeur projette deux imagesmontrant chacune un mdecin au travail: un seul des deux est identifi comme tel grce au port de la blouse blanche. Le professeur demande aux lves dattribuer deux adjectifs qualifiant chacun des hommes. Il les classe au tableau selon les connotations. Premire tape (25 min). Le professeur spare la classe en deux groupes. Un groupe tudie les questions relatives lhomme de loi (avocat et procureur) savoir: 1, 2, 4, 5, 6 et 7 tandis que lautre prend en charge les questions relatives linfirmire savoir: 3, 5, 6 et 8. Pour rquilibrer le travail, on peut ajouter une ou deux questions sur la tenue dinfirmire. Le professeur apporte une aide individualise pour amliorer et valider les rponses de chaque lve. Deuxime tape (20 min). Chaque lve du groupe homme de loi forme un binme avec un lve du groupe infirmire: ils changent et expliquent leurs rponses en respectant lordre des questions de la page 159. Dernire tape (5 min). Le professeur lit et commente la Question Bac et demande de la rdiger pour la sance prochaine. Il vrifie ainsi que lchange entre lves a t constructif.00

Rponses aux questions

Le code vestimentaire Question 1. Les dtails caractristiquesdu costume davocat sont: la longue robe noire, le rabat blanc et lpitoge. Le vtement est trs codifi car il doit tmoigner de la rigueur et la mise en ordre (l. 5) du corps de lavocat. Question 2. On repre cette hirarchie daprs la robe du procureurqui arbore une pitoge en hermine et un manteau de drap rouge: tous deux symboles de la royaut. Les dcorations, rcompenses dune carrire quon imagine brillante, ont la mme fonction. COMMENTAIRE La hirarchie et les comptences sexpriment aussi par le vtement au sein dune mme profession, comme pour les magistrats. En effet, la taille de lhermine sur lpitoge crot proportionnellement lavancement du magistrat. De mme la ceinture de sa robe nous renseigne sur le prestige de son lieu dexercice: sa couleur est bleue en province et noire Paris. Question 3. La blouse dinfirmire est dabord conue pour faciliter les tches quotidiennes. La coupe ajuste et les manches courtes garantissent laisance ncessaire lors des dplacements et des soins. La position des boutons et les poches rserves aux instruments professionnels permettent de gagner de temps au profit du patient. La blouse permet aussi linfirmire dexprimer sa personnalit puisque certaines poches sont rserves ses effets personnels: bijoux, agenda, tlphone La vrit et la parole vraie Question 4. La robe de lavocat renforce sa parole car elle incarne les valeurs de la justice telle que lquit, lordre (texte 1, l. 5), la vrit institutionnelle (texte 1, l. 11) et atteste la prsence de ces valeurs dans la parole de lavocat. Question 5. La robe, incommode pour travailler, permet surtout lavocat dtre vu (texte 1, l. 3) comme dans un habit de thtre (texte 1, l. 2-3). Cest lampleur de cette longue toffe noire qui impressionne et accentue la prsence de lavocat. Lemphase des gestes saccompagne 104

des mouvements de ltoffe: la robe donne forme au discours (texte 1, l. 15). Quant linfirmire, sa blouse est un lment glorifiant (texte 2, l. ) aux yeux des patients. Elle dcuple son charisme et son assurance. Question 6. La couleur noire, au tribunal, connote labsence de fantaisie, la gravit et la privation. Cette couleur conforte donc la vrit de lavocat fonde sur la rigueur de la dmonstration et la logique de largumentaire. Il en est autrement de la couleur blanche dans le monde mdical. Symbole de connaissance, de probit et dhygine, le blanc de la blouse dinfirmire conforte une parole scientifique valeur explicative et objective. COMMENTAIRE lorigine, les hommes de loi appartenaient au clerg. Pour cette raison, ils ont revtu une robe noire en signe de soumission leur clibat et, par extension, le noir est devenu au tribunal un signe dabngation, de privation. Pour la tenue dinfirmire, lutilisation de la couleur blanche sexplique par la volont de changer limage ngative de la blouse. Longtemps, la blouse a en effet t perue comme une protection contre les agressionsdun milieu rput sale: cest la blouse grise du quincailler qui se protge des visseries rouilles, cest la blouse noire du maquignon (vendeur de chevaux). Le blanc de la tenue dinfirmire a transform cette perception en valorisant le souci dhygine des personnels soignants. Lautorit de celui qui parle Question 7. Lautorit de lavocat et du procureur samplifie par le vtement de plusieurs faons. Par la noblesse de ses toffes (hermine, drap rouge, pitoge en fourrure), la robe rend visible le prestige social du mtier davocat. Par son aspect codifi, la robe connote la rigueur, la droiture desprit. Enfin, la robe et ses dcorations attestent des comptences du procureur et de ses succs. Question 8. La blouse blanche donne le courage daffronter certaines situations difficiles et stressantes: Une fois ma blouse mise, je nai plus le trac (l. 5). Dautre part, elle rassure le patient qui peroit son pouvoir salvateur (l.2) et, par la blancheur du vtement, son souci dhygine. En somme, la tenue protge linfirmire en mme temps quelle sensibilise le patient. COMMENTAIRE Le personnel soignant semble conscient des pouvoirs protecteurs et rassurants de la blouse car aucun rglement noblige la porter. Question BAC Lecture, prsentation du corpus Corrigpossible: Les deux textes et leurs illustrations associent les fonctions de lhomme de loi (plaider pour dfendre son client) et de linfirmire (soigner et rassurer ses patients) avec les caractristiques du vtement. Ils montrent que, selon des codes propres chaque tenue, le vtement accentue lautorit de la parole institutionnelle. En effet, la robe davocat et de procureur, vritable habit de thtre (texte 1, l. 2-3) renforce la prsence de celui qui parle. De plus, la noblesse des toffes (fourrure en hermine, revers de manche en soie) impressionne linterlocuteur ce qui amplifie lautorit de lhomme de loi. La robe, elle-mme [] discours (texte 1, l. 13), incarne aussi les valeurs attendues dans la parole de lavocat: la rigueur et la vrit institutionnelle (texte 1, l. 11). linverse, la tenue dinfirmire est moins destine impressionner qu rassurer le patient en attestant de ses comptences. En effet, la coupe ajuste et les manches courtes de la blouse attestent que linfirmire agit vite et avec aisance : cela lui confre un pouvoir salvateur (texte 2, l. 1-2). Par ailleurs, le blanc de la tenue connote la propret et la matrise de connaissances scientifiques par la soignante. Lensemble documentaire dmontre en dtails que la blouse dinfirmire et la robe dhomme de loi renforcent, chacun sa manire, le pouvoir de leur parole.00

Critres dvaluation

Prsentation du mtier dhomme de loi et dinfirmire (2 points) Description des tenues institutionnelles (2 points) Utilisation des deux textes pour montrer comment le vtement renforce lautorit de la parole (4 points) Matrise de la langue (2 points) 105

LECTURE

Le vtement et la parole professionnelle (pp. 160-161)Comment le vtement dit-il ce que lon sait faire ?00

Objectifs

Comprendre comment la tenue de travail annonce les comptences de celui qui la porte. Analyser lvolution du regard dun personnage. tre conscient des codes culturels et des usages sociaux du langage.00

Repres

Certaines professions recourent au port de luniformenon seulement par ncessit fonctionnelle mais aussi parce que lhabit de travail se pense comme un signe didentification et dappartenance. Il confre celui qui le porte le pouvoir de dire ce quil sait faire et ce de plusieurs manires. Luniforme renseigne sur les activits du mtier. En effet, les dtails de la tenue de cuisinier nous informent sur certaines tches professionnelles : lpais tissu de la veste de cuisine indique le contact avec des produits inflammables, le tour de cou (pour absorber la sueur) et le col droit de la veste (pour tre laise) rappellent que cuisiner ncessite un effort physique tandis que les chaussures antidrapantes confirment que le cuisinier agit dans la prcipitation. linverse, le costume-cravate du cadre suprieur annonce plutt des activits dominante conceptuelle. Luniforme atteste dune qualification. Lorsque le pilote de ligne se prsente aux voyageurs, son uniforme prouve lobtention de son diplme et, ce faisant, sa matrise des comptences ncessaires au dcollage de lavion. La tenue de pilote rassure et semble dire: Vous voyez, je sais faire voler un avion. Luniforme indique la position hirarchique. Cette fonction de la tenue professionnelle impose autant une autorit quelle facilite le travail en quipe. Une htesse de lair confirme que : le chef de cabine, dans la phase dembarquement et de clture du vol, doit reprer dun simple regard qui fait quoi: cest une phase stressante et la communication non verbale, travers les signes de reconnaissance du vtement, constitue un outil facilitateur. Le statut professionnel sexprime souvent au travers de dtails tels que la taille des manches. En effet, dans la restauration rapide le cuisinier porte une tenue manches courtes (associe aux comptences manuelles) tandis que les responsables se diffrencient par des manches longues. Un autre moyen de rendre visible son statut rside dans les couleurs comme en tmoigne lexpression col blanc-col bleu sparant les cadres des excutants. Cest ainsi quun simple col tricolore (bleu, blanc, rouge) suffit distinguer lartisan ordinaire du Meilleur ouvrier de France.00

Droulement de la sance

Lancement (5 min). Le professeur peut questionner les lves sur leur perception deux-mmes et celle de leur entourage lorsquils portent leur habit professionnel: le costume (filires de lhtellerie, du commerce) ou la blouse (filires industrielles, sanitaires et sociales). Il explique ensuite les objectifs de la sance. Premire tape (20 min). Le texte 1 est lu par un lve en deux temps (1er temps: l. 1 20, 2etemps: l. 21 61). Les lves rpondent oralement aux questions 1 et 2 puis par crit aux questions 3 7. Une mise en commun permet une correction crite. Deuxime tape (20 min). Un lve lit la Question Bac. clairs par les commentaires du professeur, ils y rpondent en autonomie. Ce travail peut faire lobjet dune valuation. Dernire tape (10 min). Le professeur vrifie les acquis de la sance en demandant quelques lves de choisir une autre tenue professionnelle pour expliquer comment elle dit ce que lon sait faire. Ex: luniforme militaire, luniforme de pompier00

Rponses aux questions

Le vtement professionnel Question 1. Camille peroit dabord le changement didentit de Franck avec stupfaction et demeure interdite (l. 20) puis elle savre fascine (l. 33) la vue de cet homme nouveau. 106

Enfin, toute perturbe, Camille est partage entre se concentrer [] et lever la tte pour ne pas en perdre une miette (l. 34). COMMENTAIRE Une autre tenue professionnelle fascine tout autant: luniforme de feu des sapeurs-pompiers. Ginette Francequin (Le vtement de travail, une deuxime peau, Eres, 2008) rappelle que90% de la population apprcient luniforme de pompier. Lorsquelle questionne un pompier volontaire de 25 ans, il confirmequeles pompiers sont encore sans doute les personnes en uniforme prfres et les plus admires par la population. Nous sommes perus dans une relation humaine de soutien et daide. Question 2. Les candidats de lmission Masterchef se prsentent au jury en vtement de travail (l. 2). Leur tenue indique quils ont franchi un premier pas dans lunivers de la gastronomie. Lacquisition de nouvelles comptences se traduit donc par un changement dapparence vestimentaire. Question 3. La tenue de travail rassure celui qui la voit car elle annonce les qualits professionnelles de celui qui la porte. Cest bien cette tenue qui mtamorphose, aux yeux de Camille, le Franck nglig en un talentueux cuisinier. Lautorit de la parole professionnelleQuestion 4. Le vtement de cuisine de Franck traduit certaines de ses qualits professionnelles.

son pantalon nickel (l. 21) et sa veste impeccablement repasse (l. 21) on peroit la rigueur et le sens de lorganisation. Son tablier et torchon immaculs (l. 23) prouve son souci dhygine et sa matrise des techniques de cuisine. Question 5. Les apprentis prsentent leur plat en vtement de travail (l. 2) face un jury en costume trois-pices (l. 3). La distinction hirarchique est forte: le tablier, souvent tach, rappelle leur niveau de dbutant tandis que la tenue crmonieuse du jury rend compte de leur accomplissement professionnel, de leur russite. Question 6. Dans le texte 1, les termes techniques employs par les professionnels sontnombreux : commis (l. 3), chef de partie (l. 6), saucier (l. 41), du pourpier (l. 52), roquette (l. 54), ficode glaciale (l. 58). Dans le texte 2, les termes techniques sont: crase (l. 4), textures (l. 6), bouches (l. 8), insipide (l. 11). Lutilisation dun vocabulaire technique permet de reprer la hirarchie tablie dans la cuisine (le commisna pas la mme autorit que le chef), de dcrire avec prcision les saveurs et enfin de distinguer les varits dingrdients(dans le texte 1, la salade se dcline en quatre varits). COMMENTAIRE Le vocabulaire spcialis permet aussi de nommer les divers ustensiles de cuisine selon leur fonction. Par exemple, le couteau dsosser ne requiert pas la mme technique de coupe que le couteau filet de sole. Question 7. Le vtement ne suffit pas valider la comptence de celui qui parle car il importe aussi de matriser un savoir-faire, une technique. Il ne suffit pas dtre dguis en pilote de ligne pour faire dcoller un avion! COMMENTAIRE Revtir le vtement professionnel ne suffit pas acqurir les comptences annonces par le vtement: il faut parfois se mfier des apparences. En effet, si luniforme annonce les comptences dun professionnel, il peut aussi bien duper en attestant de comptences que la personne ne possde pas. Le film Attrape-moi si tu peux de S. Spielberg illustre cet usage fallacieux de luniforme. Il raconte lhistoire vraie de Frank Abaganale Jr, adolescent fugueur, virtuose de la fausse identit, se faisant passer tour tour pour pilote de ligne, mdecin ou avocat dans lAmrique des annes 60. La fascination et la crdibilit que confre le costume, devenu panoplie, lui ouvrent les portes de milieux professionnels dont il ignore tout. Question BAC Lecture, analyse et interprtation Corrigpossible: Dans cet extrait Anna Gavalda dcrit, en quatre tapes, lvolution du regard de Camille sur Franck, son compagnon, lorsquelle le dcouvre en tenue de cuisinier. En effet, le passage de la ligne 27 29 nous rappelle dabord que Camille peroit Franck de faon trs pjorative puisquil est tour tour vantard (l. 27), crtin (l. 27), pteux (l.27) et misogyne. Mais cette numration ne sert qu renforcer sa stupeur lorsquelle dcouvre 107

Franck en habit de cuisinier: Elle leva la tte et resta interdite (l. 20). La mtamorphose est si radicale quelle ne le reconnut pas (l. 21). Ensuite, Camille ressent une irrsistible fascination quelle explique par le prestige de luniforme (l. 29): elle ne peut sempcher dadmirer Franck en levant la tte pour ne pas en perdre une miette (l. 34). Enfin, aux yeux de Camille, la tenue professionnelle revalorise Franck comme en tmoignent les expressions mlioratives: plus grand, beaucoup plus calme que dhabitude (l. 35). Dans ce passage, le lecteur suit les tapes de lvolution du regard de Camille et ressent nettement la rupture entre limage de Franck au quotidien et limage du cuisinier accompli. Critres dvaluation Prsence des tapes de lvolution du regard de Camille (4 points) Illustration par des citations places entre guillemets (2 points) Mise en avant dune rupture entre lhomme ordinaire et le cuisinier (2 points) Matrise de la langue (2 points)LECTURE

La mise en scne de la parole (pp. 162-163)Comment la mise en scne peut-elle favoriser le dbat dide?00

Objectifs

Comprendre comment la mise en scne de la parole contribue son efficacit. Reprer les caractristiques de diffrentes prises de parole. Analyser limportance de la disposition scnique dans la circulation de la parole.00

Repres

Certaines des missions proposes ci-dessous titre dexemple ne sont plus programmes mais de nombreux extraits vidos sont accessibles sur le site de lInstitut National de lAudiovisuel (www.ina.fr) Longtemps, la parole publique sest inspire de la tradition thtrale o le locuteur tient un discours-monologue face un public muet. Cest le cas de la remise des prix Nobel, des discours de rception lAcadmie franaise ou de la crmonie des Csars qui a dailleurs lieu au thtre du Chtelet Paris. Patrick Amey (La parole la tlvision, les dispositifs des talk-shows, 2009) qualifie cette parole solennelle de monologale. En rupture avec ce dispositif, le dbat implique une parole dlibrative et dialogale o les changes dides participent la qute commune dune vrit. Pour se faire, les participants, en nombre rduit, se font face autour dune table de forme souvent ovode ou triangulaire afin que circule la parole. Sa mise en scne tlvise construit soit un espace de sociabilit(cest par exemple le studio-salon dans lmission Ce soir ou jamais ou latmosphre du studio-caf dans lmission Face au franais) soit un espace de rflexion lambiance studieuse comme dans lmission Cest dans lair. Conjointement et depuis les annes 1980, le dispositif des talk-shows instaure de nouvelles modalits de circulation de parole quAmey appelle polylogale. Dans ce modle tlvis, le public, quil soit citoyen ordinaire ou emblmatique, intervient indirectement (tmoignage tlphonique, vote ou question par SMS) ou lors dune prise de parole sur le plateau. Ce changement affecte toute la scnographie des plateaux de tlvision: lespace rinvestit lidal antique de la parole dmocratique avec le studio-amphithtre (lmission Du fer dans les pinards) ou bien se construit de manire polycentre entre lespace de lanimateur, lespace des experts/chroniqueurs et lespace du public (mission On ne demande qu en rire). Ds lors, lanimateur voit son rle se renforcer puisquil connecte dsormais tous ces espaces de parole en mme temps que le contenu mme du discours se transforme : plus simple, plus concis, plus divertissant pour maintenir lattention du tlspectateur.00

Droulement de la sance

Lancement (5 min). Le professeur peut annoncer quun dbat oral aura lieu la semaine prochaine dans cette salle. Il demande alors aux lves: Comment pourrait-on modifier lespace de manire favoriser la circulation de la parole?. Il introduit ensuite les objectifs de la sance. Premire tape (15 min). Pour chaque document, le professeur demande un lve de lire le 108

commentaire introduisant le document et de dcrire chaque disposition scnique. Les lves rpondent oralement aux questions 1 et 2 et par crit aux questions 3 5. Une mise en commun permet une correction crite. Deuxime tape (15 min). Les lves prennent connaissance des schmas de circulation de la parole et de la dure des interventions. Le professeur commente puis invite les lves rpondre aux questions 6 8. Troisime tape (15 min). Le professeur projette un tableau vierge au rtroprojecteur (en horizontal: les titres des trois documents, en vertical: les trois axes du cours). Les lves volontaires viennent le remplir de faon synthtique. Ce tableau tient lieu de trace crite. Dernire tape (5 min). Un lve lit haute voix la Question Bac que le professeur demande de raliser pour la sance prochaine.00

Rponses aux questions

La construction de lespace Question 1. Dans la parole solennelle (doc. 1): trois participants sexpriment, dans la parole en dbat (doc. 2) cinq participants prennent la parole et dans la parole de proximit (doc. 3) sept intervenants interagissent avec le public. Question 2. Le public de la parole solennelle est spar des intervenants par cette frontire visiblequest la scne tandis que dans la parole de proximit, le public est intgr au plateau de tlvision. Cette diffrence nous amne conclure que la disposition du public dtermine sa prise de parole selon quil sera spatialement exclu (public passif) ou intgr (public actif). Question 3. Dans le document 1, les participants, qui font face au public, parlent peu pour conserver son attention. Dans les documents 2 et 3, la disposition des six participants en face face facilite les interventions plus longues et les changes. On remarque aussi dans la parole en dbat (doc. 2) que les participants les plus prolixes sont souvent proches de lanimateur dont le rle consiste distribuer la parole. La circulation de la parole Question 4. La parole solennelle est une parole trs codifie et ritualise (dans notre cas, le prsentateur introduit les nomins, il annonce le laurat puis le public coute son discours). De plus, la parole ne circule pas puisquelle est frontale: de la scne vers lauditoire. linverse, la parole de proximit est dynamise et mise en spectacle par lanimateur qui fait interagir des intervenants au statut vari: experts, invits, public. Question 5. Le public de la crmonie de remise des prix ne prend pas la parole car ni la disposition scnique, ni lvnement ne sy prtent : il ne sagit pas dun dbat dides, ni dune runion mais bien dun discours de remerciement. Comme au thtre, le public ne peut qucouter sans intervenir. Linteractivit Question 6. Dans le document 2, lintervenant B sexprime le plus longtemps car sa parole circule et sadresse tous les participants. Dans le document 3, cest lanimateur qui prend le plus la parole car cest lacteur central dans un talk show. Il prsente et annonce les thmes de lmission, distribue la parole et il assure les transitions de faon divertissante. Question 7. Les participants les plus actifs lors du dbat sont A, B et D. Le participant C sest isol du groupe puisque ses interventions sont de courte dure et ne tiennent pas compte de lintervenant D, ce qui nuit la circulation de la parole. Question 8. La parole de proximit choisit dimpliquer le public comme moyen indirect de faire participer les tlspectateurs lmission. En effet, ceux-ci sidentifient au public prsent sur le plateau quil sagisse dun porte-parole ou dun citoyen ordinaire. Dautre part, lintervention du public enrichit le dbat de tmoignages, dune parole vraie et rend plus dynamique la circulation de la parole sur le plateau. Le rle des experts consiste seulement fournir des rponses synthtiques et clairantes pour le public. COMMENTAIRE Le public de tlvision intervient selon des degrs variables. Patrick Amey (La parole la tlvision, le dispositif des talk-shows) en distingue trois: le public manifestant dans certaines missions de divertissement. Il peut applaudir, huer en chur mais nest pas autoris prendre la parole; 109

le public auditoire des dbats culturels qui incarne lidal du tlspectateur: attentif et rvrencieux; le public participant de certains talk-shows. Emblme de la parole dmocratique, le citoyen ordinaire devient alors un interlocuteur part entire. Mais si la parole du public prime dans certains talk-shows, celle des experts demeure prdominante dans la plupart des missions dinformation, dans les dbats politiques et les magazines culturels. La parole des professionnels donne en effet une lgitimit lmission de par leur statut (cest le pouvoir-dire) et leur talent de rhteur (cest le savoir-dire). Question BAC Comptences dcriture Llve peut accompagner son texte dun schma du plateau de tlvision (sur le modle des pages 162-163) pour rendre compte de la circulation de la parole selon ses choix de mise en scne. Corrigpossible: Pour raliser lmission Les jeunes, leur avenir, leur mtier nous avons opt pour le dispositif de la parole de proximit (document 3). Les raisons qui ont motiv notre dcision sont nombreuses. Tout dabord, au niveau de la disposition scnique, nous avons intgr au maximum le public de lycens et dtudiants dans lespace interlocutif des experts. Pour cela, les gradins ne sont spars du reste du plateauque par quelques mtres. Notre choix de placer le public en hmicycle renforce aussi sa visibilit: il en sera dautant plus sollicit par lanimateur. En effet, cest lui quil revient de faire interagir les spectateurs avec les experts, runis au centre de lhmicycle. Pour cela, nous avons pens deux modes dintervention: lanimateur prte dabord le micro aux volontaires qui veulent poser une question puis il invite (aprs concertation) des reprsentants du public venir tmoigner au centre du plateau. Dautre part, en ce qui concerne latmosphre, nous avons conu un dcor rsolument intimiste o les couleurs dominantes sont le bleu et le blanc. Le plateau devient ainsi propice une discussion sereine et lcoute attentive des participants qui sexpriment en toute confiance. Par ailleurs, pour que la parole circule rgulirement et de faon homogne, les trois experts et les trois reprsentants du public se font face, confortablement assis sur des canaps design. Lanimateur, qui doit se distinguer des autres participants, prend place sur un fauteuil cosy situ entre les deux canaps. Enfin, pour le cadrage, nous avons limit les gros plans afin dviter les diffrences de temps dapparition limage. Nous savons en effet que les participants les plus visibles limage sont aussi ceux qui interviennent le plus frquemment. Ainsi, nous avons privilgi les plans larges o tous les participants sont prsents dans limage ainsi que des plans densemble qui englobent toute la scne y compris le public. Dans ce mme esprit de parole dmocratique, notre clairage est uniforme et intense pour ne mettre personne en retrait. En somme, nous avons dmontr que nos choix de mise en scne (espace scnique, atmosphre, cadrage) ont optimis la circulation de la parole de tous les intervenants de lmission. Critres dvaluation Choix dun dispositif favorisant la circulation de la parole (1 point) Justification pertinente des choix de mise en scne (4 points) Prise en compte de tous les aspects de la mise en scne: dcor, cadrage, clairage (3 points) Matrise de la langue (2 points)LECTURE

Les lieux de la parole politique (pp. 164-165)De quelles faons le choix dun lieu influence-t-il lexercice de la parole?00

Objectifs

Comprendre comment la mise en scne de la parole contribue son efficacit. Analyser linfluence du lieu sur le discours politique et sa rception. Situer le lieu du discours dans sa dimension historique. 110

00

Repres

Dans son trait de rhtorique, Aristote distingue trois catgories dans la pratique de lart oratoire : un raisonnement logique et argument (le logos), limage que lorateur cherche donner (lethos) et enfin les motions quil utilise pour sduire lauditoire (le pathos). Or, dans nos dmocraties reprsentatives, o la majorit des dirigeants sont lus par le peuple, les mdiologues constatent une importance accrue de lethos et du pathos dans lloquence politique. Ds lors, le lieu o se tient le discours devient primordial car il oriente la teneur de la parole et sa rception selon diffrents procds. La disposition scnique : emphatique et loquent ou bien sobre et savant, le discours sadapte selon: le degr de mobilit de lorateur, la superficie de la salle, la rpartition du public (frontale, circulaire), et le nombre de militants prsents. On se souvient par exemple, de B. Obama rpondant aux questions de 4000 tudiants runis dans limmense amphithtre du Parc des Expositions Strasbourg. Le prsident adoptait une parole jeune et en interaction avec les tudiants, dynamise par dincessants dplacements, le micro la main. La symbolique du lieu : certains lieux sont choisis pour la force symbolique quils expriment et qui chargent ainsi les mots de lesprit des lieux. Cest le cas des nombreux discours socialistes au gymnase Japy Paris o dj en 1899 stait tenu le premier comit gnral des organisations socialistes. Le lieu symbolise donc lunion politique et les fondements du socialisme. De mme, le discours de N. Sarkozy Versailles simprgne de laura dun lieu prestigieux, symbole de la royaut franaise. La mise en spectacle mdiatique: la parole de lorateur est mise en scne par un dispositif de sons et lumires destin captiver lauditoire comme lacteur sur scne. Le discours est amplifi par de nombreuses enceintes et des images (de militants, de slogans, de lorateur lui-mme) sont projetes sur grand cran. Ce dispositif est lexpression la plus affirme du pathos dans la parole politique. Les meetings de S. Royal ou de F. Bayrou Bercy en sont lillustration.00

Droulement de la sance

Lancement (5 min). Le professeur peut diffuser une courte squence du documentaire Le Prsident dYves Jeuland durant laquelle le politique George Frche prononce un discours. Il demande aux lves de bien observer le lieu o le discours est prononc. Le professeur explique ensuite les objectifs de la sance. Premire tape (15 min). Pour chaque document, le professeur demande un lve de lire le commentaire introduisant le document et de dcrire chaque lieu. Les lves rpondent oralement la question 1 et par crit aux questions 2 4. Une mise en commun permet une correction crite. Deuxime tape (15 min). Un lve lit haute voix la rubrique Connaissances BAC que le professeur commente. On rpond aux questions 5 8 par crit et la question 9 par oral. Troisime tape (15 min). Le professeur lit et commente la Question Bac laquelle les lves rpondent en semi-autonomie. La correction peut servir de trace crite la sance. Dernire tape (5 min). Si les lieux sy prtent, le professeur peut vrifier les acquis des lves en demandant: Dans quelle salle du lyce, et avec quels amnagements, le discours de rentre du proviseur aurait-il le plus de porte?.00

Rponses aux questions

Le regard de lorateur Question 1. Lespace spectaculaire (doc. 2) valorise le mieux lorateur car le prestige du dcor et la disposition concentrique de la salle renforcent sa prsence. Question 2. Seuls lespace spectaculaire (doc. 2) et lespace dtourn (doc. 3) rendent suffisamment visible lorateur pour quil mette en scne sa parole. Libre de parcourir la scne, il peut accompagner son discours de gestes et de postures. Question 3. Par sa mobilit, lorateur se rend plus convaincant. En effet, ses dplacements expriment son dynamisme et ses gestes renforcent ses arguments. Dautre part, un orateur mobile parviendra plus facilement maintenir lattention de lauditoire que dans une position statique. COMMENTAIRE Le thtre, dans le registre de lmotion, a men le plus loin les rflexions sur 111

limportance des dplacements dans la rception de la parole. Certaines personnalits politiques appliquent ces techniques thtrales au discours politique comme celui de Sgolne Royal au Znith Paris en 2008. Lorganisateur de la soire, le producteur et acteur de cinma Dominique Besnehard, confirme quelle a cout les conseils de deux professionnels du thtre, Ariane Mnouchkine (metteur en scne) et Didier Bezace (comdien). Les changements sont notables: le pupitre a disparu, la femme politique occupe lespace scnique comme une vraie comdienne, ses gestes sont amples et matriss. La disposition scniqueQuestion 4. Dans lespace habituel (doc. 1), la scne disparat dans larrire-plan rouge ce qui

attnue la porte du discours des intervenants. De plus, les chaises sont alignes, dune mme hauteur, face la scne: la visibilit de lauditoire en est restreinte. Dans lespace dtourn (doc.3), la salle impressionne par ses dimensions et la disposition des chaises connote le rassemblement puisque lauditoire entoure lorateur. Ces diffrences orientent la perception du discours: dans le document 1, limpact motionnel sera moindre que dans le document 2. Question 5. Les trois lieux recourent aux sons et lumires avec des effets diffrents sur lauditoire. Ainsi, dans lespace habituel (doc. 1) et dans lespace dtourn (doc. 3), les micros et les enceintes ne font quamplifier le discours pour assurer une meilleure coute. Il en est autrement dans le document 2, o les moyens techniques rendent lvnement spectaculaire. Les effets de lumire thtralisent le discours de lorateur pour mieux fasciner lauditoire. Question 6. Alors que lespace habituel (doc. 1) ne se rfre pas directement un lieu historique de lloquence, lespace spectaculaire (doc. 2) sinspire explicitement de lAntiquit et de la configuration du Snat en forme damphithtre. Enfin, le gymnase Jappy (doc. 3), espace dtourn de sa fonction, se veut lhritier de lart oratoire du xixe sicle. lpoque, les orateurs investissaient des lieux inattendus tels que les salles de jeux, les cafs, les rfectoires COMMENTAIRE On remarque quaujourdhui les lieux de la politique sinspirent conjointement des trois priodes de la rubrique Connaissances BAC . Ainsi, il est frquent quune personnalit politique sexprime dans lhmicycle de lAssemble Nationale (hritier de lantique Snat romain) puis investisse un lieu inattendu comme un gymnase, une salle de spectacle (dans la tradition du xixe sicle) tout en veillant prendre la parole dans les nouveaux mdias (tlvision, internet). La nature de la prise de parole (emphatique ou rserve, affecte ou dmonstrative, vulgarise ou technique) changera selon latmosphre et les possibilits de communication du lieu. La circulation de la paroleQuestion 7. Dans la salle de congrs, il est permis dattendre un discours plein demphase et de

grandiloquence pour emporter ladhsion de lauditoire par lmotion. Dans la salle de runion, le ton sera plus sobre et le discours srement plus analytique, dtaill et argument. Le lieu est plus propice une rflexion argumente qu leffervescence du public. Question 8. Cest dans la salle de runion que la parole circule le mieux en raison de leffectif rduit des militants et de leur proximit avec lorateur. Nanmoins, la salle de congrs (doc. 2) peut, si les interventions sont matrises, permettre la prise de parole de lauditoire par le biais dun micro. La circularit des gradins assure en effet celui qui parle une visibilit qui facilite les changes entre la scne et le public. COMMENTAIRE On peut aussi conjecturer que lespace spectaculaire dispose des moyens audiovisuels pour diffuser sur grand cran (visible en arrire-plan) limage de lorateur mais aussi les interventions du public. Question 9. La parole solennelle a toute sa place dans lespace spectaculaire en raison du prestige dune salle moderne et spacieuse et grce aux sons et lumires spectaculaires. La disposition de la salle en amphithtre renforce aussi lloquence de lorateur rendu visible de toute part. Question BAC Lecture, prsentation du corpus Corrigpossible: Les trois documents iconographiques reprsentent une vue densemble de la prparation des lieux en prvision dun discours politique. Or, on saperoit que la configuration de chaque salle va influencer lexercice de la parole. 112

En effet, dans tous les documents le principe est identique: une personnalit politique sadresse, depuis une scne, des militants qui lui font face. De mme, chaque salle recourt un dispositif sonore et/ou lumineux pour amplifier la rception de son discours. Nanmoins, au-del de ces points communs, chaque disposition scnique possde des particularits qui vont influencer la teneur du discours autant que sa rception. Par exemple, la simplicit dpouille de la petite salle de runion (doc. 1) va correspondre une parole politique pose et propice la rflexion ainsi quaux interventions du public. linverse, les dimensions spectaculaires de la salle de congrs (doc. 2) et du gymnase (doc. 3) vont orienter le discours vers lemphase et le sensationnel pour exalter le public dispos en hmicycle. Les moyens techniques (sons et images) de la salle de congrs sont aussi dvolus cette fonction: faire du discours un spectacle audiovisuel. Ces trois documents dmontrent donc limportance du choix du lieu dans la nature des informations et des motions que lon veut transmettre au public. Critres dvaluation Prsentation des trois documents (nature, ides essentielles) (1 point) Mise en avant de leurs points communs (3 points) Mise en avant de leurs diffrences (4 points) Matrise de la langue (2 points)VERS LE BAC ORAL

Analyser une mission de tlvision (pp. 166-167)00

Objectifs

Reprer et prendre en notes les procds de mise en scne de la parole tlvise. Analyser la mise en scne de la parole tlvise. Restituer et mettre en commun ses observations loral.00

Repres

Cette activit doit permettre llve dassocier le genre de lmission (journal tlvis, talk show, dbat) et ses codes respectifs avec le type de parole mise en scne. En effet, selon le genre de lmission la parole sera plus ou moins informative, divertissante ou polmique comme le reprsente le schma ci-dessous. Les concepteurs des missions construisent cette parole en combinant plusieurs lments. Il sagit dabord de limage (le cadre, le montage pour les missions en diffr, le mouvement, langle de vue, la lumire) et du son (voix, bruits, musique) qui vont renforcer ou limiter la frquence et limpact des interventions. Cest aussi le dcor qui colore le discours dune ambiance (dcor de lintimit inspir de certaines pices de la maison comme le salon, la cuisine voire la bibliothque ou plutt inspir de lespace public comme la

113

salle de caf, la rue, le tribunal). Le dcor, qui cre souvent un univers fictif pour les missions divertissantes, laisse de plus en plus apparatre ses quipements technologiques dans les missions informatives. Les camras et rails de travelling se veulent alors les garants dune certaine transparence, dune objectivit de linformation. Enfin, la circulation et la nature de la parole sont dtermines par le statut dexperts ou de profanes des intervenants ainsi que leur disposition sur le plateau de tlvision. Car, si depuis deux dcennies, le citoyen ordinaire a investi de nombreuses scnes de la parole divertissante, lintervention des experts demeure prdominante dans la plupart des missions dinformation, de dbat politique et les magazines culturels.00

Droulement de la sance

Lancement (5 min). Le professeur peut questionner les lves sur les missions quils regardent en dehors des films, sries et documentaires. Le professeur classe au tableau les missions selon trois types de paroles: divertissante, informative, polmique. Il pourra saider du schma de la rubrique Repres. Enfin, il explique qu chaque type de parole tlvise correspond une mise en scne spcifique comme va le dmontrer lanalyse dun extrait vido dmission. Premire tape (5 min). La classe est divise en trois groupes. Chaque groupe prend connaissance du contenu de sa grille et le professeur attribue chaque lve du groupe deux trois lments observer. Deuxime tape (20 min). Le professeur diffuse, deux reprises, une courte squence de talkshow (cinq dix minutes suffisent amplement) riche en prises de parole. Les lves prennent des notes de ce quils ont observer. Troisime tape (20 min). Chaque groupe met en commun ses notes et prsente la classe, sur transparent, un tableau rcapitulatif de ses observations. Dernire tape (5 min). On met en commun les observations sous la forme dun schma synoptique ou dun paragraphe. Par manque de temps, le professeur peut demander aux lves de rendre cette synthse pour la sance prochaine.LANGUELnonciation (pp. 168-169)

00

Objectifs

Connatre et reprer les indices de lnonciation. Produire un nonc comportant un jugement. Champ linguistique: lnonciation, les procds de soulignement et deffacement du discours.00

Repres

Lnonciation est lacte de production dun nonc par un metteur dans une situation de communication. Cet nonc sadresse un destinataire dans des circonstances spatio-temporelles particulires. Lnonciation se distingue de lnonc qui est le produit oral ou crit de lacte dnonciation. Les indices de lnonciation sont nombreux: les pronoms personnels, les dterminants et les pronoms possessifs qui renvoient lmetteur (je, mon, le mien) et au destinataire (tu, vous, ton, le tien). les indices de lieu qui permettent de reprer le rfrent par rapport au site de lnonciation. Par exemple, ici dsignant le lieu o lmetteur parle va sopposer l qui dsigne ce qui est loign. De mme, les complments de temps comme aujourdhui, hier, en ce moment sont des repres par rapport au moment de lnonciation. les modalits dnonc qui renvoient lattitude de lmetteur vis--vis du contenu de lnonc. Cette fonction dite expressive peut tre exprime par le doute (Il est sans doute parti, Je viendrai demain), laffectif (heureux, mouvant, ennuyeux) ou lvaluatif (bon/mauvais, vrai/faux). lmetteur exprime aussi ses sentiments travers son intonation. lcrit, la ponctuation tente de restituer ces nuances (exemple du point dexclamation qui souligne la colre). 114

Au del de cette perspective strictement linguistique, lnonciation peut tre aussi apprhende dans la perspective des rapports sociaux, objet de la sociolinguistique. Il sagit de montrer comment le lieu social de la communication (institutionnel ou non), les positions sociales respectives des protagonistes, leur apparence influencent lnonciation.00

Droulement de la sance

Lancement (5 min). Le professeur crit au tableau une phrase-exemple comportant des indices dsignant lmetteur, le destinataire et un indice temporel. Il demande ensuite aux lves de reprer ces indices laide de leurs acquis. Pour cela, il demande: qui parle? qui? et doon parle ?. Il introduit alors la notion dnonciation et un lve en lit la dfinition la page 168. Premire tape (5 min). La lecture des parties A et B (page 168) concernant lmetteur, le destinataire et les indices spatio-temporels donne un clairage plus prcis sur ces notions que la plupart des lves connaissent. Deuxime tape (20 min). Les lves travaillent en semi-autonomie sur les exercices 1, 2, 3 et 4. On procde la correction. Troisime tape (5 min). La lecture de la partie C (page 168) introduit la place du jugement de lmetteur dans son nonc. Quatrime tape (20 min). Les lves travaillent en semi-autonomie sur les exercices 5, 6, 7 et 8. Le professeur peut corriger les exercices 5 7 et ramasser le travail dcriture (exercice 8) qui rinvestit toutes les notions de la sance.00

Corrig des exercices

Exercice 1 -1re rplique: H1 est prsent trois reprises avec je et H2 avec te. -3e rplique: H1est prsent avec je, me, moi et H2avec deux reprises tu et t. Exercice 2 Les indices de temps sont: deux heures, quelques mois et les indices de lieu sont: lautobus, au restaurant, chez Cleste, chez Emmanuel. Exercice 3 1. Les indices de temps sont: hier, 31 dcembre, jour de lan, cette anne l, vingt ans, aujourdhui et 1er janvier. Les indices de lieu sont: sur un coin de la chemine, Paris. 2. On peut remarquer que Guy de Maupassant a publi sa nouvelle le 1er janvier 1886. Lauteur fait correspondre les dates voques dans le rcit: Ctait hier, 31 dcembre et la fte du 1er janvier avec la date de publication dans le journal. Cest pour lui et son personnage, Georges Garin, une sorte de date anniversaire. 3. Lauteur a choisi de faire parler le narrateur la 1re personne, cest--dire je. Ce procd rapproche le lecteur et le narrateur: cest ce quon appelle lidentification. Exercice 4 1. Les indices dun jugement favorable de lauteur sur lart du discours sont rien ne semble plus beau, quoi de plus agrable[] quun discours tout par, embelli . 2. Cest un grand plaisir de convaincre de la justice de belles ides. Exercice 5 Le clonage est une manipulation sans risque. Avec cette dcouverte, lhumanit va connatre un progrs formidable. Les oliennes se dressent dans le ciel de France, annonciatrices dune poque plus saine et durable. Rien dintressant dans ce film ennuyeux et au dnouement prvisible. Exercice 6 Messieurs, il y a mprise sur le mobile du vol. Mon client, Jean Valjean, tient moins du sclrat que de lhomme pauvre. Sans mtier ni logis, devenu esclave de la faim, Valjean a emprunt un pain pour survivre parmi des temps si durs. Son honntet laurait conduit le rendre ds quil eut trouv un travail car mon client ne redoute ni le labeur ni le repentir. 115

Exercice 7 1. Les marques du jugement de lmetteur sont: des vagues de six mtres, chaos, extermination . 2. Le but du discours est dapeurer lauditoire. Cet objectif est atteint en croire les spectateurs terroriss du premier rang. Exercice 8 (criture) Chers camarades de classe, Je tiens vous remercier de tout cur pour la confiance que vous maccordez durant cette anne scolaire. Vous reprsenter dans le lyce sera un honneur et un enchantement. Je suis dautant plus mu par votre choix quil marrive parfois dtre en retrait. Mais soyez tranquille! Lenthousiasme que vous me tmoignez aujourdhui me grandit et me redonne toute lassurance dont javais besoin. Merci tous.00

Critres dvaluation

Prise en compte de la situation orale dnonciation (2 points) Prsence dindices dsignant lmetteur et les destinataires(2 points) Expression des sentiments(3 points) Originalit du texte(2 points) Matrise de la langue(1 point)Mthode

Critiquer et rfuter un point de vue (pp. 170-171)00

Repres

Dans un premier temps il faut dnoncer la thse rfute. Il sagit donc de la reformuler clairement, de lexpliquer de manire montrer quon la bien comprise et que lon sait de quoi on parle. Il est galement ncessaire de prouver quelle met en jeu un point de vue erron ou incomplet, ou encore une opinion reposant sur des valeurs qui ne nous conviennent pas, quil nous faut combattre. Dans un deuxime temps, il faut critiquer la dmarche argumentative. Il sagit donc de dmontrer que la stratgie argumentative adopte par lauteur de la thse rfuter nest pas pertinente parce que le contexte dans lequel elle sinscrit a chang, quelle relve du domaine de lopinion ou quelle est de mauvaise foi. Il faut galement montrer que les arguments utiliss sont errons, futiles ou ne reposent sur aucune vrit scientifique par exemple. On montre galement que ces arguments peuvent aussi entraner des consquences ngatives pour lhomme ou pour la socit. Dans un troisime temps, on apporte des contre-arguments et des contre-exemples issus du corpus et des connaissances personnelles.

Exercices dentranement (pp. 172-173)00

Corrig des exercices

Lanalyse du sujet Exercice 1 1. Le thme du sujet est le discours, le dialogue. 2. Les dialogues nont jamais rgl les problmes. Exercice 2 1. Le point de vue est que lart ninfluence pas le jugement. 2. Les mots sont : contestez, montrez, autre regard sur le monde. Exercice 3 1. Le sujet 1 demande de rfuter un point de vue. 2. Les expressions sont : vous tes oppos ce point de vue, vos contre-arguments. 116

Exercice 4 1. Le point de vue est que lhomme est libre de refuser sil le juge ncessaire. 2. Lobjectif du texte est de rfuter un point de vue. Le plan de largumentation rdiger Exercice 5 1. et 2. Daprs cette affiche les activits humaines et les habitudes dune consommation excessive conduisent au gaspillage de leau qui entrane la scheresse dans certaines rgions franaises. 3. En dautres termes, la surconsommation deau est un risque majeur pour les populations. Exercice 6 1. Le point de vue est favorable. 2. Les arguments de lauteur sont : la ville est humaine car elle a t construite par lhomme ; la ville protge lhomme de la nature. 3. Lauteur a un point de vue favorable sur la ville. Dune part, la ville ayant t construite par lhomme, elle ne peut qutre humaine puisque quil la amnage son intention. Dautre part, la nature est un lieu qui prsente certains dangers pour ltre humain et la seule faon de sen protger tait de btir des cits. Exercice 7 1. Lauteur a une opinion ngative sur cette mission. 2. Dans son premier argument, il explique que certaines personnalits ont t prsentes de faon trs ngative sans que ce fait soit prouv. Dans son deuxime argument il estime quil est dangereux pour la dmocratie de dire que les hommes politiques sont soit stupides, soit crapuleux. 3. Premier contre-argument : les missions satiriques font des caricatures des personnalits quelles prsentent ; elles grossissent certains traits dans le but de faire sourire et cest ainsi quil faut le prendre. Deuxime contre-argument : pour les personnalits il sagit toujours dune publicit et la plupart savent trs bien lutiliser. Exercice 8 1. Lopinion prsente par cette affiche est la suivante : il faut modifier notre faon de vivre pour sauver la plante de la pollution. 2. et 3. Rduire les exclusions : offrir chacun la possibilit de se cultiver ; Habiter autrement: construire des habitations mieux isoles et moins nergivores ; Se dplacer autrement : dvelopper les transports en commun les transports non polluants ; Renforcer la dmocratie : dvelopper et encourager les associations de quartier. 4. Pour sauver la plante de la pollution et pour mieux vivre Orlans, lAgenda 21 prsente les actions suivantes. Dune part, il est urgent de rduire les exclusions, cest--dire quil faut favoriser laccs de tous aux services de la commune (ex : les bibliothques et les mdiathques). Dautre part, il sagit dhabiter autrement. En dautres termes la conception des logements doit tre modifie. Il sagit par exemple de les rendre moins nergivores en amliorant lisolation. De plus, les dplacements des citadins seront facilits par la multiplication des transports en commun ou lutilisation de bicyclettes en location. Enfin, il est urgent de renforcer la dmocratie travers le dveloppement dassociations de quartiers. La rdaction de lintroduction et de la conclusion Exercice 9 1. Le thme du sujet de rflexion tait le dialogue, la persuasion par la parole. 2. Prsentation du thme : combien de fois Victor Hugo a-t-il mu ou fait trembler les bancs de lAssemble par ses discours sur la misre, sur linjustice ou sur la paix ? Prsentation du point de vue rfuter : la parole, en elle-mme, ne peut pas suffire rgler un conflit, assurent certains. Annonce du plan : aprs avoir expliqu cette opinion, je dirai en quoi elle est inexacte. 3. Il sagit dune anecdote. 117

Exercice 10 Que ce soit au cours du journal tlvis, dans une mission spcifique comme 7 sur 7 ou au cours dune soire lectorale, les orateurs, politiciens ou non, spcialistes ou non, se suivent sur le petit cran pour exposer points de vue, arguments et contre-arguments. Selon certains, ces missions ne sont quune tribune, une occasion pour les invits de se produire en spectacle et ne nous permettent pas de mieux comprendre le monde. Aprs avoir prsent et expliqu cette opinion, je dirai en quoi elle est errone. Exercice 11 1. Le thme du sujet est le dialogue, la communication orale. 2. Les ides essentielles sont que dialoguer permet de trouver de solutions aussi bien au sujet des conflits personnels que des conflits collectifs. Exercice 12 Ainsi, les missions politiques, les dbats tlviss permettent chacun de mieux comprendre le monde et la socit. En effet ce sont souvent des spcialistes qui sexpriment et nous clairent de faon objective. De plus, les opinions divergentes nous laissent la possibilit de forger notre propre opinion. Enfin, ces missions sont la preuve de la dmocratie.Sujet du bac

La parole en spectacle (pp. 174-175)00

valuation des comptences de lecture (10 points)

Question 1. Prsentation du corpus

Le corpus est compos de deux textes contemporains lun dErik Orsenna, lautre dAlain Bentolila , et dune uvre dHenri Galeron, illustrateur. Dans le texte 1 le langage est loutil de communication par excellence : ayant perdu leurs mots, le frre et la sur chous sur une le mystrieuse semblent perdus, dsesprs (lignes 5-6). Dans le texte 2, le langage est le rempart la violence : quand les mots se mettent en ordre, les gens communiquent et contrlent leurs pulsions. Dans le document 3, les lettres svadent de la page de lcrivain : cest langoisse de la feuille blanche ; comme lindique le titre de luvre, le texte ne progresse plus. Question 2. Analyse et interprtation Lauteur du document 2 dit dans le dbut de son texte que la langue est faite pour parler ceux que lon naime pas, pour leur dire des choses quils naiment sans doute pas. Dans le texte 1 on relve les penses de la narratrice lignes 3 5 : Il bougea les lvres, sans doute pour minjurier, comme dhabitude et Je lui prparai une rplique ma faon. Ces lignes illustrent bien les propos de lauteur du texte 2. Question 3. Analyse et interprtation Selon Alain Bentolila, la cause de la violence est labsence de communication orale ou crite. Les personnes qui ne parviennent pas crer des phrases, orales ou crites, pour sexprimer donc incapables de construire et de transmettre avec des mots leurs opinions ou leurs sentiments , conservent en eux des ides dsordonnes quils ne matrisent pas ou trs peu. Un jour, ce chaos clate dans des actes incontrls.00

valuation des comptences dcriture (10 points)

Introduction Il est courant dentendre dire qutre diplomate cest savoir mener une affaire avec tact. On dit alors de ceux qui ont beaucoup daisance dans la communication, quils sont habiles et subtils dans les relations sociales, que ce sont des diplomates-ns. Ces gens-l manient la langue avec une facilit dconcertante, sont toujours conciliants et vitent ou rglent pacifiquement les conflits. Ils esquivent ainsi toute forme de violence et confirment la thse dAlain Bentolila pour qui la violence nat dune absence de communication orale ou crite. Il me semble que cette conception est cependant restrictive. Aprs lavoir dmontr, je prsenterai dautres causes de la violence. Plan Point de vue restrictif car rien ne prouve quavant le langage les hommes taient violents entre eux ; face la rudesse de la nature ne fallait-il pas mieux quils sentendent, quils sunissent ? 118

De plus dans le rglement diplomatique dun conflit cest souvent celui qui manie le mieux la langue qui fait tourner la situation son avantage ; cette supriorit ne pourrait-elle tre une nouvelle source de conflit ? Parmi les autres causes de la violence on peut citer les diffrences culturelles qui entranent une perception diffrente du monde pouvant tre sources de conflits ; les causes sociales comme la misre, la pauvret, le chmage faisant natre un sentiment de rvolte ; les causes psychologiques voire ducatives (lenfant reproduit souvent ce quil a vu ou vcu). Enfin on peut se demander si une rvolution qui ne peut tre que violente nest pas lgitime et par consquent napparat plus comme telle quand il sagit de lutter contre loppresseur. Conclusion Ainsi labsence de communication ou de possibilit de communiquer ne peuvent tre elles seules lorigine de la violence. Dautres causes comme le facteur culturel, le facteur social ou le facteur psychologique sont prendre en compte pour remdier un flau qui touche toutes les strates de la socit.Histoire des arts

La tlvision au centre du monde (p. 177)00

Objectifs

Dcouvrir un des artistes prcurseurs de lart vido. tudier luvre dart dans sa relation lvolution de la socit moderne. Vocabulaire: installation, sculpture contemporaine.00

Repres

Nam June Paik (1932-2006) est un artiste sud-coren. Aprs des tudes en esthtique, en histoire de lart et en musique Tokyo, il travaille la musique lectronique Cologne, dans un studio qui est lun des premiers sintresser ce type de production sonore. Cest cette poque quil rencontre le musicien plasticien et pote amricain John Cage. Il participe au premier festival du mouvement Fluxus, qui travers des happenings, met mal les catgories traditionnelles de lart, et rejette, selon le principe dadaste, lide mme duvre dart. En 1963, Nam June Paik ralise la premire uvre vido (Treize Tlviseurs prpars), dans laquelle le trajet de llectron est perturb lintrieur du tube cathodique et transforme des images figuratives en formes abstraites. En 1965, il se sert de la premire camra vido portable. Il dclare la mme anne: Tout comme la technique du collage a remplac la peinture lhuile, le tube cathodique remplacera la toile. la fin des annes 1960, il propose des performances avec la violoncelliste Charlotte Moorman. partir de 1986, il ralise des familles de robots crs partir de tlviseurs anciens ou rcents. Le robot Olympe de Gouges, prsent ici, fait partie dun ensemble consacr la rvolution franaise et command lartiste dans le cadre de la clbration du bicentenaire en 1989. Linstallation prsente au Muse dArt moderne de la Ville de Paris comporte 200 tlviseurs en tout (nombre dannes depuis 1789) rpartis entre les robots Rousseau, Robespierre, Voltaire, Diderot et Olympe de Gouges, placs devant limmense tableau de Dufy La Fe Electricit, et une construction de 5m de haut constitue de 10 colonnes de tlviseurs lentre de la salle. Le titre de luvre (La Fe lectronique) fait cho au tableau de Dufy. Remarque Dans lart contemporain, une installation est une uvre obtenue par la disposition de matriaux et dlments divers dans un espace. Elle est une sorte dclatement du volume traditionnel de la sculpture, aux limites effaces, que le spectateur peut souvent parcourir.00

Lecture de limage

Question 1. Les tlviseurs anciens trouvent ici un nouvel usage en devenant les lments constitutifs dun robot. Le choix de leur forme et de leur grandeur permet de symboliser le corps dOlympe de Gouges (les jambes sont assez fines alors que le bassin est largi; le choix dun tlviseur ovale pour la tte apporte une certaine fminit). Question 2. En utilisant des tlviseurs anciens avec leurs cadres en bois, lartiste enlve la dimension futuriste qui est gnralement attribue au robot. Dune certaine manire, nous

119

avons affaire un robot du pass. La prsence de fleurs artificielles, symbole de fminit, accentue ce caractre lgrement dsuet.00

Sujet de rflexion

En ralisant le robot Olympe de Gouges partir de postes de tlvision, Nam June Paik souligne combien notre monde est habit par limage tlvisuelle. Le robot incarne la multiplicit des crans, qui sont anims ici par une image vido. Luvre montre que notre rapport la ralit (ici la personne dOlympe de Gouges) est organis par le prisme tlvisuel. Pourtant, le regard nest pas vritablement tragique, car en raison de sa construction partir de vieux tlviseurs, le robot nest gure inquitant. La tlvision est notre monde et dsormais plusieurs gnrations se retrouvent autour de cet objet commun, familier et incontournable.

120